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Frappes russes massives sur l'Ukraine, Zelensky dénonce le manque d'aide occidentale
L'Ukraine a subi vendredi des frappes nocturnes massives qui ont fait au moins cinq morts et entraîné des coupures d'électricité d'ampleur, Volodymyr Zelensky dénonçant le manque de "volonté politique" en Occident pour aider Kiev.
"La terreur russe n'est possible aujourd'hui que parce que nous n'avons pas assez de systèmes de défense aérienne modernes, ou, pour être honnête, pas assez de volonté politique pour les fournir", a lancé le président Zelensky dans son adresse quotidienne dans la soirée.
"Tous les partenaires savent ce qui est nécessaire et qui peut prendre les décisions qui sauvent vraiment des vies", a-t-il poursuivi alors que l'aide américaine est bloquée depuis des mois à cause de rivalités politiques entre républicains et démocrates au Congrès et celle de l'Union européenne a pris un important retard.
Ces attaques ont en particulier visé le réseau énergétique ukrainien, laissant au total 1,5 million de personnes sans électricité, selon l'ONU. Le ministère ukrainien de l'Energie avait indiqué avoir restauré le courant pour plus d'un million de consommateurs.
La situation est la plus difficile à Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine qui comptait avant-guerre près d'un million et demi d'habitants, avec des coupures massives d'électricité et de chauffage à la suite de cette attaque, la "plus puissante" contre cette cité en deux ans d'invasion russe, selon son maire.
La nuit tombée, Kharkiv a été plongée dans le noir, selon une équipe de l'AFP sur place.
- "Nous n'avons plus rien" -
L'éclairage public dans les rues est éteint, aucune lumière n'apparaît aux fenêtres des immeubles, la chaussée est seulement par moment éclairée par les phares des voitures. Sur les trottoirs, des passants marchent en s'éclairant avec la lampe de leur téléphone portable.
Des camions de pompier sillonnent les rues pour annoncer une alerte aérienne en cours, les sirènes habituelles ne pouvant plus fonctionner faute d'électricité. Fonctionnant avec des générateurs, quelques restaurants et bars et des pharmacies sont cependant ouverts.
"Nous n'avons plus rien maintenant. Pas d'eau, pas de chauffage, pas d'électricité. Rien de rien", explique à l'AFP Nastia Volochyna, une étudiante de 19 ans, en riant nerveusement.
"Ce matin, c'était vraiment un effondrement. Il n'y avait pas de réseau, impossible de commander un taxi. Horrible", ajoute Svitlana Onnikova, une pharmacienne de 25 ans.
L'armée russe a assuré avoir agi en représailles aux récentes opérations militaires de Kiev contre les régions situées à la frontière avec l'Ukraine, qui étaient elles-mêmes des réponses aux bombardements quotidiens des villes ukrainiennes.
Au moins cinq personnes ont été tuées et une trentaine d'autres blessées, selon les autorités, notamment dans les régions de Zaporijjia (sud) et de Khmelnytsky (ouest).
A Moscou, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a admis pour la première fois publiquement que la Russie se trouvait "en état de guerre".
Depuis le début de l'invasion, en février 2022, le Kremlin a réprimé à coups d'amendes et de peines de prison l'utilisation du mot "guerre" pour imposer l'euphémisme d'"opération militaire spéciale".
- 60 drones et 90 missiles -
Les forces russes ont lancé dans la nuit sur l'Ukraine plus de 60 drones explosifs Shahed et presque 90 missiles de différents types, a énuméré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Ces frappes de grande ampleur ont entraîné des coupures d'électricité dans au moins sept régions ukrainiennes et endommagé des "dizaines" d'installations, a relevé l'opérateur ukrainien Ukrenergo.
Un rappel de l'hiver précédent quand la Russie avait mené une campagne de bombardements contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes plongeant des millions de civils dans le noir et le froid.
Huit missiles russes ont notamment touché la plus grande centrale hydroélectrique d'Ukraine, DniproHES, située sur le Dniepr, le vaste fleuve qui traverse l'Ukraine du nord au sud, provoquant des dégâts "très importants" mais sans risque de rupture du barrage dans l'immédiat, selon le parquet ukrainien.
L'armée russe a affirmé avoir atteint "des infrastructures énergétiques et militaro-industrielles, des noeuds ferroviaires, des arsenaux", en réplique aux récents bombardements ukrainiens sur le territoire russe.
La Russie avait déjà déclenché jeudi à l'aube une attaque massive contre Kiev, la première depuis début février contre la capitale.
Le commandant des forces terrestres ukrainiennes a par ailleurs jugé vendredi "possible" une offensive estivale russe qui impliquerait 100.000 hommes.
L'armée russe a revendiqué ces derniers mois la conquête de villages face à des soldats ukrainiens en manque de munitions mais le front est largement gelé depuis plus d'un an, aucun camp ne réussissant de véritable percée.
bur-led-pop-ant/lpt
K.Hofmann--VB