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Migrations: Washington et Mexico jugent fructueuse la visite d'urgence de Blinken
Le Mexique et les Etats-Unis se sont félicités mercredi du voyage d'urgence à Mexico du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, estimant qu'il a permis des avancées dans le dossier brûlant de la crise migratoire, au moment où les deux pays s'apprêtent à entrer dans une année électorale.
Annoncé brusquement quelques jours plus tôt, ce rare déplacement de M. Blinken à l'étranger pendant les fêtes est intervenu au moment où les élus républicains au Congrès exigent un accord sur l'immigration avec le gouvernement du président Joe Biden en échange de leur soutien à une nouvelle enveloppe d'aide pour l'Ukraine.
Les Etats-Unis ont d'ailleurs annoncé mercredi le déblocage de 250 millions de dollars d'aide militaire pour Kiev, leur dernière tranche disponible sans un nouveau vote au Congrès américain.
Accompagné du secrétaire à la Sécurité nationale, Alejandro Mayorkas, et de la conseillère pour la Sécurité nationale à la Maison Blanche, Liz Sherwood Randall, M. Blinken s'est entretenu pendant deux heures avec le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador.
Selon un responsable du gouvernement américain, les dirigeants mexicains ont décrit à la délégation américaine les nouvelles mesures prises par leur pays, notamment la répression des passeurs qui envoient les migrants vers la frontière des Etats-Unis en train ou en autobus.
- "Vraiment impressionnés" -
"Nous avons été vraiment impressionnés par certaines des nouvelles actions qu'entreprend le Mexique, et nous avons vu ces derniers jours une réduction assez significative des passages de la frontière", a déclaré ce responsable dans l'avion de M. Blinken pendant le voyage de retour vers Washington.
Les Mexicains "étaient préparés à partager un plan avec nous", a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Toutefois, les Etats-Unis "ne tirent jamais de conclusions basées sur des fluctuations au jour-le-jour" du nombre de migrants, a poursuivi le responsable américain, précisant que les contacts se poursuivront étroitement en 2024, une année où le président Biden joue sa réélection en novembre et où des élections fédérales sont également prévues au Mexique en juin.
Ces dernières semaines, quelque 10.000 personnes par jour ont tenté de traverser illégalement la frontière sud des Etats-Unis, soit près du double des chiffres enregistrés avant la pandémie, débordant les autorités américaines. Et une caravane de milliers de migrants a quitté le sud du Mexique dimanche pour tenter de rejoindre les Etats-Unis.
"Personne ne va arrêter la migration. Personne ne peut arrêter avec tout l'or du monde le fait que des gens cherchent de meilleures conditions de vie", a déclaré à la presse un activiste organisateur de cette marche, Luis Garcia Villagran.
- "Empoisonner le sang" -
M. Lopez Obrador, qui s'est entretenu au téléphone avec Joe Biden le 21 décembre, s'est engagé à renforcer les mesures de contention des migrants dans le sud du pays, à la frontière avec le Guatemala.
"Nous allons continuer à le faire et nous voulons nous mettre d'accord parce qu'étant donné qu'il y a aussi des élections aux Etats-Unis, le sujet va animer les esprits", a-t-il déclaré avant sa rencontre avec M. Blinken.
L'ancien président républicain Donald Trump, qui se prépare à affronter Joe Biden dans les urnes, a récemment redoublé ses attaques contre les migrants, les accusant d'"empoisonner le sang" des Etats-Unis, des propos qui selon ses détracteurs font écho à la rhétorique nazie.
Dans ce contexte politique tendu, les démocrates tentent de trouver un accord sur l'immigration avec les républicains au Congrès afin de faire approuver en parallèle des dépenses de 61 milliards de dollars pour aider Kiev dans sa guerre avec Moscou.
La Maison Blanche a prévenu qu'elle serait "à court de ressources" pour l'Ukraine "d'ici la fin de l'année".
Dans les négociations, l'administration Biden a notamment proposé de financer 1.300 postes de plus au sein de la police aux frontières.
Mais "l'un des défis, c'est que tout le monde veut une solution tout de suite à un problème mondial qui existe depuis longtemps". Or, "il n'y a pas de baguette magique", estime Andrew Rudman, chercheur spécialiste du Mexique au cercle de réflexion Wilson Center de Washington.
La plus grande partie des migrants fuient des pays d'Amérique centrale ravagés par la pauvreté, la violence et les catastrophes naturelles, où la crise politique, économique et sociale au Venezuela.
B.Wyler--VB