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L'Iran vise à nouveau le Golfe malgré les menaces de Trump
L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines au Koweït et aux Emirats arabes unis, faisant fi de menaces de Donald Trump, dans un énième regain d'hostilités au Moyen-Orient.
Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le détroit d'Ormuz.
Verrouillée par Téhéran, cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures est au coeur de la guerre, déclenchée par une offensive israélo-américaine le 28 février.
Jurant de "briser" l'ennemi américain, l'Iran a riposté en ciblant, comme depuis le début du conflit, les alliés de Washington dans la région.
Son armée a visé "au moyen de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d'équipement et les hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber", selon un communiqué militaire.
Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, a ajouté cette source.
Le Koweït s'est inquiété "d'une menace directe" à la sécurité et la stabilité du pays, dénonçant une "ignoble agression iranienne".
La télévision d'Etat iranienne a indiqué que ces attaques avaient été menées "en réponse aux crimes commis par l'Amérique contre le peuple iranien".
Au moins 19 personnes, dont sept membres des forces armées, ont été tuées en Iran dans la nuit de mardi à mercredi dans des bombardements américains. Quatre d'entre elles ont péri dans une attaque au cours d'un mariage dans le district de Sirik (sud-est), où près de 70 personnes ont été blessées.
- Marchés sceptiques -
Si les Etats-Unis n'ont pas bombardé l'Iran ces dernières heures, Donald Trump a averti qu'ils restaient prêts à frapper "à tout moment", alors que les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse.
Selon l'opposition démocrate toutefois, les combats ont asséché les stocks américains de munitions, ce que l'administration réfute.
Dénonçant un "crime de guerre" après l'attaque ayant endeuillé le mariage, l'Iran avait mené mercredi une vaste riposte, ciblant outre le Koweït et les Emirats, la Jordanie, Bahreïn et l'Irak.
Et il a prévenu les Etats-Unis qu'ils devaient désormais s'attendre à une "nouvelle stratégie" destinée à "briser les fondements" de l'ennemi, sans en détailler les contours.
Il a aussi adressé une nouvelle mise en garde à "tout pays coopérant avec l'armée américaine agressive".
Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce d'un nouveau train de sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de Téhéran.
Ces dernières mesures vont permettre d'exercer "une pression économique maximale" sur le pays, a insisté mercredi Chris Wright, le ministre américain de l'Energie, lors d'un déplacement au Venezuela.
Les cours du pétrole, repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, refluaient jeudi, le Brent, référence mondiale, repassant sous la barre des 95 dollars.
Les investisseurs restent tout de même sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.
burs-cgo/anb
L.Meier--VB