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Stressés ou impatients, les 12 millions d'élèves français font leur rentrée
Retour aux cartables, cahiers et cours de récré: 12 millions d'écoliers, collégiens et lycéens font leur rentrée lundi, marquée par quelques nouveautés, dont une réforme du contrôle continu au bac, et des inconnues sur la situation budgétaire et gouvernementale.
"J'ai hâte de rencontrer de nouvelles personnes. Mais je suis très stressée pour le bac de français", témoigne Louise, 16 ans, qui entre en première à Paris.
Pour certains, la rentrée attendra un peu: dans une décision rarissime, elle a été reportée à mardi dans les Bouches-du-Rhône et le Var par les préfets "en liaison avec les autorités académiques" en raison d'un épisode méditerranéen qui a déclenché une vigilance orange sur plusieurs départements.
Mais si la ministre s'affiche sur le terrain, son sort est incertain avant le vote de confiance à l'Assemblée le 8 septembre, qui risque d'entraîner la chute du gouvernement.
La rentrée se déroule aussi dans un contexte de pression budgétaire, alors que le Premier ministre François Bayrou a exhorté à la rigueur pour faire face au "danger immédiat" du surendettement, et dit son souhait de voir 3.000 postes publics en moins dès 2026.
"On n'est pas très sereins", résume Caroline Brisedoux, secrétaire nationale de la CFDT Education. "La perspective de ne pas avoir de ministre et d'envisager des restrictions budgétaires est un peu inquiétante".
- "Stop-and-go" -
"Il n'y a pas de boussole", souligne Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d'établissements ID-FO. "Les collègues reprennent, mais ils sont déjà épuisés".
Parmi les enjeux, la pénurie d'enseignants inquiète à nouveau cette année, même si la ministre s'est voulue rassurante sur le fait qu'il y aurait bien des professeurs devant les classes. "On peut être confiant", a-t-elle dit vendredi lors d'un déplacement à Angers.
Mais pour le Snes-FSU, principal syndicat du second degré, au contraire, "on a une certitude, c'est qu'il n'y aura pas un professeur devant chaque classe lundi", a souligné sa secrétaire générale Sophie Vénétitay.
"On est extrêmement inquiets qu'il n'y ait pas assez de profs", alors que la crise de recrutement des enseignants perdure, avec plus de 2.600 postes non pourvus aux concours enseignants du public et du privé, renchérit Grégoire Ensel, vice-président de la fédération de parents d'élèves FCPE.
Cette rentrée verra par ailleurs la mise en oeuvre de plusieurs réformes, notamment concernant le "bac Blanquer", plusieurs fois remaniés depuis son lancement en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.
Une nouvelle épreuve de mathématiques au bac en première sera ainsi lancée.
- Déconnexion -
Elisabeth Borne a par ailleurs annoncé des modifications pour le contrôle continu au bac. Désormais, les notes de première et terminale ne compteront plus toutes dans la note de contrôle continu. Une annonce de dernière minute qui a irrité les syndicats.
La ministre a aussi indiqué que les élèves ayant obtenu moins de 8 sur 20 ne pourraient plus aller au rattrapage du bac.
Pour les 3e, le brevet change aussi: l'examen passera de 50 à 60% de la note finale. Le contrôle continu prendra par ailleurs en compte désormais les notes de 3e, et non plus la maîtrise d'un "socle commun" de connaissances et compétences sur l'ensemble du cycle 4 (5e, 4e, 3e).
Autre nouveauté en cette rentrée, l'entrée en vigueur du programme d'éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (Evars), adopté en février après de vives contestations d'une partie de la droite et de milieux conservateurs.
Pour lutter contre l'abus d'écrans, le dispositif "portable en pause", qui vise à mieux faire appliquer l'interdiction des téléphones portables au collège, sera quant à lui développé, avec comme objectif une généralisation progressive. Dans certains établissements, les élèves pourront ainsi être contraints à laisser leur portable dans des casiers ou pochettes pendant les cours.
Les Espaces numériques de travail (ENT) ou outils numériques comme le logiciel Pronote, utilisés dans les collèges et lycées, devront eux être désormais déconnectés le soir et le week-end.
B.Baumann--VB