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Trump se rapproche d'une victoire pour sa "grande et belle loi" budgétaire
Le Sénat américain est sur le point lundi d'adopter le mégaprojet de loi budgétaire voulu par Donald Trump, avec à la clé des crédits d'impôt de plusieurs milliers de milliards de dollars, compensés en partie par d'importantes coupes dans la santé.
Cette "grande et belle loi" - comme l'a baptisée le président américain - est l'un de ses objectifs majeurs depuis son retour à la Maison Blanche en janvier et représentera une victoire législative majeure pour le républicain de 79 ans.
Mais avant de l'adopter, les sénateurs sont engagés dans un marathon législatif: des centaines d'amendements au texte sont soumis au vote dans l'hémicycle.
L'objectif pour les démocrates consiste à retarder au maximum le vote final, mais aussi à faire rejeter par les républicains - majoritaires au Congrès - des propositions souvent très populaires auprès des électeurs américains.
Cette session de longue haleine occupe les sénateurs depuis le début de la matinée à Washington et un vote sur le projet de loi dans son ensemble ne devrait pas avoir lieu avant la nuit.
La navette parlementaire fera ensuite revenir le texte devant la Chambre des représentants, qui a déjà adopté sa propre version, pour une adoption finale.
Le temps presse avant le 4 juillet, jour de la fête nationale, que Donald Trump a fixé comme échéance symbolique afin que la "One Big Beautiful Bill" arrive sur son bureau pour promulgation.
- "Solides et unis" -
Depuis près d'une semaine, le président pousse publiquement les sénateurs à adopter rapidement le texte.
Et la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a appuyé encore davantage lundi lors d'un point presse: "Les républicains doivent rester solides et unis dans la dernière ligne droite, et nous comptons sur eux pour faire le job."
La "grande et belle loi" budgétaire prévoit la prolongation de crédits d'impôt massifs adoptés lors du premier mandat de Donald Trump, mais aussi l'élimination de l'imposition sur les pourboires, ou encore des milliards de dollars supplémentaires pour la défense et la lutte contre l'immigration.
Le Bureau budgétaire du Congrès, chargé d'estimer de manière non partisane l'impact des projets de loi sur les finances publiques, estimait dimanche que le texte augmenterait la dette publique de plus de 3.000 milliards de dollars d'ici 2034.
L'extension des "crédits d'impôt Trump" est évaluée à elle seule à 4.500 milliards de dollars. Pour la compenser en partie, les républicains ont prévu notamment de sabrer dans Medicaid, programme public d'assurance santé dont dépendent des millions d'Américains aux revenus modestes.
Ils ont prévu aussi de réduire fortement le programme Snap, principale aide alimentaire du pays, et de revenir sur des incitations fiscales aux énergies renouvelables adoptées sous Joe Biden.
- "Cochons" -
L'opposition démocrate ne cesse de critiquer les réductions d'impôt pour les plus riches au détriment de classes moyennes et populaires déjà accablées par l'inflation.
"Ce projet de loi, comme nous l'avons dit depuis des mois, vole les soins de santé des gens, fait bondir leur facture d'électricité, et leur prend leur boulot, tout ça pour payer des crédits d'impôt aux milliardaires", a dénoncé lundi dans l'hémicycle Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat.
Des conservateurs affichent aussi publiquement leurs réticences à certains aspects du projet de loi. Le sénateur républicain Thom Tillis a ainsi déclaré qu'il s'opposerait au texte, avertissant que la réforme de Medicaid ferait "souffrir nos populations et hôpitaux ruraux".
D'autres conservateurs ont aussi exprimé leur forte opposition à la "One Big Beautiful Bill", comme le milliardaire Elon Musk, ancien proche allié de Donald Trump.
"Il est évident, vu les dépenses ahurissantes du texte - qui augmente de manière record le plafond de la dette de 5.000 MILLIARDS DE DOLLARS -, que nous vivons dans un pays au parti unique: le parti des cochons qui se goinfrent", a dénoncé sur X lundi le patron de SpaceX et Tesla, anciennement chargé de sabrer dans les dépenses de l'Etat fédéral avec sa commission Doge.
L'homme le plus riche de la planète a mis en garde: si le texte est adopté, il lancera un nouveau parti et financera la campagne aux primaires républicaines de candidats opposés aux parlementaires actuels.
D.Schaer--VB