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Mondial de volley: les Bleus sont leurs "propres ennemis", estime Ngapeth
"On est nos propres ennemis": Earvin Ngapeth et les volleyeurs français, champions olympiques en titre, doivent avant tout se méfier d'eux-mêmes dans la quête du titre de champion du monde, leur "seul objectif" sur la route duquel se dresse, lundi à Ljubljana, le Japon en 8e de finale.
QUESTION: le titre de champion est-il le seul objectif fixé ?
REPONSE: "Oui, l’objectif c’est forcément de gagner. C’est le seul titre qui nous manque, on a tout gagné avec l’équipe de France. Après, on a n'a jamais fait un bon championnat du monde, donc faire un podium serait bien. Mais le vrai objectif c’est d’être champion du monde."
Q: Et d'ainsi confirmer le titre olympique obtenu l'été dernier à Tokyo. Cette recherche de constance dans les résultats est l’un des leitmotivs de votre sélectionneur Andrea Giani...
R: "Oui, constance et exigence. En s’entraînant beaucoup, beaucoup plus qu’avant. Avant, on était beaucoup dans le jeu à l’instinct. Aujourd’hui tactiquement on a mis en place quelque chose de plus solide. C’est un peu la culture italienne. Bernardinho (le successeur de Laurent Tillie, sacré à Tokyo, a démissionné en mars du poste de sélectionneur pour raisons personnelles) comme Giani nous ont dit que le but était de jouer les demi-finales à chaque compétition. Comme les grandes équipes. On essaie d’être plus stables au niveau des résultats. Et ça passe justement par plus d’entraînement, d’exigence, même envers nous-mêmes: on est une bande de potes et parfois c’est vrai qu’on manque d’exigence envers nous-mêmes."
Q: L'équipe est-elle encore meilleure qu’aux JO ?
R: "On joue un bon volley, on est prêt. Après, on est nos propres ennemis: si on sort un peu de notre système sur le terrain, on se retrouve en difficulté. Mais si on fait notre jeu et qu’on dégage la même sérénité qu’en phase finale de VNL par exemple (remportée en juillet), on est capable de gagner contre tout le monde."
Q: Quel bilan tirez-vous du premier tour ?
R: "On a joué tous les matches comme une finale, car on savait avec la formule qu’il fallait être tout de suite dedans. On s’en sort miraculeusement contre l’Allemagne (3-0) et la Slovénie (3-2). On a montré qu’on avait du caractère car on a été menés quasiment tout le temps. Ça nous a fait gagner encore plus de confiance: on a pu voir que même menés on est resté sereins, calmes. Et on sait qu’on a une équipe capable de renverser la tendance à chaque match."
Q: Vous avez affronté aussi le Cameroun, où est né votre père...
R: "C'était particulier. Beaucoup de mecs jouent en France: ils nous ont dit qu’ils étaient supporters de la France, ils nous ont donné beaucoup de force après le match. Moi encore plus parce que mon papa est camerounais, ma famille est là-bas. Entendre les hymnes camerounais et français c’était fort."
Q: Les imprécisions en attaque et le déchet au service aperçus au premier tour vous inquiètent-ils ?
R: "Nous ne sommes pas inquiets, mais c'est vrai que ce n'est pas dans nos habitudes de faire autant de fautes au service. C'est mieux que ça se soit passé au premier tour que lundi. Oui, cela s’explique par le fait qu’Andrea veut qu’on soit plus agressif au service. Mais il y a aussi une espèce d’envie, avec notre statut, d’exterminer (l'adversaire), de vouloir faire le point tout de suite, au service et en attaque. Du coup on force un peu alors que notre jeu est plutôt de faire jouer et d’user l’adversaire. On va retrouver ça. Même si c’était aussi une preuve qu’on était dedans, qu’il y avait de l’agressivité dans notre jeu."
Q: Vous retrouvez lundi Philippe Blain, sélectionneur du Japon, qui vous avait exclu de l'équipe de France pour raisons disciplinaires lors du Mondial-2010. Que cela vous inspire-t-il ?
R: "Pas grand-chose. Ça fait longtemps. On se croise, on ne se dit pas bonjour. Je ne l’aime pas, il ne m’aime pas, et c’est très bien comme ça."
Propos recueillis par Nicolas KIENAST
N.Fournier--BTB