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JO-2024 : Aya Nakamura, la Seine et la communauté LGBT+, divas d'une cérémonie critiquée par l'extrême droite
Les méga stars de la musique Aya Nakamura et Lady Gaga, la communauté LGBT+, le standard Imagine comme invitation à la paix : "plus grand spectacle du XXIe siècle" pour ses organisateurs, l'ouverture des JO de Paris a hérissé l'extrême droite française.
Le directeur artistique Thomas Jolly avait promis des tableaux qui racontent un pays riche de sa "diversité", "inclusif", "non pas une France mais plusieurs France", célébrant "le monde entier réuni".
Des représentants de l'extrême droite française y ont vu l'empreinte du "wokisme".
- Gaga ouvre le bal -
Point de départ du show démarré à 19H30 (17H30 GMT), qui entremêlait sport, art et protocole olympique, l'humoriste français Jamel Debbouze torche en main dans le Stade de France vide...
Erreur, l'enceinte n'accueille pas la cérémonie ! Pour tenter de sauver la situation, il transmet la flamme à la légende du football Zinédine Zidane. L'ancien N.10 des Bleus s'embarque dans une odyssée parisienne, métro compris. Bloqué, il doit transmettre la torche à des enfants, puis à un mystérieux inconnu, fil rouge du spectacle, inspiré notamment par le jeu vidéo "Assassin's Creed".
"Très fiers de voir qu'Assassin's Creed a été l'une des sources d'inspiration des talentueux créateurs du spectacle", a commenté Ubisoft, propriétaire de la franchise, pour l'AFP.
Est apparue ensuite la première star de la soirée : Lady Gaga, en bustier noir et plumes roses Dior. Elle a entonné "Mon truc en plumes", titre emblématique du music-hall français.
"Une chanson pour honorer les Français", a posté la chanteuse sur ses réseaux, remerciant le comité d'organisation de l'avoir choisie.
- Polémiques en série -
Aya Nakamura, chanteuse francophone la plus écoutée dans le monde, leur a succédé, toute de plumes d'or vêtue, par Dior également, pour un medley de ses tubes "Pookie" et "Djadja" et d'un standard de Charles Aznavour, "For me Formidable".
Avec deux hommes dont les lèvres se sont effleurées, des drag queens recréant le dernier repas du Christ ou encore une mannequin transgenre, la cérémonie a aussi mis en lumière sur la communauté LGBT+.
"Quelle honte! Aya Nakamura y a pas moyen (en référence aux paroles de "Djadja", NLDR)! L'ouverture des Jeux olympiques est un saccage pour la culture française", a notamment dénoncé sur ses réseaux sociaux Julien Odoul, porte-parole du RN.
"À tous les chrétiens du monde qui (...) se sont sentis insultés par cette parodie drag queen de la Cène, sachez que ce n'est pas la France qui parle mais une minorité de gauche prête à toutes les provocations", a renchéri l'eurodéputée Marion Maréchal (ex-Reconquête).
Autre passage qui fera parler, Philippe Katerine, extra-terrestre de la chanson française, est lui apparu en Dionysos, peint en bleu, pour interpréter son morceau "Nu".
- Paris éternel -
Pour la première fois, la cérémonie olympique prenait place hors d'un stade, sur six kilomètres le long de la Seine, jusqu'à la Tour Eiffel.
La cathédrale Notre-Dame, qui doit rouvrir en décembre après son gigantesque incendie en 2019, a été à l'honneur, lors d'une séquence chorégraphiée notamment sur ses échafaudages, rendant hommage à tous les corps de métiers impliqués dans sa reconstruction.
Le récit, qui mêlait certains clichés (le French cancan des danseuses du Moulin Rouge, les croissants...), n'oubliait pas l'Histoire de France, notamment la Révolution française et l'œuvre de Victor Hugo ("Les Misérables", "Notre-Dame de Paris"). Elle liait arts académiques et culture pop, faisant même intervenir les Minions dans un sous-marin.
Pendant ce show, les berges, les ponts et les toits ont été pris d'assaut par quelque 2.000 artistes (danseurs, musiciens, comédiens, jongleurs, acrobates...), parmi lesquels le danseur étoile Guillaume Diop, puis plus tard l'étoile Germain Louvet.
Dans le même temps, environ 7.000 athlètes représentant les nations participantes, ont défilé sur 85 bateaux aux couleurs de leur délégation, les Grecs d'abord sous un rideau de jets d'eau et de feux d'artifice bleu blanc rouge. Les Français sont partis les derniers.
- Puissance -
Autres moments forts : Gojira, groupe de metal français à l'aura internationale, s'est associé à la chanteuse lyrique franco-suisse Marina Viotti pour interpréter "Ah ! Ca ira", chant révolutionnaire français, avec aussi une Marie-Antoinette à la tête coupée.
Sur une barge sur la Seine, accompagnée de Sofiane Pamart jouant sur un piano en feu, la chanteuse française Juliette Armanet a elle interprété "Imagine" de John Lennon.
Toujours des femmes puissantes: d'Olympe de Gouges (rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791) à Simone Veil en passant par Gisèle Halimi (qui ont toutes deux oeuvré pour la dépénalisation de l'avortement), dix statues de Françaises pionnières dans leur domaine ont émergé de la Seine. Peut-être pour s'installer définitivement dans le paysage français...
Pour clore la partie sur l'eau, un cheval mécanique lancé au galop a parcouru la Seine sur les six kilomètres pour propager "l'esprit olympique", devant quelque 320.000 spectateurs, réfugiés sous parapluies et ponchos à cause d'une pluie battante, et un milliard d'autres à la télévision.
La cérémonie doit se terminer par l'allumage de la vasque olympique au jardin des Tuileries et des faisceaux de lasers autour de la tour Eiffel.
H.Gerber--VB