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Violences conjugales: 4 mois avec sursis pour Quatennens, un retour politique en suspens
Le député LFI du Nord, Adrien Quatennens, a été condamné mardi à Lille dans une procédure de plaider-coupable à quatre mois de prison avec sursis notamment pour des "violences" sur son épouse, une peine plus lourde qu'attendu qui pose la question de son retour politique.
"Cette peine est un avertissement solennel qui ne l'empêche pas de réintégrer l'Assemblée et de poursuivre son mandat électif", a estimé son avocate, Me Jade Dousselin, à la sortie de l'audience.
Mais la sévérité de la sanction, alors que son entourage s'attendait plutôt à une amende, pourrait faire obstacle à un retour dans l'hémicycle, voire en politique.
Il reste pour l'instant exclu des activités de son groupe parlementaire, dont la cheffe Mathide Panot a suggéré qu'une décision serait prise dans la foulée de la réunion hebdomadaire mardi matin.
Plusieurs membres de partis alliés dans la Nupes ont mis la pression. "C'est une décision judiciaire sérieuse, une peine conséquente, grave, (...) est-il en situation de défendre la cause commune qui est la nôtre, y compris la cause des féministes?", a interrogé le député communiste Sébastien Jumel.
"Pour le groupe écolo, il est très clair qu'il ne peut pas revenir après cette condamnation importante", a réagi aussi Sophie Taillé-Polian, députée représentante des écologistes dans l'intergroupe Nupes. "C'est un plaider-coupable et il a quand même eu quatre mois avec sursis, donc on peut imaginer que les faits sont avérés et lourds", a-t-elle ajouté.
"S'il avait été socialiste, je peux vous dire qu'il aurait été exclu", a déclaré pour sa part Arthur Delaporte, du groupe socialiste.
Jugé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC ou "plaider-coupable"), le député, en jean bleu et doudoune noire, était présent lors de l'homologation par un juge de sa peine, qu'il avait préalablement acceptée sur proposition du parquet.
Son épouse, avec qui il est engagé dans une procédure de divorce conflictuelle, était également présente, accompagnée d'un avocat.
- Huis clos -
M. Quatennens est condamné pour "violences sans incapacité commises par conjoint" entre octobre et décembre 2021, ainsi que pour "envoi régulier et malveillant de messages" à son épouse entre août et septembre 2022. Il devra également verser 2.000 euros de dommages et intérêts.
Selon son avocate, il lui est reproché une gifle "il y a plus d'un an dans un contexte extrêmement tendu", ainsi que "des SMS répétés, dont M. le juge homologateur a reconnu aujourd'hui devant nous qu'ils n'avaient aucun caractère harcelant, malveillant ou menaçant".
L'audience d'homologation, qui s'est tenue à huis clos, n'a cependant pas permis de connaître le détail des faits pour lesquels M. Quatennens est condamné.
Son retour rapide avait déjà été mis à mal par un communiqué fin novembre de son épouse à l'AFP, évoquant des "violences physiques et psychologiques" exercées depuis "plusieurs années" par son mari.
Jean-Luc Mélenchon, qui avait dans un premier temps affiché son soutien à son poulain, provoquant l'ire des militants féministes et une crise à LFI, ne s'est pas exprimé sur le sujet depuis les nouvelles accusations de Céline Quatennens.
- Militantes féministes -
"Personne" au sein du groupe parlementaire ne considère qu'un "retour est impossible", avait assuré lundi sur France Inter le député LFI des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, qui doit bientôt succéder à M. Quatennens à la tête du parti.
La députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain avait insisté lundi dans le journal Libération sur la nécessité de "prendre au sérieux la parole de Céline Quatennens", mais aussi de "se soucier de la réhabilitation d'Adrien Quatennens, sujet souvent éludé".
L'intéressé, lui, "compte revenir", mais il se pliera aux "conditions soumises par le groupe", avait affirmé son entourage avant sa condamnation.
M. Quatennens est arrivé au tribunal aux alentours de 8H30 par une porte dérobée, évitant les journalistes massés devant l'entrée principale, ainsi que quatre militantes du collectif féministe #NousToutes, présentes pour réclamer sa démission.
Une dizaine d'élus et militants LFI s'étaient également rassemblés dans un froid glacial afin de le soutenir.
"On ne peut pas le comparer à des gens qui tabassent leur femme, qui mettent du GHB dans des verres", avait déclaré à l'AFP le maire LFI de Faches-Thumesnil, Patrick Proisy. "Nous, on espère qu'il revienne."
C.Meier--BTB