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Milan-Sanremo: Pogacar-Van der Poel, duel au sommet sur la Primavera
Si Milan-Sanremo est la plus imprévisible et indéchiffrable des classiques, le premier Monument cycliste de l'année se présente d'abord comme un duel entre Tadej Pogacar et le vainqueur sortant Mathieu van der Poel.
Au départ de cette 115e édition samedi à Pavia, au sud de Milan, plusieurs hommes forts comme le Danois Mads Pedersen, l'Italien Filippo Ganna, deuxième l'an dernier, ou le Français Christophe Laporte affichent une belle tête de vainqueur potentiel.
Les purs sprinteurs, qui n'ont plus gagné sur la Via Roma depuis Arnaud Démare en 2016, n'ont pas totalement abdiqué non plus et en cas d'arrivée massive le Belge Jasper Philipsen sera un candidat brûlant pour la première place.
Mais deux étoiles brillent d'un éclat plus fort que toutes les autres avec Pogacar et Van der Poel qui, en l'absence de Wout Van Aert concentré sur la préparation des classiques pavées, sont les grandissimes favoris de la Primavera.
Le Slovène et le Néerlandais ont le punch et la puissance pour dynamiter la course dans le Poggio, le tremplin vers la gloire après l'interminable défilé depuis Milan, voire avant.
Et les deux meilleurs coureurs de classiques du monde sont aussi en concurrence désormais pour les livres d'histoire, engagés dans un duel qui épice les courses d'un jour de la même manière que celui entre Pogacar et Jonas Vingegaard anime le Tour de France.
Pogacar et Van der Poel sont les deux seuls coureurs en activité à avoir gagné plus de deux Monuments, cinq pour le Slovène (Liège-Bastogne-Liège, Tour des Flandres, trois fois le Tour de Lombardie) et quatre pour le Néerlandais (Milan-Sanremo, Paris-Roubaix, deux fois le Tour des Flandres).
Van der Poel, la puissance à l'état brut
En 2023, le tractopelle néerlandais avait fait la différence dans le Poggio, cette bosse pas très dure (3,6 km à 3,7%) mais décisive avec un sommet placé à 5,5 km du but, qu'il avait avalée à plus de 38 km/h, pour devancer Filippo Ganna, Wout Van Aert et Pogacar sur la ligne.
Son plan cette année devrait être identique: fournir un effort maximal sur les cinq minutes que prend l'ascension pour prendre quelques secondes au sommet et conforter son avance dans la descente vers San Remo.
"Je m'attends à une course similaire. Ce n'est pas une course très tactique. Tout se joue généralement dans le Poggio où ce sont les jambes qui parlent", dit-il.
Contrairement à l'année dernière, où il s'était échauffé aux Strade Bianche et sur Tirreno-Adriatico, le petit-fils de Raymond Poulidor n'a pas encore roulé sur route cette année en course, concentré d'abord à écraser la concurrence sur le cyclo-cross.
"Idéalement j'aurais aimé disputer une course avant mais s'il y a bien un Monument que je peux gagner sans avoir le rythme de la compétition c'est Milan-Sanremo", estime le champion du monde en titre, bronzé et affûté après une longue préparation en Espagne
En lice pour un premier doublé via Roma depuis Erik Zabel en 2001, il peut revenir à hauteur de Pogacar en gagnant un cinquième Monument.
Pogacar, le raid dans la peau
Après une rentrée tardive mais foudroyante -- un raid solitaire victorieux de 81 km -- sur les Strade Bianche, l'as slovène cherche à compléter sa collection à San Remo où il fait mieux année après année (12e en 2020, 5e en 2022, 4e en 2023).
S'il l'emporte, il ne lui resterait plus qu'à gagner Paris-Roubaix, où il n'a encore jamais posé ses roues, pour devenir le quatrième coureur de l'histoire, le premier non-Belge, à gagner les cinq Monuments.
Coureur ultra complet, "Pogi" adore les classiques. Mais il a fait cette année de la double conquête du Tour d'Italie et du Tour de France son objectif principal. Il fera donc l'impasse sur le Tour des Flandres, le deuxième Monument du calendrier qu'il avait remporté l'an dernier en assommant Van der Poel dans le Vieux Quaremont.
Samedi, conforté par le scénario de 2023, il pourrait être tenté de ne pas attendre le Poggio et essayer de faire la différence de loin, dans la Cipressa (5,6 km à 4,1%, sommet à 22 km de l'arrivée), et peut-être même plus tôt.
"L'arrivée n'est pas loin de là où j'habite à Monaco. Je connais bien le final et les dernières montées, souligne le double vainqueur du Tour de France. Comme j'ai pu le voir par le passé, c'est l'une des courses les plus difficiles à remporter et plusieurs scénarios sont possibles. Mais c'est clair que j'ai vraiment très envie de la gagner."
L.Wyss--VB