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Moyen-Orient: les marchés mondiaux tiennent bon malgré l'incertitude
Les marchés financiers tiennent bon mardi, malgré l'absence de signaux clairs et concrets de désescalade au Moyen-Orient, sur fond de poussée d'inflation avérée dans la zone euro en raison de la flambée des prix de l'énergie.
Les quatre grands indices européens progressaient mardi peu avant 11H30 GMT: Francfort (+0,89%), Paris (+0,75%), Londres (+0,99%) et Milan (+0,99%).
Ces derniers font "preuve de résilience tandis que les marchés cherchent à y voir clair" quant à l'issue de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, résume Derren Nathan, analyste pour Hargreaves Lansdown.
A New York, les trois principaux indices devraient ouvrir en hausse, d'après les contrats à terme à 11H30 GMT: S&P 500 (+1,12%), Nasdaq (+1,03%) et Dow Jones (+1,19%).
Le président américain souffle toujours le chaud et le froid, au risque de désorienter les marchés.
Lundi, les Bourses, qui ont fini en hausse, ont préféré retenir la partie du message de Donald Trump portant sur des "discussions sérieuses avec UN REGIME NOUVEAU, ET PLUS RAISONNABLE, afin de mettre fin" aux "opérations militaires en Iran".
Donald Trump a aussi menacé l'Iran d'anéantir l'île de Kharg, un site pétrolier iranien essentiel, si le détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour les hydrocarbures, n'est pas rouvert et si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement".
-Le pétrole en légère hausse-
Selon le Wall Street Journal mardi, Donald Trump aurait indiqué à ses conseillers qu'il était prêt à interrompre sa campagne militaire, estimant que forcer la réouverture du détroit d'Ormuz prolongerait le conflit "au-delà de son calendrier de quatre à six semaines".
D'après le quotidien, Washington voudrait tenter d'obtenir de Téhéran par la voie diplomatique le déblocage de cette voie de passage stratégique, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
En cas d'échec de cette stratégie, M. Trump pourrait solliciter ses alliés en Europe et dans le Golfe pour forcer la réouverture du détroit, selon des responsables américains, cités par le média.
Ces informations ont quelque peu stabilisé le marché du pétrole dans la matinée, avant que les cours ne repartent à la hausse.
Le Brent de la mer du nord, référence du brut en Europe, s'échange mardi à 108 dollars (+0,57%). Son équivalent américain du WTI reste aussi par-dessus la barre des 100 dollars (104,68 dollars, +1,75%).
Aux Etats-Unis, le gallon (3,78 litres) se vend quatre dollars à la pompe pour la première fois depuis 2022, rapporte l'agence Bloomberg.
"Tant qu'aucun progrès significatif ne sera accompli en faveur de la paix", toute accalmie "devrait rester fragile", justifie Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Les prix du pétrole flambent depuis le début du conflit, en raison de la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz. Avant le début de la guerre, ils évoluaient autour de 60 dollars.
- L'inflation au centre des préoccupations-
L'inflation dans la zone euro a grimpé à 2,5% sur un an en mars, contre 1,9% en février, atteignant son plus haut niveau depuis janvier 2025 en raison de l'envolée des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, selon la première estimation d'Eurostat publiée mardi.
Le spectre du retour de l'inflation sur le continent a fait flamber les taux d'intérêt des dettes souveraines des pays de la zone euro à des sommets ces derniers jours.
Le taux d'intérêt de la dette française à dix ans atteignait lundi 3,75%, au même niveau que la veille en clôture, mais en forte hausse par rapport aux 3,20% d'avant la guerre. Il a dépassé la semaine dernières des records datant de 2009.
Son équivalent allemand, référence en Europe, atteignait 3,03%, à des sommets depuis 2011.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour que leur investissement reste rentable.
Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, avec des hausses potentielles des taux directeurs pour combattre cette inflation, ce qui a un impact direct sur le coût de la dette des Etats.
S.Spengler--VB