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La BCE devrait prolonger la pause sur les taux
La Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir ses taux inchangés jeudi, lors d'une réunion attendue sans surprise, estimant être en "bonne position" alors que l'inflation de la zone euro navigue autour de la cible de 2%.
Le taux de dépôt, référence de la politique monétaire, sera maintenu à 2%, comme depuis juillet, selon les attentes.
"A ce stade, nous sommes dans une bonne position et bien préparés pour faire face aux chocs futurs", a déclaré la présidente de l'institution, Christine Lagarde, à la mi-octobre lors de la réunion annuelle du FMI à Washington.
Ce message devrait être réitéré jeudi à Florence, en Italie, où se tient une réunion délocalisée de la BCE.
- La Fed agit -
La Réserve fédérale américaine (Fed) a, de son côté, décidé mercredi une baisse d'un quart de point de pourcentage, ramenant ses taux dans une fourchette de 3,75% et 4%.
Il s'agit de la deuxième détente de l'année, après celle de septembre, afin de soutenir une économie où le marché du travail montre des signes de faiblesse.
La BCE, elle, reste prudente, confrontée à des incertitudes pouvant influencer l'inflation, à la hausse comme à la baisse.
L'agrégat qui avait culminé à 10,6% en 2022, dans le sillage de la flambée des prix de l'énergie liée à la guerre en Ukraine, est revenu autour de l'objectif de 2% ces derniers mois.
La zone euro doit cependant affronter plusieurs défis: les droits de douane imposés par Washington, le conflit commercial sino-américain, et les tensions sur les approvisionnements en semi-conducteurs et en terres rares, susceptibles d'affecter l'industrie européenne.
Une rencontre jeudi en Corée du Sud entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping pourrait toutefois ouvrir la voie à une trêve.
Les banques deviennent quant à elles frileuses: les conditions de crédit en zone euro se sont resserrées de manière inattendue au troisième trimestre, selon la BCE, une mauvaise nouvelle pour l'investissement et la croissance.
Eurostat publie jeudi la croissance du PIB de la zone euro au troisième trimestre, attendue atone sous l'effet des chocs tarifaires, de l'incertitude politique en France et du retard de l'investissement public en Allemagne.
- Débat sur un assouplissement -
Le statu quo monétaire devrait perdurer, mais la BCE pourrait ouvrir en décembre un débat sur une future baisse des taux, lorsque seront publiées ses projections d'inflation jusqu'en 2028.
Michel Martinez, chef économiste Europe à la Société Générale, a déclaré à l'AFP anticiper une nouvelle baisse, mais seulement en mars 2026, lorsque l'inflation devrait " nettement passer sous les 2%, tirée vers le bas par la chute retardée des prix de l'énergie et la fermeté de l'euro ".
Cette situation se reflète déjà au niveau national.
"Après Chypre, la France a eu la moins forte inflation de tous les pays de la zone euro en septembre, à 1,07%", relève Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management.
Or, Allianz prévient: "Si la banque centrale tolère trop longtemps de légers écarts négatifs" de l'inflation par rapport à l'objectif, "elle risque d'être contrainte plus tard d'assouplir plus fortement sa politique ou de maintenir les taux bas plus longtemps".
La BCE devrait de nouveau souligner que sa politique monétaire restera guidée par les "données" disponibles et que ses décisions continueront d'être prises "réunion par réunion".
La conférence de presse de Mme Lagarde pourrait toutefois livrer quelques signaux accommodants, selon les observateurs.
Les tensions sur la dette en France planeront par ailleurs sur la réunion, tandis que l'écart entre les taux d'emprunt français et allemands est au plus haut depuis plusieurs années.
M. Martinez estime cependant que Christine Lagarde "devrait éviter de commenter le cas individuel de la France", afin de prévenir toute spéculation sur une intervention de la BCE.
O.Schlaepfer--VB