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Wimbledon: Adrian Mannarino, la rédemption par le gazon
A la peine depuis le début de saison et retombé hors du top 100, Adrian Mannarino reverdit à 37 ans sur le gazon, sa surface de prédilection sur laquelle il disputera vendredi le troisième tour de Wimbledon.
Moins flamboyant que son contemporain Gaël Monfils, le gaucher classé 123e mondial vient pourtant d'enchaîner cinq victoires d'affilée, en qualifications puis aux deux premiers tours du troisième Grand Chelem de la saison.
Le natif du Val d'Oise, en région parisienne, n'a désormais plus qu'un adversaire à battre pour atteindre une quatrième fois les huitièmes de finale à Wimbledon, après 2013, 2017 et 2018.
Mais n'allez surtout pas lui révéler qu'il s'agit du 14e mondial Andrey Rublev: superstitieux, "Manna" tient à ne découvrir l'identité de ses adversaires qu'en dernière minute.
S'il y a bien une chose qu'il attend chaque année avec impatience, en revanche, c'est le retour de la courte saison sur gazon, une surface où il a remporté deux de ses cinq titres.
"Je pense que mon jeu s'adapte bien à cette surface", a affirmé lundi après sa victoire au premier tour l'intéressé, qui déteste à l'inverse la terre battue.
"Je suis un des rares joueurs qui ne joue finalement que sur sept ou huit mois dans l'année", fait-il remarquer, puisqu'"en décembre, on ne joue pas, en novembre pratiquement pas" et qu'il y a "au moins deux mois sur terre" où son allergie chronique à l'ocre lui fait perdre de précieux points ATP.
"Finalement, avoir atteint le classement que j'ai atteint en jouant aussi peu, c'était plutôt une bonne performance", souligne l'ex-17e mondial.
Ses résultats depuis le début de la saison sur terre battue sont éloquents: Mannarino n'a remporté qu'un seul match dans le tableau principal d'un tournoi ATP, à Houston le 1er avril.
Avant cela, sur dur, le Français avait enchaîné dix éliminations d'affilée dès le premier tour entre décembre et mars, tous tournois confondus, ATP et Challengers - le circuit secondaire -.
- "Rendre fou" son adversaire -
"J'ai toujours été à l'aise dans mes déplacements sur gazon, là où je suis plutôt maladroit sur terre battue. Ce sont des petits détails, des petites familiarités que j'ai avec cette surface qui expliquent un peu mes meilleurs résultats" sur les courts en herbe, a analysé le gaucher francilien mercredi après sa victoire au deuxième tour contre son compatriote Valentin Royer (113e).
"Pendant un set et demi, il a joué d’une façon assez phénoménale, c’était un niveau proche du top 50 ou au-delà", n'a pu qu'admirer Royer, battu en quatre manches.
"Il a une balle très rasante. J'ai dû baisser un peu mes fesses sur tout le match. Donc là, physiquement, je me sens assez touché", a reconnu le perdant, treize ans plus jeune que Mannarino.
Le Français "a la capacité de rendre n'importe qui fou. Son style de jeu n'est pas facile à gérer, il faut avoir beaucoup de patience, attendre son moment. Il sait comment ramener les balles, c'est extrêmement inconfortable", s'est méfié mercredi Andrey Rublev, son prochain adversaire.
"Et en plus de tout ça, il sait se servir de ta vitesse et soudainement accélérer l'échange", a développé le Russe, qui mène 3-1 dans ses duels avec le Français mais ne l'a encore jamais affronté sur gazon.
Au-delà de ses aptitudes naturelles sur l'herbe, Mannarino a regagné confiance en lui en enchaînant les victoires et espère désormais grimper assez au classement pour entrer directement dans le tableau final de l'US Open (24 août-7 septembre).
"On nous dit depuis tout petit que c'est dans la tête, le sport. C'est bateau mais des fois, tu te rends compte que c'est la réalité: il y a des moments où tu doutes, où tu n'arrives pas à finir les matches. Les deux, trois matches que j'ai gagnés en Challenger" sur gazon, à Birmingham et Nottingham, "puis en qualifications d'un ATP 250 ('s-Hertogenbosch, NDLR), en termes de classement, ils n'apportent rien", rappelle Mannarino. "Mais en termes de confiance, ça reste une victoire."
T.Zimmermann--VB