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Paralympiques: Russie et Bélarus réintégrés, présence à Milan-Cortina pas garantie
A un peu plus de cinq mois des Jeux paralympiques d'hiver 2026, le Comité international (IPC) a décidé samedi de réintégrer la Russie et le Bélarus comme membres de plein droit, mais la présence de leurs athlètes à Milan-Cortina est loin d'être garantie.
A une majorité absolue de son assemblée générale, le Comité international paralympique s'est prononcé samedi à Séoul contre une suspension totale de la Russie et du Bélarus, et contre le maintien d'une suspension partielle. Cette dernière avait été décidée à l'automne 2023 et autorisait une présence russe et bélarusse aux Paralympiques d'été Paris-2024 sous bannière neutre, à titre individuel et sous strictes conditions de neutralité.
Le comité paralympique russe s'est réjoui de sa réintégration comme membre de plein droit, y voyant une "décision juste" et "un exemple de la manière dont les droits des athlètes devraient être protégés sans discrimination fondée sur des motifs nationaux ou politiques".
L'Ukraine, via un communiqué de son ministre des Sports Matvii Bidnyi envoyé à l'AFP, a accusé l'IPC d'avoir trahi "les valeurs olympiques", appelant les "partenaires européens, qui accueilleront les prochains Jeux paralympiques d'hiver, à ne pas laisser le drapeau de l'Etat agresseur flotter sur l'espace libre et démocratique tant que la guerre d'agression se poursuit" en Ukraine.
"L'IPC travaillera avec les deux membres concernés pour mettre en place des dispositions pratiques à cet effet dès que raisonnablement possible", a précisé l'instance internationale.
- Pas de drapeau russe depuis 2014 -
Sa décision ouvre théoriquement la voie à la présence de sportifs paralympiques russes et bélarusses à Milan-Cortina (6-15 mars) sous leur drapeau et avec leur hymne respectifs.
Le drapeau russe n'a plus été vu aux Jeux paralympiques depuis l'édition 2014 à Sotchi sur le sol russe. A Rio en 2016, l'IPC avait suspendu le pays en raison d'un scandale de dopage. Pour les mêmes raisons, les athlètes russes avaient concouru sous bannière neutre à Pyeongchang en 2018 et à Tokyo en 2021. En 2022, l'IPC avait exclu les comités paralympiques russe et bélarusse des Jeux de Pékin le 3 mars, quelques jours après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février.
Les six sports au programme des Jeux paralympiques de Milan-Cortina dépendent toutefois de fédérations internationales qui n'ont pour le moment pas réintégré les sportifs russes ou bélarusses, y compris sous bannière neutre (FIS pour le para ski alpin, para ski de fond et le para snowboard, l'IBU pour le para biathlon), alors qu'en para hockey sur glace et curling fauteuil, le processus de qualification est quasiment terminé.
"Ca peut paraitre court en effet, puisque beaucoup de chemins de sélection sont particulièrement avancés", a estimé, auprès de l'AFP, la présidente du comité paralympique français Marie-Amélie Le Fur, pour qui la décision de l'IPC est "une vraie stupéfaction".
"A date, tous les quotas ne sont pas pourvus par les comités nationaux paralympiques. Au moment de remouliner les quotas, sous couvert de l'universalité, ça peut aussi ouvrir à ce moment-là des quotas pour les comités russe et bélarusse, qui ont récupéré leurs droits. Il faut attendre les postures des fédérations internationales et voir comment se déroule la fin des sélections", a-t-elle ajouté.
- Bannière neutre aux JO-2026 -
La présence des deux drapeaux en Italie du Nord, alors que la guerre d'invasion de l'Ukraine lancée le 24 février 2022 par l'armée russe se poursuit, est donc très loin d'être assurée.
Si cela devait être le cas, les Ukrainiens ne pourraient pas s'aligner, car un décret du 26 juillet 2023 interdit à ses athlètes de s'aligner face à celles et ceux "représentant la Fédération de Russie ou la République du Bélarus".
En réintégrant leurs comités russe et bélarusse, contre toute attente, l'IPC vient-il de poser une première pierre pour leur retour dans le concert du sport mondial, indépendamment d'une fin du conflit en Ukraine ? L'avenir le dira.
En attendant, il y a huit jours, le Comité international olympique a pris une mesure opposée, en maintenant la bannière neutre, à titre individuel et à condition de n'avoir aucun lien avec l'armée et de n'avoir pas publiquement soutenu l'invasion de l'Ukraine, pour les sportifs russes et bélarusses s'agissant des JO de Milan-Cortina (6-22 février). "La même approche que celle adoptée à Paris", avait souligné sa présidente, Kirsty Coventry.
Quant à l'ampleur de la délégation en Italie dans cinq mois, cela dépend toujours des fédérations internationales, chargées du processus de qualifications et qui continuent pour certaines à bannir Russes et Bélarusses de leurs compétitions.
I.Stoeckli--VB