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Sous pression, le ministre de la Santé de Trump assume ses mesures décriées
Pressé de questions au Sénat américain jeudi, le ministre de la Santé de Donald Trump, le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr, a défendu âprement le limogeage polémique de la directrice de la principale agence sanitaire du pays, au moment où les appels à sa démission se multiplient.
"Nous avons besoin d'une nouvelle direction audacieuse, compétente et créative" à la tête des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), a ainsi justifié le ministre.
Lors d'une audition très tendue devant une commission sénatoriale, cet ancien avocat contesté pour ses positions antivaccins a soutenu avec énergie la profonde refonte des agences sanitaires et de la politique vaccinale des Etats-Unis qu'il a initiée.
"Nous sommes le pays le plus malade au monde. C'est pourquoi nous devons licencier des employés du CDC. Ils n'ont pas fait leur travail", a-t-il déclaré, en reprochant vivement à cette agence sanitaire sa gestion "désastreuse" de la pandémie de Covid-19.
Cette audition portait initialement sur le programme santé du gouvernement de Donald Trump pour 2026 mais a rapidement dégénéré en affrontement verbal entre le ministre et des sénateurs démocrates.
Ces derniers l'ont notamment accusé d'avoir menti sous serment en promettant en début d'année de suivre la science et de maintenir l'accès des Américains aux vaccins, ce qu'a rejeté en bloc le ministre, fustigeant leur mauvaise foi.
- "Digne de confiance" -
Depuis son entrée en fonctions, le neveu du président assassiné JFK a multiplié les mesures choc, limogeant des experts réputés sur la vaccination, restreignant l'accès aux vaccins contre le Covid-19 ou encore coupant des fonds au développement de nouveaux vaccins.
"Il est dans l'intérêt du pays que Robert Kennedy Jr démissionne, et s'il ne le fait pas, Donald Trump devrait le licencier avant qu'il y ait d'autres victimes", a notamment clamé jeudi le sénateur démocrate Ron Wyden.
La veille, plus d'un millier d'employés actuels et passés du ministère l'ont appelé dans une lettre ouverte à quitter ses fonctions, l'accusant de "mettre en danger" la population.
Les critiques contre le ministre ont particulièrement pris de l'ampleur depuis le renvoi la semaine passée de Susan Monarez, une scientifique, de la tête des CDC. Ce limogeage a provoqué une vague de condamnation de la gauche et d'institutions médicales.
La concernée avait assuré par le biais de ses avocats avoir été poussée dehors à la suite de son refus de valider "des directives non scientifiques et dangereuses" souhaitées par le ministre et de licencier des experts, ce qu'a démenti Robert Kennedy Jr.
"Je lui ai dit qu'elle devait démissionner parce que quand je lui ai demandé +Etes-vous une personne digne de confiance?+, elle a répondu +non+", a-t-il simplement dit jeudi aux sénateurs.
Ancien avocat respecté en droit de l'environnement, Robert Kennedy Jr s'est fait pendant des années le relais de nombreuses théories du complot et fausses informations sur les vaccins, mais a récemment répété qu'il n'était pas "antivax".
Son arrivée à la tête du puissant ministère de la Santé américain fait craindre à nombre d'experts une perte de confiance de la population dans les vaccins ainsi qu'une limitation de leurs accès, qui pourrait se traduire par un retour de maladies contagieuses disparues, comme la rougeole, qui fait plusieurs morts aux Etats-Unis en 2025.
D'autant plus que les vaccins sont au coeur d'une bataille politique croissante entre républicains et démocrates.
La Floride, état conservateur, a annoncé cette semaine vouloir supprimer toutes les obligations vaccinales tandis que des Etats démocrates de l'Ouest, Californie en tête, veulent faire alliance pour contrer ces politiques vaccinosceptiques.
D.Schaer--VB