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Liban: le président israélien appelle l'Europe à soutenir "tout effort visant à éradiquer le Hezbollah"
Le président israélien Isaac Herzog a appelé lundi les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l'Iran, tout en accueillant favorablement l'offre de médiation française entre son pays et le Liban.
"L'Europe devrait soutenir tout effort (...) visant à éradiquer le Hezbollah, maintenant", a déclaré M. Herzog dans un entretien accordé à une équipe de l'AFP dans sa résidence à Jérusalem.
Les Européens devraient "comprendre que, si l'on veut avancer, il faut parfois gagner une guerre", a-t-il ajouté.
"Nous nous trouvons à un tournant historique", a fait valoir M. Herzog pour justifier la guerre déclenchée le 28 février par l'attaque conjointe des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique d'Iran.
"Après des guerres sans fin pendant bien plus d'une génération, des bains de sang et de terreur, la cause profonde de tout cela, qui vient de Téhéran, sera bloquée et arrêtée, et la trajectoire de toute la région en sera transformée", a assuré le président israélien, dont les pouvoirs sont essentiellement protocolaires.
La disparition de "la menace iranienne" est "au coeur même des intérêts de sécurité nationale de l'Europe", a-t-il estimé, accusant l'Iran d'être "la cause profonde du 7-Octobre (l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël, qui a déclenché la guerre de Gaza, NDLR), la cause profonde du terrorisme en Europe" et "dans le monde" et évoquant l'"immense menace" que représenteraient selon lui les "missiles balistiques" de la République islamique pour le Vieux Continent.
- "Avancer avec le Liban" -
M. Herzog a par ailleurs salué comme "une évolution très positive" la proposition du président français Emmanuel Macron de faciliter des discussions directes entre le Liban et Israël.
"Il y aura des pourparlers", a-t-il assuré, et "ces pourparlers sont très importants, car il est temps que nous ayons l'occasion d'avancer avec le Liban".
Le Liban se retrouve de nouveau plongé dans la guerre depuis que le Hezbollah a tiré des missiles le 2 mars sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.
M. Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".
"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos", a déclaré M. Macron, appelant le Hezbollah à "arrêter immédiatement sa fuite en avant" et Israël à "renoncer à une offensive d'ampleur et cesser ses frappes massives".
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 886 personnes, dont 111 enfants et 38 personnels de santé depuis le 2 mars, selon un nouveau bilan des autorités libanaises publié lundi.
L'armée israélienne, qui a annoncé lundi étendre ses "opérations terrestres limitées" dans le sud du Liban, affirme avoir éliminé "plus de 400 terroristes du Hezbollah" dans ce pays depuis cette date.
- "Problème majeur" -
Mouvement chiite, le Hezbollah a été créé au Liban avec l'aide de la République islamique d'Iran en réaction à l'invasion du pays du Cèdre par Israël en 1982 pour en déloger les fédayines palestiniens, les combattants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Le Hezbollah s'est attiré un grand prestige dans les populations arabes en forçant Israël à se retirer du Liban en 2000 après plus de 22 ans d'occupation et en tenant ensuite tête à l'Etat hébreu lors d'une guerre d'un mois à l'été 2006.
Ayant constitué au fil des années un véritable Etat dans l'Etat au Liban, le mouvement est sorti très affaibli de son dernier affrontement avec Israël en 2023-2024 après s'être joint aux hostilités déclenchées par le Hamas le 7-Octobre.
Depuis un cessez-le-feu entré en vigueur, en octobre 2024, Israël ne cesse de réclamer le désarmement de la formation, bombardant régulièrement ses positions et reprochant aux autorités libanaises de ne pas se charger elles-mêmes de cette tâche.
"Nous savons que (le désarmement du Hezbollah) est un problème majeur pour la classe politique libanaise", a déclaré M. Herzog.
"Normalement, c'est l'armée libanaise qui devrait faire ce travail. Mais nous savons qu'elle a ses limites. J'espère que le président (libanais Joseph) Aoun, et le Premier ministre (Nawaf) Salam, deux personnes très sérieuses, et leur gouvernement, conduiront le pays vers le changement", a encore dit le président israélien, assurant: "Tout ce que nous voulons avec le Liban, c'est la paix."
F.Stadler--VB