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Eurobasket-2022: Pologne et palpitations, la demi-finale inattendue des Bleus
Retour sur le court des miracles: deux jours après leur qualification inespérée pour le dernier carré de l'Eurobasket-2022, les basketteurs français retrouvent vendredi (17h15) sur le parquet de Berlin un invité inopiné, la Pologne, tombeuse de la Slovénie de Luka Doncic.
"On est passé deux fois par un trou de souris", reconnaît le sélectionneur Vincent Collet. A savoir par deux prolongations, contre la Turquie en huitièmes puis l'Italie en quarts, arrachées à chaque fois grâce à deux lancers francs manqués, tour à tour ceux de Cedis Osman puis Simone Fontecchio. Alors qu'ils pouvaient repousser la France à quatre points avec douze et seize secondes à jouer.
Un Euro "cardiaque" ou encore "horrible devant la télé à vivre", comme l'a lâché sur Twitter le capitaine Nicolas Batum, au repos cet été comme Nando De Colo, l'autre absent marquant parmi les vice-champions olympiques.
"On ne le vit pas comme les téléspectateurs pour qui ce doit être encore plus irrespirable, compatit le sélectionneur. On a la chance d'être dans l'action."
- "Heureux d'être en vie" -
Ses Bleus, hissés dans le dernier carré d'un tournoi majeur pour la troisième fois d'affilée, sont "heureux d'être là, d'être en vie et d'avoir l'opportunité d'aller en finale", témoigne Vincent Collet, verni aussi par le tableau de la phase finale.
Car rien ne se passe comme prévu dans cet Eurobasket, violent pour les palpitants de France, mais fatal aux superstars de la NBA. Après les éliminations de la Serbie de Nikola Jokic et de la Grèce de Giannis Antetokounmpo, la Slovénie a aussi été envoyée au tapis, par la Pologne, demi-finaliste pour la première fois depuis 1971.
"On aurait été contents de les taper nous-mêmes, assure Timothé Luwawu-Cabarrot, dit "TLC". Ca aurait été d'autant plus une fierté."
Vincent Collet, tout en décrivant des Polonais qui l'"inquiétaient plus qu'autre chose en première mi-temps avec le niveau qu'ils avaient (jusqu'à 23 points d'avance sur la Slovénie, ndlr)", reconnaît que "l'opportunité est belle".
"On ne joue pas face à une équipe injouable, concède-t-il dans un euphémisme. Elle peut nous battre, mais on peut la battre aussi."
A condition que les Bleus limitent les dégâts de leurs deux faiblesses habituelles, les troisièmes quart-temps catastrophiques et les pertes de balles, dont ils sont les champions d'Europe (près de 16 par match en moyenne).
"En arrivant, on se savait capable de battre n'importe qui mais aussi de perdre contre n'importe qui", commente Rudy Gobert. Le constat reste valable.
- Une équipe "pas comparable" à celle des Jeux -
De l'aveu de "TLC", l'équipe "n'est pas comparable" à celle vice-championne olympique à Tokyo. "Nos 18 pertes de balles contre l'Italie, ce n'est pas quelque chose qu'on faisait l'année dernière, rappelle-t-il. On permet aux équipes adverses de prendre confiance à chaque match."
"Est-ce qu'on est moins fort (qu'aux JO)? Je ne sais pas. Est-ce qu'on peut mieux faire? Sûrement", espère l'ailier.
"Il y a beaucoup de choses qu'on pourrait travailler, mais c'est utopique de penser pouvoir le faire en 24 heures", dit, fataliste, Vincent Collet. "Quand on envoie la balle en tribune sur des passes directes non contestées (comme le capitaine Evan Fournier contre la Turquie ou TLC contre l'Italie, ndlr), plutôt que de travailler, on peut juste espérer qu'on arrête de le faire."
Soupir ou satisfaction, malgré les ballons perdus en pagaille, la bande d'Evan Fournier affiche la meilleure défense des quatre demi-finalistes (hors prolongations) avec à peine plus de 76 points encaissés en moyenne malgré un groupe B brutal (Allemagne, Slovénie, Lituanie).
"On n'a pas encore fait notre match-référence dans ce tournoi, s'impatiente le sélectionneur. Il faut se dépêcher parce qu'il n'en reste plus que deux."
A.Gasser--BTB