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Ukraine: attaques de drones russes, Kiev attend une réponse du Kremlin à l'offre de Zelensky
La Russie a ignoré l'ultimatum des alliés de Kiev en lançant plus d'une centaine de drones dans la nuit de dimanche à lundi sur l'Ukraine, qui attend une réponse du Kremlin à la proposition de Volodymyr Zelensky de rencontrer "en personne" Vladimir Poutine jeudi à Istanbul.
Kiev et ses alliés européens ont réclamé pendant le weekend un cessez-le-feu "complet et inconditionnel" de 30 jours à partir de lundi, condition préalable selon eux pour l'ouverture de discussions de paix directes entre Russes et Ukrainiens en Turquie, comme l'a proposé le président russe Vladimir Poutine.
A ce stade, la Russie n'a répondu ni à l'offre faite dimanche par le président ukrainien Volodymyr Zelensky d'échanger directement "en personne" avec Vladimir Poutine, ni à cet ultimatum d'arrêt des combats pendant un mois, alors que le président américain Donald Trump a exhorté les deux camps à se rencontrer sans délai.
Les attaques russes contre l'Ukraine se sont poursuivies dans la nuit, comme quasiment chaque jour depuis le début de l'invasion russe en février 2022, un conflit qui a entraîné la mort de dizaines, voire de centaines de milliers de soldats et civils des deux côtés.
Aucune attaque de missile n'a en revanche été signalée, fait relativement rare.
Lundi matin, un drone russe a fait un mort et trois blessés en frappant une voiture appartenant à une entreprise essentielle dans la région de Soumy (nord-est), selon les autorités.
Les chemins de fer ukrainiens ont fait état dans un communiqué d'une attaque contre un train de marchandises dans l'Est, déplorant que les appels à un cessez-le-feu soient "ignorés" par la Russie, qui occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien.
- Accélération diplomatique -
Sur le front diplomatique, les choses se sont accélérées de manière inattendue en quelques jours, au moment où les discussions séparées, initiées par le président américain Donald Trump, semblaient dans une impasse.
Kiev et ses alliés européens, de concert avec les États-Unis, ont lancé samedi un ultimatum sur un cessez-le-feu de 30 jours à la Russie, menaçant Moscou de "sanctions massives" en cas de refus, dans une rare manifestation d'unité parmi les Occidentaux.
Le président russe a ignoré l'ultimatum, proposant à son tour des négociations "directes" et "sans condition préalable" entre Moscou et Kiev, à partir de jeudi à Istanbul (Turquie).
Il s'agirait des premières discussions entre Russes et Ukrainiens depuis les toutes premières semaines de l'invasion russe début 2022, lorsqu'une série de réunions bilatérales, également menées pour partie en Turquie, n'avaient pas abouti à la signature d'un accord de paix.
Volodymyr Zelensky a répondu en invitant Vladimir Poutine à se voir "en personne" jeudi à Istanbul. Sans obtenir de réponse du Kremlin à ce stade.
Pour que cette réunion russo-ukrainienne envisagée puisse se tenir, Kiev et ses alliés ont réclamé un cessez-le-feu préalable.
"Pour engager des pourparlers de paix, il doit y avoir un cessez-le-feu", a ainsi dit lundi la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, en arrivant à une réunion de ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays européens à Londres consacrée à la guerre en Ukraine.
Ce à quoi la Russie n'a pas répondu directement pour le moment.
Il n'était pas clair dans l'immédiat si M. Zelensky mettait comme condition à son déplacement l'acceptation d'une trêve préalable par Moscou.
- "Causes profondes du conflit" -
Mais Vladimir Poutine - qui réclame toujours la reddition de l'Ukraine, son renoncement à rejoindre l'Otan ou encore qu'il puisse garder les territoires ukrainiens annexés par Moscou - semble avoir une lecture différente, sachant son armée en position favorable sur le front.
Dans son discours, il n'avait "pas exclu" que l'idée d'un cessez-le-feu soit discutée lors de ces pourparlers, qui doivent selon lui porter avant tout sur "les causes profondes du conflit".
"Nous devons mettre la pression sur la Russie car elle joue à un jeu", a jugé lundi Kaja Kallas.
Une rencontre jeudi en Turquie "permettra au moins de déterminer si un accord est possible, et s'il ne l'est pas, les dirigeants européens et les États-Unis sauront à quoi s'en tenir et pourront agir en conséquence", avait de son côté estimé dimanche Donald Trump.
La Chine, fidèle soutien diplomatique de la Russie, a salué lundi les dernières évolutions diplomatiques, disant espérer un accord de paix "durable et contraignant", "acceptable pour toutes les parties concernées".
M.Betschart--VB