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MMA: aussi calme que sanguin, le paradoxe Nassourdine Imavov
Tête d'affiche de l'UFC Paris en septembre prochain, le combattant français de MMA Nassourdine Imavov, réputé pour son calme et son style méthodique, libère une facette explosive de sa personnalité en entrant dans une cage.
Devenu un pilier du MMA tricolore, c'est lui qui combattra lors du combat vedette de la soirée parisienne, le 6 septembre à l'Accor Arena, face au Brésilien Caio Borralho. L'enjeu est important puisqu'en cas de victoire, le Français, challenger N.1 du champion Dricus Du Plessis dans la catégories des poids moyens, s'imposerait comme le combattant incontournable pour la ceinture de la division (-84 kg).
Au moment où le Français de 29 ans entre dans la force de l'âge pour un combattant de MMA, le timing est "parfait", explique-t-il à l'AFP.
"Le pic d'une carrière dépend des combattants mais pour ma part, c'est maintenant. C'est 28, 29, 30 ans. Et je pense que ça va aller jusqu'à 32 ans. Donc je suis en plein dedans, c'est le moment", dit-il simplement d'un ton calme et posé, représentatif de sa façon d'être.
- "Au fond de moi..." -
Loin des personnalités extravagantes qui peuplent l'UFC, Imavov reste le plus souvent discret et concentré, laissant ses performances parler pour lui.
"Mon père nous a toujours éduqués comme ça: être calme, tranquille, humble, rester à sa place...", poursuit le natif du Daghestan, petite république montagnarde du Caucase russe. "Dans ma culture, les personnes qui font du bruit, ce sont les personnes les plus faibles entre guillemets."
"J'ai été éduqué comme ça mais je pense qu'au fond de moi, je ne suis pas comme ça", nuance-t-il toutefois.
L'an dernier, lors de son combat contre le Géorgien Roman Dolidze, le Français avait eu une altercation verbale avec le combattant américain Chris Curtis, présent en bord de cage. Interrogé sur l'incident, il avait ensuite regretté sa réaction impulsive qui aurait pu lui valoir une disqualification. "Je suis vraiment désolé, c'était plus fort que moi. J'ai du travail à faire là-dessus, je ne suis pas content de moi", avait-il déclaré sur l'antenne de RMC Sport.
Son manager Yunes Benalbdelhouaed décrypte ainsi son tempérament: "C'est quelqu'un de très calme mais il a aussi un côté bipolaire. Il est aussi très sanguin et la cage libère ce côté sanguin un peu animal."
Un contraste qui se ressent dans l'octogone où Imavov, surnommé "The Sniper", fait souvent preuve de méthode et de patience avant de faire parler son explosivité.
- Polyvalence -
Ce tempérament, couplé à une polyvalence technique rare, lui ont permis de devenir une menace dans sa catégorie, même si son ascension n'a pas toujours été linéaire. Entré dans la ligue américaine à 24 ans, il a rapidement progressé avant de stagner aux portes du top 10 pendant quasiment deux ans.
Fin 2023, peu après sa défaite contre Sean Strickland, il décide alors de tout changer et de s'offrir une équipe d'entraînement et de management dédiée. "Quand je suis sorti de la MMA Factory, la première chose que j'ai cherchée, c'est un bon manager", explique-t-il. "Pour que je puisse aller vers l'avant. Dès que j'ai trouvé le management, j'ai commencé à avoir de bons combats, et de top 10, je suis passé à top 5."
Depuis, Imavov a connu une ascension remarquée. Il reste sur quatre victoires de rang contre des membres du top 10, dont un succès retentissant en février par KO contre la légende des poids moyens Israel Adesanya, au tapis dès le deuxième round.
Après cette performance, le Français aurait pu rester sans combattre et simplement attendre sa chance pour le titre. Mais il a préféré combattre à l'UFC Paris et se mesurer au Brésilien Caio Borralho, N.6 de la division: un duel risqué qui aura lieu quelques jours seulement après le choc pour la ceinture entre le champion du Plessis et Khamzat Chimaev.
F.Mueller--VB