Volkswacht Bodensee - Népal: un fonds climatique réserve 20 millions de dollars pour une aide d'urgence, une modeste première

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Népal: un fonds climatique réserve 20 millions de dollars pour une aide d'urgence, une modeste première
Népal: un fonds climatique réserve 20 millions de dollars pour une aide d'urgence, une modeste première / Photo: © AFP

Népal: un fonds climatique réserve 20 millions de dollars pour une aide d'urgence, une modeste première

Pour la première fois, le Fonds pour les pertes et dommages dus au climat a ouvert la voie jeudi à une aide d'urgence pour un pays frappé par un désastre climatique, le Népal, mais la somme provisionnée représente moins de 0,5% du coût estimé de la reconstruction.

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Lors de la première réunion extraordinaire du conseil d'administration de son histoire, le fonds né en 2022 à la COP27 a infléchi ses règles normales et "mis de côté provisoirement" une enveloppe de 20 millions de dollars pour le pays himalayen, frappé le 26 août par un écroulement de montagne et de glacier qui a fait plus de 1.400 morts et des milliers de disparus.

La décision est "bienvenue", a réagi auprès de l'AFP le ministre népalais des Finances, Swarnim Wagle, qui appelle à ce que le fonds "soit bien financé (...), plus agile et rapide pour aider les pays dans le besoin".

"C'est un premier pas historique mais cela démontre le chemin que le fonds doit encore parcourir", a dit à l'AFP Harjeet Singh, directeur de la fondation pour le climat Satat Sampada.

La création du Fonds pour la réponse aux pertes et dommages avait été négociée de haute lutte par les pays en développement à la conférence climatique de l'ONU de 2022 (COP27). A la différence des autres fonds climatiques, celui-ci doit spécifiquement payer pour aider les pays vulnérables à renforcer leurs infrastructures ou à s'adapter, par exemple, à des inondations à répétition.

Mais depuis sa mise en œuvre, ses détracteurs critiquaient à la fois les maigres promesses de dons des États (820 millions de dollars à ce jour), et son cycle de financement déconnecté des catastrophes. Aucun argent n'a été déboursé à ce jour.

- Compromis -

L'an dernier, par exemple, après qu'une partie de la Jamaïque a été détruite par le pire ouragan de son histoire, le coprésident français du fonds à l'époque déclarait à l'AFP que celui-ci n'avait pas vocation à "faire de réponse humanitaire" mais visait "l'étape d'après".

Une temporisation devenue intenable après la catastrophe au Népal. Le gouvernement estime à 4,78 milliards de dollars le coût de la reconstruction.

"Pourquoi devrions-nous, nous qui n'avons en rien contribué à ce problème, en supporter seuls le fardeau ?" a déclaré en septembre à l'AFP le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, à New York.

Le Fonds, dont le secrétariat est basé à la Banque mondiale à Washington, a une majorité de pays en développement à son conseil d'administration, et ce sont eux qui ont demandé une réponse à la demande formulée par le Népal le 31 août.

Les 20 millions de dollars sont prévus en avance du dépôt et de l'examen formel d'un dossier par le pays ; le Népal ne va donc pas recevoir immédiatement l'argent.

Le compromis trouvé est "une manière concrète d'aider le Népal tout en maintenant les critères et les procédures" du fonds, a déclaré le représentant français au conseil d'administration, Antoine Bergerot.

Les représentants de l'Union européenne et de l'Allemagne ont averti que la décision ne devait pas créer de "précédent," s'attirant des réponses fermes du Pakistan et de l'Équateur, qui ont souligné que les désastres climatiques n'allaient pas s'arrêter.

- Et des taxes? -

"Le Népal a ouvert la voie à des modalités de financement rapides à l'avenir", se félicite Brenda Mwale, de la Loss and Damage Collaboration.

L'argent pour reconstruire les vallées rasées pourrait in fine venir de multiples autres sources.

Mais des pays en développement et des juristes estiment que le financement de l'aide ne doit plus être volontaire, mais une obligation des pays riches.

Le cas népalais doit être le "déclencheur" pour que le financement des pertes et dommages climatiques soit "fondé sur des impôts, taxes ou contributions proportionnels à la responsabilité historique et actuelle du changement climatique", et "des obligations légales", argue Nikki Reisch, directrice du climat au Center for International Environmental Law (CIEL), organisation historique du mouvement pour renforcer le droit international de l'environnement.

R.Buehler--VB