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L'influenceuse Chiara Ferragni acquittée dans le procès de la brioche de Noël
L'influenceuse Chiara Ferragni a été acquittée mercredi par le tribunal de Milan (nord) dans un procès pour fraude aggravée qui a poussé le gouvernement italien à durcir le contrôle des influenceurs.
"Chiara a été acquittée (...), il y a une justice dans ce pays", ont déclaré ses avocats à l'issue de l'audience à huis clos.
"Je suis heureuse, c'est un cauchemar de deux ans qui prend fin", s'est félicitée Chiara Ferragni, remerciant "tous ceux qui (l)'ont soutenue pendant cette période", notamment ses abonnés.
Reine des influenceuses de la mode, avec ses 28 millions d'abonnés, Chiara Ferragni, 38 ans, était jugée depuis septembre pour fraude aggravée aux côtés de deux associés.
Elle était accusée de s'être enrichie frauduleusement avec des brioches de Noël et des œufs de Pâques caritatifs, ce qui lui a déjà valu de devoir payer des amendes et des dédommagements.
- "Pandoro gate" -
L'influenceuse avait parrainé à Noël 2022 un pandoro, une brioche traditionnellement vendue à Noël, laissant entendre qu'une partie des recettes serait reversée à un hôpital, au profit d'enfants souffrant de cancers des os.
Mais fin 2024, une journaliste avait découvert que les acheteurs de ce pandoro "Pink Christmas", vendu 9 euros au lieu de 3,70 habituellement, avaient été induits en erreur.
Le fabricant des brioches, Balocco, s'était limité à faire une donation forfaitaire de 50.000 euros à l'hôpital avant l'opération, tandis que la vente avait rapporté plus d'un million d'euros aux sociétés détenues par Chiara Ferragni.
Des œufs de Pâques vendus en 2021 et 2022 avaient également été visés dans ce scandale qui a fait les gros titres en Italie.
Le parquet de Milan avait requis une peine d'un an et huit mois de prison contre Chiara Ferragni et son bras droit Fabio Damato, ainsi qu'un an de prison contre le patron de la marque qui a fabriqué les œufs de Pâques. Ils ont aussi été acquittés.
Le juge milanais n'a pas retenu l'accusation de fraude "aggravée" et celle de simple escroquerie était devenue caduque après le retrait de la plainte à l'origine du procès. L'association de consommateurs qui l'avait déposée l'a en effet retirée après le versement de dédommagements par l'influenceuse, a précisé à l'AFP un avocat des associations de consommateurs, Aniello Chianese.
Parallèlement, Chiara Ferragni a déjà dû verser une amende d'un million d'euros pour pratiques commerciales déloyales, infligée par le gendarme italien de la concurrence (AGCM) – soit une somme équivalente aux bénéfices réalisés.
La société Balocco avait, elle, été condamnée à une amende de 420.000 euros.
Entre amendes et dons, les sociétés accusées ont déjà reversé environ 3,4 millions d'euros, selon les avocats de Chiara Ferragni.
- Etoile déchue -
Chiara Ferragni a débuté sa carrière sur internet en 2009 avec un blog de mode, "The Blonde Salad", alors qu'elle était étudiante en droit.
La jeune blonde aux yeux bleus a ensuite été une des premières à surfer sur l'explosion des réseaux sociaux pour se placer dans le milieu de la mode.
Elle est devenue la reine des influenceuses italiennes, collaborant avec Lancôme, Dior ou Chanel, et lançant ses propres marques de vêtements et de maquillage.
En Italie et au-delà, ses abonnés suivaient aussi sa vie de couple à Milan avec la star du rap italien Fedez et leurs deux enfants.
Une fois sa réputation salie, la chute de l'influenceuse a été dure et rapide. Elle a perdu des abonnés, et sa société TBS a enregistré une perte de 2,3 millions d'euros en 2025, contre 4,4 millions de bénéfice net en 2023.
Chiara Ferragni s'est également séparée de Fedez en 2024, après six ans de mariage et une histoire d'infidélité.
L'omniprésente influenceuse s'est faite plus rare pendant un temps. Désormais acquittée, présente au tribunal pour affronter les caméras, elle pourrait tenter de renaître tel un "phénix", du nom d'une de ses sociétés.
Elle est déjà revenue timidement sur le devant de la scène fin 2025 avec des vêtements (siglés "club des éternels naïfs" en italien) et une bougie parfumée, ainsi que des images de ses vacances au Brésil et en Colombie.
Le gouvernement italien a profité de cette affaire pour serrer la vis aux influenceurs. Ceux qui comptent plus de 500.000 abonnés doivent désormais s'enregistrer auprès de l'Autorité italienne en charge des communications (AGCOM) et respecter des règles de transparence.
T.Zimmermann--VB