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Trump veut rallier les majors pétrolières à sa stratégie au Venezuela
Donald Trump reçoit vendredi les dirigeants des grandes entreprises pétrolières pour tenter de les rallier à sa stratégie au Venezuela, où il entend imposer une tutelle sur l'or noir pour de nombreuses années.
"Nous avons une réunion demain avec tous les grands patrons du secteur pétrolier ici à la Maison Blanche", a-t-il dit jeudi dans un entretien avec la chaîne Fox News.
Le président américain a indiqué que "14 entreprises" étaient attendues, "les plus importantes personnes dans le pétrole dans le monde", et assuré que ces sociétés allaient "dépenser au moins 100 milliards" de dollars au Venezuela.
Selon NBC News, les dirigeants d'Exxon Mobil, Chevron et ConocoPhillips notamment sont attendus à la Maison Blanche.
Seul Chevron dispose aujourd'hui d'une licence au Venezuela. Les deux autres groupes ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l'ancien dirigeant Hugo Chavez imposant que l'Etat devienne actionnaire majoritaire de toutes les entreprises présentes dans le pays.
Le président américain ne cache pas que le pétrole est au coeur de sa stratégie pour le pays, dont il a fait capturer le président désormais déchu Nicolas Maduro.
Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec 303.221 millions de barils, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l'Arabie saoudite (267.200 millions) et l'Iran.
Mais la production est faible, plafonnée à 1 million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement qui ont laissé les infrastructures pétrolières en piteux état.
Pour Donald Trump, voilà une manne qu'il suffit d'exploiter pour faire baisser encore les cours du brut, l'une de ses priorités.
Encore faut-il convaincre les majors américaines d'investir malgré l'instabilité politique, les questions sur la sécurité et la perspective de lourdes dépenses pour remettre l'outil de production en état.
- "Beaucoup de temps" -
Le président américain avait annoncé mardi que les "autorités par intérim du Venezuela (allaient) remettre aux Etats-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité", soit de un à deux mois de production.
"Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l'argent sera contrôlé par moi", avait-t-il ajouté. Il a plus tard assuré que les recettes serviraient au Venezuela uniquement pour acheter des produits américains.
Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a lui jugé possible d' "obtenir plusieurs centaines de milliers de barils par jour de production supplémentaire à court et moyen terme, si les conditions sont réunies".
Washington a instauré, durant le premier mandat de Donald Trump, un embargo pétrolier visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations d'or noir.
Et à son retour à la Maison Blanche l'an dernier, le républicain a mis fin à l'essentiel des licences permettant aux multinationales du pétrole et du gaz d'opérer au Venezuela, à l'exception de celle de Chevron.
Washington se dit prêt à lever les sanctions "de manière sélective" pour pouvoir commercialiser le pétrole vénézuélien sur le marché du pétrole traditionnel.
"A long terme, nous créerons les conditions pour que les grandes entreprises américaines qui étaient présentes auparavant, ou qui ne l'étaient pas mais qui souhaitent s'implanter, puissent s'y installer", a assuré mercredi Chris Wright.
Mais "pour revenir aux chiffres historiques de production (...), cela nécessite(ra) des dizaines de milliards de dollars et beaucoup de temps", a reconnu le ministre, promettant le soutien de l'administration américaine.
Le brut vénézuélien est réputé visqueux, difficile à raffiner.
Le ministère américain de l'Energie prévoit déjà d'expédier du pétrole léger pour qu'il soit mélangé à la production vénézuélienne, afin de "l'optimiser".
Il compte aussi autoriser l'envoi d'équipements et d'experts dans le pays pour remettre à niveau les infrastructures.
H.Weber--VB