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Cuba annonce que sa diaspora pourra investir sur l'île
Les Cubains qui résident à l'extérieur de leur pays vont pouvoir investir et détenir des entreprises sur l'île, a annoncé lundi le gouvernement communiste, au moment où l'économie est au bord du gouffre, paralysée par le blocus énergétique imposé par Washington.
"Cuba est disposé à avoir une relation commerciale fluide avec les entreprises américaines", ainsi qu'"avec les Cubains résidant aux Etats-Unis et leurs descendants", a déclaré Oscar Perez-Oliva Fraga, le ministre du Commerce extérieur et de l'investissement étranger, dans un entretien à la chaîne américaine NBC rendu public lundi.
Celui qui est également vice-Premier ministre a précisé que ces investisseurs des Etats-Unis ou d'ailleurs pourront détenir leur propre entreprise sur l'île, mais sans fournir plus de détails.
Cette annonce intervient au moment où l'économie de l'île, déjà affaiblie par plus de six années de crise, est paralysée par le blocus énergétique imposé par Washington, outre les sanctions dans le cadre de l'embargo en vigueur depuis 1962.
Lundi, le pays connaît une nouvelle panne électrique générale, la sixième en moins d'un an et demi.
Cet embargo "nous prive d'un accès à des financements, à de la technologie, à des marchés et ces dernières années, il a eu pour objectif en particulier de priver notre pays d'un accès au carburant", a ajouté le ministre.
Donald Trump a déclaré dimanche que Cuba souhaitait conclure un accord avec les Etats-Unis. "Je pense qu'il va se passer quelque chose à Cuba très bientôt", a ajouté le président américain, qui fait régulièrement l'éloge des succès économiques des Cubano-américains aux Etats-Unis.
Depuis mi-janvier, le président républicain assure que des pourparlers sont en cours avec Cuba, ce que l'île a fini par reconnaître vendredi après avoir nié pendant des semaines entretenir de tels contacts.
Cuba, qui vit sa pire crise économique depuis plus de trente ans, a vu sa situation s'aggraver depuis la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier par les forces américaines et la fin des livraisons de pétrole que Caracas envoyait à son allié. Donald Trump menace également de représailles tout pays qui enverrait du pétrole à l'île des Caraïbes.
Cette situation a contraint le gouvernement à prendre des mesures d'urgence, dont un rationnement drastique de la distribution d'essence qui affecte durement tous les secteurs de son économie.
- Infrastructures -
Alors qu'aucun pétrolier n'est arrivé sur l'île depuis plus de deux mois, les secteurs clés que sont le tourisme, l'extraction du nickel, l'agriculture et le tabac sont touchés de plein fouet par les restrictions énergétiques.
Ces investissements vont "au-delà de la sphère commerciale", a précisé le ministre. "Cela s'applique à des investissements, pas seulement des petits investissements, mais également à d'importants investissements, en particulier dans les infrastructures", a-t-il ajouté.
L'objectif de cette ouverture, selon le ministre, sera notamment de relancer le tourisme et les mines, ainsi que de restaurer le réseau électrique vieillissant de l'île.
A Miami, où vit la plus grande communauté de Cubains émigrés, cette annonce ne suscite guère l'enthousiasme.
"Je ne crois pas que nous, les Cubains, ni ceux de la diaspora de Miami ni ceux d'aucune communauté à travers le monde, allons investir un centime dans une Cuba opprimée par un régime qui nous a dépouillés de tout", a réagi auprès de l'AFP, Conchis Reyes, 60 ans, née à Cuba.
Ramon Fernandez, un autre natif de Cuba, pose ses conditions: "Oui, nous voulons investir là-bas, mais quand il y aura un changement économique et un changement politique", dit-il.
Alors que 80% de l'économie de l'île reposait encore il y a peu sur un système planifié et centralisé de production par des entreprises d'Etat, la crise a poussé le gouvernement à s'ouvrir davantage au secteur privé.
A côté des travailleurs à leur compte, les petites et moyennes entreprises privées, comptant jusqu'à 100 salariés, ont été autorisées sur l'île en 2021. Au nombre de 10.000, elles ont représenté 15% du PIB et employaient plus de 30% de la population active en 2025.
Début mars, le gouvernement cubain a également adopté un décret établissant un cadre juridique pour créer des entreprises mixtes entre entités étatiques et acteurs privés, une première sur l'île.
Jusque-là, les seules entreprises mixtes existantes étaient des co-entreprises entre l'Etat cubain et des entreprises à capitaux étrangers, non américaines.
M.Schneider--VB