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Protoxyde d'azote: le recyclage sous pression face à l'explosion des usages
Entrechocs métalliques et crissements de perceuses : dans ce bruyant entrepôt de Seine-et-Marne, les bonbonnes de protoxyde d'azote s'entassent par milliers. Derrière le fléau sanitaire, le "proto" pose un défi environnemental colossal pour recycler, une à une, ces bouteilles abandonnées partout en France.
Directeur de la société DI services, Cédric Nadotti se souvient des montagnes de bonbonnes qui ont commencé à affluer après la pandémie de Covid. Un flux qui ne cesse de s'accélérer.
"L'année dernière, on était aux alentours des 300.000 cartouches. Cette année, on va être au-delà des 600.000", prévoit l'entrepreneur de 51 ans.
"On est au-delà de la consommation pour une éventuelle chantilly...", glisse-t-il, le sourire amer.
Initialement destiné à un usage médical ou alimentaire, le protoxyde d'azote est détourné et prisé comme "gaz hilarant" dans le milieu festif, chez des adolescents et de jeunes adultes qui l'inhalent à l'aide de ballons de baudruche, après avoir percé les cartouches métalliques.
Dans les tonnes de déchets en attente de traitement, une bouteille siglée "Moula'gaz" jouxte une autre qui reprend des illustrations d'un célèbre jeu vidéo.
"En termes de communication, ils sont forts", estime le chef d'entreprise. "Ce ne sont pas des messages pour faire de la pâtisserie", s'amuse-t-il.
Aujourd'hui, le recyclage du protoxyde d'azote pèse lourd dans son activité: 60 à 70% du travail de l'entreprise, installée à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Paris.
Face à cette croissance, six personnes ont été embauchées au cours des trois dernières années et Cédric Nadotti prévoit deux recrutements supplémentaires d'ici l'été.
- Travail de fourmi -
Dans l'entrepôt, Aubin Chouly s'active au milieu des caisses de bonbonnes. Casque anti-bruit vissé sur la tête, lunettes de protection sur le nez et clé de desserrage en main, il désosse les cartouches, une à une.
"On enlève le plastique, l'embout, la petite goupille. Une fois que ça c'est fait, on va venir tester la pression pour savoir s'il y a encore du protoxyde dedans", détaille le technicien de 23 ans.
Gaz à effet de serre "300 fois plus puissant que le CO2", rappelle Cédric Nadotti, le protoxyde restant est récupéré via un extracteur spécialement conçu, puis est incinéré tandis que les matériaux (acier, laiton, plastique) suivent une autre voie, revendus pour être valorisés.
Ce minutieux processus de recyclage coûte entre une dizaine et une cinquantaine d'euros l'unité, selon la taille des bonbonnes: une facture "problématique" pour les collectivités locales, reconnaît l'entreprise de 20 salariés, qui travaille à optimiser son dispositif.
Quand les bonbonnes ne suivent pas ce circuit formel de recyclage, le coût s'avère drastiquement plus lourd.
Jetées avec les ordures ménagères, près d'un million de cartouches se sont retrouvées l'an dernier dans les incinérateurs du Syctom, qui gère les déchets de six millions de Franciliens.
L'agence métropolitaine indique qu'en 2025 "plus de 25.000 explosions, soit environ une explosion toutes les deux heures" ont été provoquées par ces déchets dangereux.
Entre les travaux de réparation des installations endommagées et l'arrêt contraint des fours, Corentin Duprey, président du Syctom, déplore un préjudice de 15 millions d'euros par an.
"Ça suffit de dépenser de l'argent public pour traiter et détecter ces bouteilles qui ne devraient pas arriver dans nos installations !", fustige-t-il.
- Colère des élus -
La mairie d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a été la première collectivité à solliciter DI Services face à ces nouvelles nuisances environnementales.
Séverine Maroun, première adjointe, a vu le phénomène muter: "de petites cartouches sur un parking" de supermarché en 2019, à un "gros pic" il y a deux ans avec plusieurs centaines d'énormes bouteilles de plusieurs litres, collectées sur le seul territoire de cette commune de banlieue.
L'élue ne décolère pas face à une situation qu'elle juge "ubuesque".
"C'est un produit dangereux tant au niveau sanitaire qu'environnemental et on laisse faire, rien ne l'interdit", s'indigne Mme Maroun. "Ce n'est pas entendable, c'est une vraie honte", assène-t-elle.
Le constat est d'autant plus alarmant que les chiffres du ministère de l'Intérieur témoignent d'une urgence sanitaire: les signalements d'intoxications ont triplé entre 2022 et 2023, et les cas graves ont quadruplé. 10% des victimes sont mineures.
O.Schlaepfer--VB