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En Iran, la fièvre du Mondial à l'épreuve de la guerre
"Je soutiens l'Iran car c'est toujours le champion!", lance Helma, une fan de seulement 10 ans qui s'est procurée le maillot de la sélection iranienne de football.
Les Iraniens se préparent à suivre la Coupe du monde de football sur fond d'incertitudes liées à la guerre, mais tous ne partagent pas l'enthousiasme de la fillette.
A Téhéran, le quartier Mouniriyeh, haut lieu de vente de maillots et d'équipements sportifs, connait un léger regain d'activité.
Un sac bien rempli dans la main, la mère de Helma confie à l'AFP que sa fille doit participer à un clip de soutien à la sélection iranienne.
"Nous sommes venues acheter les tenues de la Team Melli pour le tournage", explique-t-elle, en référence à la "l'équipe nationale" en persan.
Ces dernières années, les femmes sont de plus en plus nombreuses à rejoindre les rangs des passionnés de football en Iran. Les hommes demeurent toutefois les supporters les plus visibles.
"Je ne vois pas le même enthousiasme que lors des éditions précédentes", constate toutefois Houman, un vendeur de 17 ans, debout entre des rangées de maillots, de ballons et de chaussures de sport.
L'année 2026 a été particulièrement éprouvante pour l'Iran. Elle a débuté par des manifestations antigouvernementales meurtrières, avant qu'une guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis ne fasse des milliers de victimes.
Le conflit a exacerbé la crise économique, avec une hyperinflation galopante couplée à une chute libre de la monnaie nationale face aux devises étrangères.
Et pour l'équipe nationale, il a fallu également obtenir des visas pour les Etats-Unis.
- Engouement pour le maillot portugais -
Certains supporters de la Team Melli, mais aussi ceux des équipes les plus populaires en Iran (comme l'Argentine, le Brésil, l'Allemagne, l'Espagne ou la France), affluent tout de même dans les boutiques et repartent rarement les mains vides.
Le premier match du Mondial pour les Iraniens se déroulera le 15 juin sur le sol américain, contre la Nouvelle-Zélande, à Los Angeles.
"La situation s'annonce particulièrement délicate pour les joueurs de l'équipe nationale, amenés à jouer dans un pays avec lequel l'Iran est en conflit", résume Mohammad Pahlavan, un lycéen de 18 ans arborant un maillot de l'AC Milan.
S'il affiche sa passion pour le club italien, le jeune homme suivra avec autant d'enthousiasme les parcours de l'Argentine, de l'Espagne et, bien sûr, de l'Iran.
Dans le quartier Mouniriyeh, les vitrines colorées débordent de maillots des grands clubs européens et des équipes nationales. Reste que le maillot iranien n'est pas le plus demandé.
Celui du Portugal est plébiscité, en grande partie grâce à la popularité de la star Cristiano Ronaldo, constate Houman. Ceux d'Espagne et du Brésil rencontrent également un vif succès.
Rocha, vêtue du maillot argentin, se dit partagée entre deux équipes, le Brésil et l'Argentine.
"Cette année, Neymar, légende du football brésilien, dispute sa dernière Coupe du monde. Je pense que l'équipe a de bonnes chances de gagner", prédit cette experte de 13 ans.
"Cela me brise le cœur de constater que je ne ressens absolument aucun enthousiasme à l'approche du prochain tournoi", glisse pour sa part Ali, un habitant de Tonekabon, au nord de l'Iran. Cet Iranien de 49 ans, interrogé depuis Paris, avait suivi avec passion toutes les Coupes du monde depuis 1994.
A.Ruegg--VB