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Rubio et le pape américain jouent l'apaisement
Les États-Unis ont salué la "solidité" des relations avec le Vatican jeudi après que le secrétaire d'État Marco Rubio a été reçu par le pape Léon XIV avec l'objectif clairement affiché d'apaiser les tensions après les critiques acerbes de Donald Trump.
L'audience "a souligné la solidité des relations entre les États-Unis et le Saint-Siège, ainsi que leur engagement commun en faveur de la paix et de la dignité humaine", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Tommy Pigott, dans un communiqué.
Léon XIV et le chef de la diplomatie américaine ont eu un entretien "amical et constructif" d'un peu plus de 45 minutes, a indiqué à l'AFP un responsable du département d'Etat sous couvert d'anonymat.
M. Rubio, lui-même fervent catholique et qui était accompagné de son épouse, a été reçu au palais apostolique avec tous les honneurs réservés normalement aux chefs d'Etat et de gouvernement, selon une source familière du protocole en vigueur, dans une claire volonté du Vatican de jouer aussi à l'apaisement.
Les deux responsables ont discuté de la situation au Moyen-Orient et "de sujets d'intérêt commun pour l'hémisphère occidental", y compris la situation à Cuba.
M. Rubio s'est ensuite entretenu avec le secrétaire d'Etat et N.2 du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin.
"Ils ont passé en revue les efforts humanitaires en cours dans l'hémisphère occidental et les initiatives visant à instaurer une paix durable au Moyen-Orient", a indiqué le département d'Etat.
"Leurs échanges ont témoigné du partenariat solide et constant entre les États-Unis et le Saint-Siège en faveur de la liberté religieuse", a-t-on ajouté.
Le Vatican a pour sa part indiqué que ces entretiens "cordiaux" ont porté, entre autres, sur "la nécessité de travailler inlassablement en faveur de la paix", selon un communiqué.
- Stylo en olivier -
Lors d'un échange de cadeaux, le pape a fait don notamment d'un stylo en bois d'olivier, tandis que M. Rubio lui a remis un ballon de foot américain en cristal. "L'Olivier est l'arbre de la paix", a rappelé le pape selon le Vatican.
Avant son déplacement, M. Rubio s'était attaché à relativiser les récentes diatribes du président américain envers le pape, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de lutte contre l'immigration.
"On l'écoutera", avait déclaré de son côté mercredi Mgr Parolin à des journalistes, soulignant que l'entretien était à l'initiative de Washington.
Mais s'en prendre au pape "est un peu étrange. Le pape joue" son rôle, a affirmé Pietro Parolin
Loin de l'euphorie des premiers jours, alors que l'administration Trump se félicitait de l'élection il y a un an du premier pape américain de l'Histoire, les relations avec le Saint-Siège se sont sérieusement dégradées.
Mi avril, le président américain a surpris en s'en prenant à Léon XIV, qu'il a qualifié de "faible" face à la criminalité et "nul" en matière de politique étrangère, suscitant l'indignation des catholiques et de plusieurs chefs d'Etat dont l'Italienne Giorgia Meloni, que M. Rubio doit rencontrer vendredi à Rome.
Le pape avait répondu ne pas avoir "peur" de l'administration Trump et avoir le "devoir moral de s'exprimer" contre la guerre.
Léon XIV "pense que ce ne serait pas un problème que l'Iran ait l'arme nucléaire", a de nouveau estimé lundi le dirigeant républicain dans un entretien avec un podcasteur conservateur, accusant le pape de "mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens".
Ce dernier a répondu en déclarant: "Si quiconque veut me critiquer pour prêcher l'Evangile, qu'il le fasse avec honnêteté. L'Eglise s'oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, il n'y a aucun doute à ce sujet".
Le pape et Marco Rubio s'étaient déjà rencontrés en mai 2025 au Vatican avec le vice-président américain JD Vance, catholique converti, quelques jours seulement après l'élection de Léon XIV.
- Et Cuba -
L'autre dossier chaud, Cuba, a été abordé lors de ces entretiens jeudi, a confirmé un responsable du département d'Etat.
"Notre travail avec l'église catholique et Caritas à Cuba a été discuté", a-t-il dit sous couvert d'anonymat.
Les Etats-Unis fournissent une aide humanitaire à Cuba par un canal strict qui passe par l'église catholique locale.
Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba. Marco Rubio – dont les parents sont d'origine cubaine – a lui dirigé les efforts de l'administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste.
Depuis la chute du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'île déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies.
J.Sauter--VB