Volkswacht Bodensee - Meurtre d'une surveillante au collège: le procès d'un adolescent de 15 ans s'ouvre en Haute-Marne

Euronext
AEX 0.75% 1098
BEL20 -0.35% 5598.33
PX1 -0.1% 8358.65
ISEQ 0.04% 13762.73
OSEBX -0.03% 1963.57 kr
PSI20 -0.49% 9082.53
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK 0.01% 4421.87
N150 -0.23% 4212.34
Meurtre d'une surveillante au collège: le procès d'un adolescent de 15 ans s'ouvre en Haute-Marne
Meurtre d'une surveillante au collège: le procès d'un adolescent de 15 ans s'ouvre en Haute-Marne / Photo: © AFP/Archives

Meurtre d'une surveillante au collège: le procès d'un adolescent de 15 ans s'ouvre en Haute-Marne

Il a tué une surveillante de son collège en Haute-Marne, pour un motif apparemment futile, à l'âge de 14 ans: plus d'un an après, le procès à huis clos de cet adolescent s'est ouvert mercredi à Chaumont.

Taille du texte:

Devant le tribunal, la famille et les proches de la victime, Mélanie, 31 ans, portent des tee-shirts à son effigie, une photo de la jeune femme arborant un large sourire.

"Une vie volée, une famille brisée. Notre justice est notre combat", peut-on aussi lire sur une pancarte accrochée à proximité du tribunal de cette petite ville de Haute-Marne.

"La gravité des faits doit guider la justice" et "pas seulement" l'âge du mis en cause, souligne une autre banderole à l'entrée du tribunal. Une autre réclame le rétablissement de la peine de mort.

On souhaite "qu'il ne sorte pas, qu'il reste enfermé, qu'il ne prenne pas vingt ans pour sortir au bout de dix", déclare à la presse Elodie, une cousine de la victime venue assister au procès.

"Parce que lui, il fera sa vie, il sera encore jeune. Mais la famille de Mélanie ne la reverra jamais, ils ont pris perpétuité".

- "Un rayon de soleil" -

Mélanie était "un rayon de soleil", se souvient Elodie. "Elle n'avait pas d'histoires. Elle rigolait tout le temps. Elle était là pour tout le monde. La gentillesse incarnée".

"Ça fait un an que les parents ne vivent plus. J'attends que la justice fasse vraiment quelque chose, même s'il est mineur", ajoute Virginie Bos, 43 ans, une amie de la victime.

Ce meurtre avait provoqué une onde de choc dans les milieux éducatif et politique en France, s'inscrivant dans une série d'agressions au couteau dans des établissements scolaires.

Au matin du mardi 10 juin 2025 à Nogent, bourg haut-marnais habituellement paisible de 3.500 habitants, l'assistante d'éducation est frappée à sept reprises avec un long couteau de cuisine à l'entrée du collège Françoise-Dolto. Elle décède sur place de ses blessures.

Les faits se déroulent devant de nombreux témoins, lors d'un contrôle inopiné des sacs des élèves par des gendarmes devant le collège, précisément destiné à détecter d'éventuelles armes blanches.

Quentin G., élève de troisième dans l'établissement, est aussitôt maîtrisé par un gendarme, blessant ce dernier à la main au moment de son interpellation.

Ses déclarations en garde à vue sont troublantes. Il a dit aux enquêteurs qu'il n'avait pas de "grief particulier" envers Mélanie, mais qu'il voulait s'en prendre à une surveillante, "n'importe laquelle".

Il ne supportait plus "le comportement des surveillantes en général" dans son établissement, qui auraient eu, selon lui, "une attitude différente selon les élèves", avait rapporté à l'époque le procureur de Chaumont, Denis Devallois.

- "Aucune compassion" -

Sans antécédents judiciaires et issu d'une famille "insérée professionnellement", l'adolescent aurait mûri son projet quelques jours avant les faits, après qu'une autre surveillante l'aurait "sermonné" alors qu'il embrassait sa petite amie au sein du collège.

Toujours selon M. Devallois, Quentin G. ne présentait en garde à vue "aucun signe évoquant un possible trouble mental", n'exprimait aucun regret ni "aucune compassion pour les victimes", et faisait preuve d'une "certaine fascination pour la violence et la mort".

Il "apparaît en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine, à laquelle il ne semble pas attacher d'importance particulière", avait encore estimé M. Devallois.

L'avocat de Quentin G., Me Antoine Chateau, avait tenu à se dissocier de certaines affirmations du procureur, soulignant la nécessité de mener des expertises psychologiques et psychiatriques.

Me Chateau n'a pas souhaité s'exprime avant le procès, qui se tient jusqu'à vendredi devant le tribunal pour enfants de Chaumont: étant âgé de moins de 16 ans, Quentin G. ne pouvait pas comparaître devant la cour d'assises des mineurs.

Egalement du fait de son jeune âge, il encourt une peine de 20 ans de réclusion criminelle au lieu d'une peine de prison à perpétuité. Il a été placé en détention provisoire depuis sa mise en examen.

Ancienne coiffeuse reconvertie dans l'Education nationale, Mélanie était mère d'un petit garçon âgé de cinq aujourd'hui, qui a obtenu le statut de pupille de la Nation. Elle était aussi conseillère municipale à Sarcey, commune voisine de Nogent.

C.Bruderer--VB