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Trump envisage de "réduire graduellement" les opérations contre l'Iran
Le président Donald Trump a pour la première fois dit vendredi envisager de "réduire graduellement" les opérations militaires contre l'Iran, juste après avoir exclu un cessez-le-feu.
Alors que la guerre, qui dure depuis trois semaines, pèse sur l'activité mondiale, les Etats-Unis et Israël d'un côté et l'Iran de l'autre ont continué leurs frappes et à se défier par l'entremise de déclarations belliqueuses.
"Nous sommes sur le point d'atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire graduellement nos importants efforts militaires au Moyen-Orient contre le régime terroriste iranien", a écrit vendredi soir le président américain sur son réseau Truth Social.
Il s'agit de la première indication suggérant qu'il est prêt à entrevoir une fin du conflit.
Mais cette affirmation coïncide avec l'annonce de plusieurs médias américains d'un prochain déploiement de forces militaires supplémentaires dans la région.
Et quelques heures auparavant, le président américain avait écarté tout cessez-le-feu à ce stade.
"Vous savez, vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l'adversaire", a-t-il dit à la presse à son départ de la Maison Blanche pour la Floride.
Il a aussi réitéré le fait que le détroit d'Ormuz devrait être "surveillé et contrôlé, si nécessaire, par les autres pays qui l'empruntent - ce qui n'est pas le cas des Etats-Unis !".
- "Vaincu" -
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, s'est exprimé vendredi dans un message pour le Nouvel an persan. Probablement blessé au début de la guerre, il n'est toujours pas apparu en public depuis sa nomination.
"L'ennemi a été vaincu", a écrit l'ayatollah Khamenei. Les Iraniens lui ont "asséné un coup vertigineux, au point qu'il se met maintenant à prononcer des paroles contradictoires et absurdes".
Le successeur d'Ali Khamenei - dont l'assassinat par les forces israéliennes le 28 février a marqué le début des hostilités menées avec les forces américaines contre l'Iran - est dans le viseur d'Israël.
L'armée israélienne a affirmé vendredi avoir tué lors d'une frappe à Téhéran le chef des renseignements de la force paramilitaire des Bassidj. Quelques heures seulement après l'annonce, confirmée par les Gardiens de la Révolution, de la mort de leur porte-parole, "tombé en martyr".
Des détonations ont aussi retenti dans la capitale iranienne en fin de journée, provenant de l'est et du nord de la ville, selon un journaliste de l'AFP.
A Jérusalem, un projectile s'est abattu à l'intérieur du quartier juif de la Vieille ville, près de sa muraille et des lieux saints.
Plusieurs explosions ont été entendues vendredi soir depuis Jérusalem par des journalistes de l'AFP, après que des sirènes ont retenti dans le nord d'Israël, l'armée ayant fait état de missiles iraniens lancés vers le territoire.
- "Lâches" -
Donald Trump, qui a multiplié ces derniers temps les déclarations contradictoires sur la durée potentielle du conflit, a assuré vendredi que l'objectif des Etats-Unis et d'Israël était la "victoire".
"Nous les frappons terriblement fort. Je ne crois pas qu'il soit possible d'être frappé plus fort", a-t-il dit à propos de l'Iran.
Jeudi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait assuré que l'Iran était "en train d'être décimé". Téhéran n'a selon lui plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques", deux des objectifs fixés avant le début des frappes israélo-américaines, fin février.
Mais le blocage de facto par l'Iran de la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux, vient compliquer les objectifs de Washington.
Donald Trump s'en est pris avec virulence aux pays de l'Otan, qu'il a qualifiés de "lâches" car selon lui ils "ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d'Ormuz".
Le Royaume-Uni a cependant dit autoriser les Etats-Unis à utiliser des bases britanniques pour frapper des sites iraniens visant le détroit d'Ormuz, dans le cadre de ses "opérations défensives" contre l'Iran, selon Downing Street.
L'armée américaine peut "neutraliser" l'île de Kharg, site pétrolier névralgique pour l'Iran, "n'importe quand si le président Trump en donne l'ordre", a aussi assuré Anna Kelly, une porte-parole de la Maison Blanche, dans une déclaration transmise à l'AFP.
L'attaque sur la raffinerie koweïtienne Mina Al-Ahmadi a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, selon l'agence officielle koweïtienne.
Les Emirats arabes unis ont fait état d'attaques de missiles et de drones, tandis que Bahreïn maîtrisait l'incendie d'un entrepôt et que l'Arabie saoudite annonçait plus d'une douzaine de drones "interceptés et détruits" en l'espace de deux heures.
La Turquie pour sa part a condamné vendredi les frappes israéliennes sur un quartier général et des camps militaires dans le sud de la Syrie, dénonçant une "dangereuse escalade".
- Fataliste -
La guerre assombrit l'atmosphère joyeuse dans laquelle la région devrait être plongée: le nouvel an persan, Norouz, ainsi que la rupture du jeûne musulman, l'Aïd el-Fitr, qui tombe vendredi en Arabie saoudite et la plupart des pays musulmans, samedi en Iran.
A l'aube, des bannières célébrant Norouz ont remplacé dans certaines rues de Téhéran les portraits du défunt guide suprême Ali Khamenei.
Hoda, une habitante de Saveh (ouest), déclarait jeudi vouloir aller à Téhéran retrouver sa famille. "Nous ne savons pas ce qui va se passer, mais la vie continue", ajoutait, fataliste, cette femme de 44 ans interrogée par l'AFP.
A Jérusalem-Est, les accès à la mosquée Al-Aqsa sont restés fermés. Le troisième lieu saint de l'islam, sur l'esplanade des Mosquées, "nous est confisqué. C'est un ramadan triste et douloureux", déplore Wajdi Mohammed Choueiki, un sexagénaire.
- Choc profond -
Les attaques visant les raffineries et sites de production d'hydrocarbures du Moyen-Orient font trembler l'économie mondiale.
"Les dommages durables entraînent un choc économique profond", relève Robert Pape, expert militaire à l'Université de Chicago. "C'est ainsi qu'une guerre régionale peut devenir une crise économique mondiale historique."
Les Bourses mondiales ont ainsi terminé en net recul vendredi, pour clôturer une semaine d'incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient et aux conséquences économiques de la flambée des prix de l'énergie.
"On est dans un marché qui se fait peur", estime Grégoire Kounowski, conseiller en investissement au sein du gestionnaire de fortune Norman K.
burx-lb/cyb
N.Schaad--VB