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Comment l'Europe a été prise de court par Trump sur les droits de douane
Tout au long de la semaine dernière, diplomates, responsables et fonctionnaires européens ont fermement cru à la possibilité d'un accord avec Donald Trump sur les droits de douane. Jusqu'à ce qu'une lettre du président américain vienne tout bouleverser.
La décision unilatérale du milliardaire républicain d'imposer des droits de douane de 30% aux produits européens entrant aux Etats-Unis -- soit trois fois le taux en vigueur -- a pris les 27 Etats membres de l'UE de court.
"J'ai été surpris. Nous étions tous plutôt optimistes quant à la perspective de conclure un accord de principe" avec les Etats-Unis, a confié Ville Tavio, ministre finlandais chargé des questions commerciales.
Et pour cause: depuis plusieurs jours, la Commission européenne relayait des signaux résolument positifs émanant de ses tractations avec Washington. Un "bon échange" entre la présidente de l'exécutif européen Ursula von der Leyen et Donald Trump; des discussions "productives" entre le commissaire Maros Sefcovic, chargé de négocier l'accord, et ses homologues américains...
Autant d'éléments qui nourrissaient l'espoir d'un compromis négocié.
L'accord imaginé? Une taxe générale de 10% imposée par les Etats-Unis sur les importations européennes, assortie de nombreuses exemptions pour des secteurs clé comme l'acier, l'automobile, la pharmacie ou l'aéronautique.
- Pas de lettre? -
Même lorsque Donald Trump a commencé à envoyer ses premières lettres lundi dernier -- imposant 25 % de droits de douane à la Corée du Sud et au Japon, puis 50 % au Brésil -- les Européens n'étaient toujours pas particulièrement inquiets.
"D'après ce que je comprends, nous ne recevrons pas de lettre", avançait Olof Gill, un porte-parole de la Commission mercredi, confiant dans les chances d'un accord imminent entre Bruxelles et Washington.
Même son de cloche vendredi, en début d'après-midi.
"De notre côté, nous sommes prêts", à conclure un accord, répétait Olof Gill. "Voyons ce qui se passe quand nos amis à Washington se réveillent dans quelques heures."
Le couperet est finalement tombé peu après, quand la Commission a reçu la nouvelle que des droits de douane de 30% seraient imposés sur tous les produits européens entrant aux Etats-Unis, à partir du 1er août.
L'information est rapidement partagée avec les responsables des plus grandes capitales européennes. D'autres n'apprennent la nouvelle que lorsque la missive, signée au feutre noir par le président américain, est publiée sur le réseau de Donald Trump samedi, en début d'après-midi, heure européenne.
Plusieurs chefs d'Etat montent au créneau, comme le président français Emmanuel Macron, qui exprime "sa très vive désapprobation", exhortant désormais l'Union européenne à défendre ses intérêts.
La lettre de Donald Trump décrétant ces droits de douane est-elle à prendre pour argent comptant? Ou s'agit-il simplement d'une façon d'augmenter la pression sur les Européens?
Réunis à Bruxelles lundi, les ministres européens chargés du commerce extérieur ont tous exprimé l'espoir de parvenir à une solution négociée avec Washington d'ici le 1er août.
"Je ne peux pas m'imaginer en rester là sans effort véritable", a affirmé le discret Maros Sefcovic, promettant d'échanger à nouveau avec ses homologues américains, Jamieson Greer et Howard Lutnick, possiblement dès lundi.
G.Frei--VB