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Mondial-2026: Angleterre-Argentine, duel vintage avec vue sur une finale contre l'Espagne
Un grand classique de la Coupe du monde oppose mercredi à Atlanta l'Angleterre de Harry Kane, en quête d'une deuxième étoile 60 ans après, à l'Argentine de Lionel Messi, tenante du titre qui lorgne sur une quatrième, pour rejoindre l'Espagne en finale.
Dans le premier choc du dernier carré, mardi à Dallas, la Roja, championne d'Europe, a brisé le rêve de troisième étoile de l'équipe de France, en s'imposant de façon implacable (2-0).
. Duel historique, duel électrique
La longue rivalité entre les deux nations en Coupe du monde a connu de glorieux moments, confinant parfois à l'extraordinaire, et dans un même souffle de grosses controverses. Avec en toile de fond un contexte extra-sportif qui a pimenté leurs affrontements sur le pré, notamment la Guerre des Malouines qui fit 649 morts argentins (258 britanniques) en 1982 et sert à chaque retrouvailles de source de motivation supplémentaire pour l'Albiceleste.
Alors que la police d'Atlanta a renforcé son dispositif de sécurité dans toute la ville, le sélectionneur Lionel Scaloni s'est évertué à relativiser l'évènement histoire de déminer d'éventuelles tensions entre supporters: "ce n'est qu'un match de football, rien de plus, point final".
Oui, mais un Angleterre-Argentine reste un match à part. Aussi, quarante ans après la "main de Dieu" et "le but du siècle" commis en quatre minutes par Diego Maradona au stade Azteca, et 24 ans après le penalty de David Beckham qui a contribué à l'élimination de l'Argentine dès le premier tour du Mondial-2002, il y a une réelle excitation à voir quel nouveau chapitre vont écrire les deux équipes.
Le duel s'annonce féroce et indécis entre les deux sélections, emmenées par l'inoxydable Lionel Messi d'un côté (8 buts) et le duo royal Kane-Bellingham de l'autre (6 buts chacun), car elles sont arrivées non sans mal jusqu'en demi-finales.
L'Argentine est passée ric-rac contre le Cap-Vert (3-2 a.p.), l'Egypte (3-2) et la Suisse (3-1 a.p.), des adversaires pourtant guère voués à l'inquiéter sur le papier. Et sans Messi pour la sortir de l'ornière avec ses coups de pattes magiques, surmotivé comme jamais à l'idée de continuer à écrire en lettres d'or sa légende à 39 ans, l'aventure se serait arrêtée sûrement précocement, même si Julian Alvarez a pris le relais face à la Nati.
"Tout le monde va parler de Messi parce qu'il est l'un des GOAT (meilleur joueur de tous les temps, NDLR) de notre sport. Mais on ne peut pas ignorer les qualités et le talent que nous avons dans notre effectif; offensivement, défensivement, la solidarité. Nous avons tout ce qu'il faut et c'est ce que nous devrons montrer mercredi", a souligné le gardien anglais, Jordan Pickford.
Les Three Lions ont aussi peiné pour rallier ce stade du tournoi. Mais, sans jamais se départir de leur solidarité et de leur combativité, ils ont su renverser les Congolais (2-1), briser la malédiction de l'Azteca malgré l'altitude contre le Mexique (3-2) et surmonter l'épuisement, en prolongation, contre la Norvège (2-1) dans la chaleur de Miami.
Et si elle n'a certes pas le génie de Messi pour la guider, l'Angleterre peut néanmoins s'appuyer sur Harry Kane, l'avant-centre le plus prolifique de la saison, et Jude Bellingham, qui montre son meilleur visage au poste de N.10.
. La Roja a éteint les Bleus
Les Espagnols, qui regarderont évidemment avec grand intérêt la confrontation anglo-argentine, ont eux été très impressionnants à Arlington près de Dallas, en surclassant les Français au terme d'un match qu'on attendait plus serré.
Un penalty de Mikel Oyarzabal en première période (22e), après une faute naïve de Lucas Digne sur le prodige Lamine Yamal, et un but de Pedro Porro après un beau mouvement collectif dans le second acte (58e), ont suffi à la Roja pour rallier leur deuxième finale dans l'épreuve, après celle remportée en 2010.
Supérieure sur tous les plans, l'équipe de Luis De la Fuente a remporté la bataille du milieu de terrain et sa défense a éteint le trio d'attaque Mbappé-Dembélé-Olise pourtant étincelant jusqu'ici.
"Nous affrontions l'une des meilleures sélections du monde, mais celle-ci avait en face d'elle la meilleure équipe du monde" a résumé avec à-propos le sélectionneur.
S.Leonhard--VB