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Malawi: le président Chakwera reconnaît sa défaite à la présidentielle
Le président du Malawi, Lazarus Chakwera, a reconnu mercredi dans une allocution à la nation sa défaite à l'élection présidentielle de la semaine dernière, au profit de son rival et prédécesseur Peter Mutharika.
L'état catastrophique de l'économie dans ce petit pays d'Afrique australe de 21 millions d'habitants a dominé le scrutin du 16 septembre, les détracteurs de M. Chakwera l'accusant de mauvaise gestion et d'indécision durant son premier mandat.
"Il y a quelques minutes, j'ai appelé le professeur Mutharika pour lui souhaiter bonne chance", a déclaré M. Chakwera quelques heures avant la publication par l'autorité électorale des résultats finaux du scrutin, qui doit aussi désigner parlementaires et élus locaux.
Selon M. Chakwera, du parti du Congrès du Malawi (MCP), il est "clair que mon rival Peter Mutharika possède une avance insurmontable".
Lazarus Chakwera, ancien pasteur évangélique de 70 ans, avait accédé au pouvoir après l'annulation des résultats des élections de 2019 à cause d'irrégularités. Lors du nouveau scrutin en 2020, il avait obtenu près de 59% des voix et privé d'un second mandat M. Mutharika, ex-professeur de droit, du Parti progressiste démocrate (DPP).
Cependant, durant son mandat, le coût de la vie a flambé dans ce pays rural et dépendant de l'agriculture, avec une inflation atteignant 33 % et une envolée du prix des denrées alimentaires de base, ainsi que des engrais.
"Dans les jours qui restent, je veux que vous sachiez que je suis engagé dans un transfert pacifique de pouvoir", a déclaré M. Chakwera, qui a affirme avoir déjà chargé son équipe de préparer la passation de pouvoir.
-L'argument économique-
Mardi, la Haute Cour a rejeté une tentative de M. Chakwera visant à contraindre la Commission électorale à retarder la publication des résultats, après que le MCP a affirmé avoir détecté des irrégularités, notamment des comptages qui ne concordaient pas et des allégations de bourrage d'urnes.
M. Chakwera a déclaré dans son allocution mercredi qu'il acceptait la décision du tribunal.
"Les anomalies ne signifient pas nécessairement que le résultat électoral qui projette le professeur Mutharika comme vainqueur n'est pas crédible, ou ne reflète pas la volonté du peuple", a-t-il dit, avant de réclamer toutefois un "compte rendu complet et transparent des irrégularités".
Le DPP de Peter Mutharika a mené campagne en promettant un "retour à un leadership éprouvé" qui remettrait l'économie sur pied, notamment en mettant fin, en quelques mois, à une pénurie de devises qui a restreint les importations de carburant et d'engrais.
Les électeurs qui ont soutenu cet homme politique réservé ont été convaincus par l'état relativement meilleur de l'économie pendant son mandat de 2014 à 2020, selon des observateurs.
Il avait réuni une solide équipe économique et ramené l'inflation à un chiffre, même si le mandat a aussi été entaché par des accusations de corruption, des pénuries alimentaires et une dette publique croissante.
"Il y a des zones d'ombre que nous devons toujours associer à Mutharika, même si la majorité des électeurs peuvent penser qu'il est le meilleur président (…) mais uniquement en raison de la meilleure gestion de l'économie qui lui est associée lors de son premier mandat", a déclaré Mavuto Bamusi, analyste politique à la Malawi Political Science Association.
Lors de son dernier meeting de campagne dans la deuxième ville du pays, Blantyre, Peter Mutharika a expliqué qu'il se représentait pour "sauver ce pays".
"Le pays est en difficulté, il suffoque", a-t-il déclaré.
Près de 7,2 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes la semaine dernière pour départager 17 candidats à la présidentielle, mais la course a été dominée par le duel entre MM. Chakwera et Mutharika.
P.Staeheli--VB