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La pression s'accentue sur l'Iran, qui menace de répondre "comme jamais" en cas d'attaque américaine
Donald Trump a averti mercredi que "le temps était compté" avant une attaque contre l'Iran, secoué par un vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang, Téhéran menaçant de répondre "comme jamais" en cas d'opération américaine.
Peu après la mise en garde du président américain, son chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé quant à lui que l'Iran était "plus faible que jamais" et dit s'attendre à ce que les manifestations reprennent à terme.
Dans son message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump, qui a brandi à plusieurs reprises la menace d'une intervention militaire face à la répression sanglante des manifestations en janvier, a évoqué cette fois ci le dossier nucléaire iranien.
"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a-t-il écrit, menaçant Téhéran d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier.
Washington s'était alors joint à la guerre de 12 jours déclenchée par Israël contre son ennemi juré, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'il dément.
La mise en garde du président américain s'accompagne du déploiement d'une force navale américaine menée par le porte-avions Abraham Lincoln, arrivé lundi avec son escorte dans le Golfe mais dont la localisation précise n'est pas connue.
De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé mercredi que les jours du régime iranien étaient "comptés", estimant même que "cela pourrait se compter en semaines".
Téhéran "répondra comme jamais" en cas d'attaque américaine, a réagi la mission iranienne à l'ONU sur X mercredi.
"L'Iran se tient prêt pour un dialogue basé sur le respect et les intérêts mutuels - mais si on le pousse, il se défendra et répondra comme jamais!", selon le message.
Plus tôt, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, avait appelé les Américains, s'ils voulaient engager des pourparlers, à "cesser les menaces, les demandes excessives".
"Faire de la diplomatie tout en formulant des menaces militaires ne peut être ni efficace, ni utile", a-t-il déclaré à la télévision, assurant que Téhéran n'avait "pas cherché à négocier".
- "Désescalade" -
Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la Révolution islamique de 1979.
Pour conjurer la menace d'intervention, l'Iran multiplie les contacts diplomatiques.
Le président Massoud Pezeshkian s'est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n'autoriserait pas l'usage de son territoire pour une attaque contre l'Iran.
Côté qatari, le Premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, "le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade".
Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et l'émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l'importance de "travailler à la désescalade".
"Il est mauvais de relancer la guerre", a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan.
Le représentant chinois à l'ONU Fu Cong a de son côté mis en garde mercredi le Conseil de sécurité contre tout "aventurisme militaire" en Iran.
- Premier procès -
Dans le même temps, l'Iran a prévenu qu'il considérerait les pays voisins comme "hostiles" si leur territoire était utilisé pour le frapper.
Un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d'un blocage du détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.
A Téhéran, de nouveaux panneaux montrant des frappes sur le porte-avions américain et portant des slogans anti-américains sont apparus, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Parallèlement, de nouveaux bilans émergent sur la répression des manifestations qui ont défié le pouvoir iranien. D'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, 6.221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation.
Parmi ces morts, elle a décompté 5.856 manifestants, 214 membres des forces de sécurité, 49 passants et 100 mineurs.
L'organisation, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires et estime qu'au moins 42.324 personnes ont été arrêtées dans une répression qui se poursuit.
Selon HRANA, un premier procès lié aux manifestations s'est ouvert mardi près de Téhéran contre un homme accusé du meurtre d'un policier.
La documentation de la répression par les ONG reste entravée par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.
La mobilisation avait été lancée par des commerçants de Téhéran contre le marasme économique, encore aggravé par le rétablissement en septembre par l'ONU de sanctions internationales liées au programme nucléaire de Téhéran.
D.Schaer--VB