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Liban: le Hezbollah refuse de désarmer, un an après l'assassinat de Nasrallah
Le Hezbollah libanais refuse de désarmer, a martelé samedi son chef Naïm Qassem devant des dizaines de milliers de partisans de la formation pro-iranienne qui commémoraient l'assassinat par Israël, il y a un an jour pour jour, de son prédécesseur Hassan Nasrallah.
"Nous n'abandonnerons pas nos armes. Nous ne permettrons pas le désarmement. Nous ferons face (...) dans cette bataille existentielle" et "sommes prêts au martyre", a assuré le nouveau chef du Hezbollah.
Son discours était retransmis sur des écrans géants installés devant le mausolée de Hassan Nasrallah à Beyrouth, où était massée la foule, ainsi que dans le sud et l'est du Liban.
Affaibli par une guerre meurtrière avec Israël, à laquelle un cessez-le-feu a mis fin en novembre, le Hezbollah, qui dominait la vie politique au Liban, est soumis à une intense pression pour remettre ses armes à l'Etat libanais.
A la demande des Etats-Unis, l'armée a élaboré un plan pour le désarmer, en commençant par le sud du pays, frontalier d'Israël.
"Mort à l'Amérique, mort à Israël", scandait la foule, brandissant les fanions jaunes du groupe et des drapeaux libanais et iraniens, selon un journaliste de l'AFP.
- "Détermination" -
"Ce qui s'est passé depuis la dernière guerre a renforcé notre détermination (...) nous ne livrerons pas nos armes", assure Wissam Hodroj, un employé de 51 ans qui travaille en Irak, venu assister aux commémorations.
Zahraa Haidar, une étudiante de 18 ans, abonde: "Nous passons par des moments difficiles (...) nous sommes déterminés à ne pas livrer nos armes et à ne pas nous soumettre à l'ennemi" israélien.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a salué vendredi depuis la tribune de l'ONU les efforts du Liban vers le désarmement du Hezbollah, demandant toutefois "plus que des mots".
L'ancien chef du Hezbollah avait été tué dans une frappe israélienne spectaculaire qui a détruit tout un bloc d'immeubles dans la banlieue sud de Beyrouth, le 27 septembre 2024.
Son successeur désigné, Hachem Safieddine, a lui aussi trouvé la mort dans un autre raid, début octobre.
La mort de Nasrallah, adulé par ses partisans et qui dirigeait le Hezbollah depuis 32 ans, a été un coup extrêmement dur porté au mouvement armé et financé par l'Iran, qui a perdu la plupart de ses chefs militaires dans la guerre.
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, venu spécialement à Beyrouth pour assister à la cérémonie, était assis au premier rang devant le mausolée.
Le Hezbollah a organisé une série d'événements pour commémorer la mort de son chef.
Jeudi soir, des milliers de ses partisans se sont rassemblés sur le front de mer à Beyrouth où le portrait de Nasrallah a été projeté sur un site emblématique de la capitale, malgré l'opposition des autorités.
Cette mesure a provoqué une polémique dans le pays profondément divisé et poussé le Premier ministre soutenu par l'Occident, Nawaf Salam, à demander l'arrestation des responsables de la manifestation.
Le Hezbollah avait ouvert un front contre Israël au début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, affirmant agir en soutien au Hamas, son allié. Les hostilités ont tourné à la guerre ouverte en septembre 2024, avant un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.
Israël continue cependant de frapper régulièrement des cibles du Hezbollah au Liban.
F.Fehr--VB