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Le futur porte-avions s'appellera "France Libre"
Un nouveau navire amiral, embarquant des drones et fort de trois catapultes : Emmanuel Macron a annoncé mercredi que le porte-avions qui succèdera en 2038 au Charles de Gaulle porterait le nom de "France Libre", en hommage à "l'esprit français" de "résistance" incarné par le général.
"J'ai souhaité inscrire notre futur porte-avions dans la filiation du général de Gaulle. Sa vie, son destin. Les choix faits dès le mois de juin 1940, après la débâcle, disent une certaine idée de la France", a déclaré le chef de l'Etat sur le site de construction des chaufferies nucléaires du futur fleuron de la Marine à Indre, près de Nantes.
"Pour lui, pour nous, l'esprit français, c'est un esprit de résistance. C'est une volonté que rien n'arrête. Volonté de résister pour demeurer libre. Volonté irréductible, invincible", a-t-il ajouté.
"Cette volonté de rester libre, c'est celle de l'indépendance coûte que coûte, celle de l'autonomie d'action totale et sans contrainte, celle de la projection de nos forces, là où la défense des intérêts de la France l'exige (...) Pour rester libre. Il nous faut être craints. Pour être craints il nous faut être puissants", a-t-il ajouté.
Le chef de l'État a donné le feu vert à la construction de ce porte-avions de nouvelle génération en décembre, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Restait à lui donner un nom pour marquer l'étape du début de la construction.
Le chef de l'Etat a opté pour un choix inédit, les derniers porte-avions ayant tous porté des grands noms de l'histoire politique et militaire française, tels le Charles de Gaulle, Georges Clemenceau ou le maréchal Ferdinand Foch.
- " Volonté de puissance" -
Ce nouveau fleuron, qui représentera 10 milliards d'euros d'investissements sur une vingtaine d'années, est d'ores et déjà paré de tous les superlatifs.
"Notre prochain porte-avions sera de 310 mètres de long. Il déplacera 80.000 tonnes. Il disposera de deux réacteurs nucléaires. Il représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à celui du Charles de Gaulle. Ces chiffres disent la dimension de l'ambition qui est la nôtre", a martelé Emmanuel Macron.
"Notre porte-avions, c'est la France faite volonté et puissance (..) C'est bien la garantie de notre indépendance pour les décennies qui viennent", a-t-il ajouté au côté de la maquette du futur géant des mers.
Cet outil de projection de puissance mais aussi de diplomatie, à bord duquel le chef de l'Etat s'est rendu le 9 mars au large de la Crète, est actuellement déployé en Méditerranée orientale pour faire face aux menaces d'extension du conflit qui fait rage.
Le futur chantier s'inscrit dans l'effort de défense sur lequel Emmanuel Macron met un accent particulier depuis 2017, à l'image de son récent discours sur la dissuasion nucléaire qui marque l'augmentation de l'arsenal français et une coopération avec huit pays européens.
Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. La Chine et l'Inde sont à propulsion classique et les autres (Royaume-uni, Italie...) sont équipés de porte-aéronefs à décollage vertical, moins performants.
- Plan B -
Le futur bâtiment "sera capable à la fois de catapulter et de récupérer des avions. Actuellement, sur la plupart des porte-avions, vous catapultez et vous reconfigurez ensuite le pont pour récupérer, ce qui limite en termes de capacité opérationnelle", souligne la présidence.
Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera aussi la capacité d'envol des 40 aéronefs embarqués.
Un gros bémol toutefois: la technologie électromagnétique des futures catapultes relèvera de l'américain General Atomics, source de vulnérabilité potentielle dans un monde aux rapports de forces exacerbés.
"Le choix a été fait et c'est un choix économique de travailler avec les États-Unis, qui est parfaitement cohérent, mais il existe bien évidemment d'autres plans, un plan B, si jamais on avait des contraintes particulières", assure toutefois un conseiller présidentiel.
Le bâtiment devra aussi être "évolutif" pour pouvoir accueillir tous les types d'avions qui seront déployés pendant sa durée de vie, mais aussi des drones, le nouveau défi militaire révélé par les guerres en Ukraine et au Moyen-orient.
"Nous aurons besoin de drones qui vont pénétrer les défenses adverses, que ce soit des drones de combat ou des munitions téléopérées, de drones ravitailleurs, de drones de surveillance...", souligne le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour.
K.Sutter--VB