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Macron serre la vis sur les manifestations, la gauche "en colère"  après la réunion à Matignon

Macron serre la vis sur les manifestations, la gauche "en colère" après la réunion à Matignon

Après une série d'interdictions de manifestations, Emmanuel Macron a annoncé jeudi que seules celles organisées par des syndicats seraient autorisées samedi, lors d'une nouvelle journée de mobilisation.

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Dans le même temps, son Premier ministre a organisé avec les partis une réunion sur le maintien de l'ordre, dont la gauche est sortie déçue.

Le président de la République, qui s'exprimait à l'issue d'un conseil de sécurité, a affirmé que "la recommandation générale, c'est qu'il n'y ait pas de manifestation dans les jours à venir".

Les demandes formulées par "des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela" seront refusées, a-t-il prévenu. "Ce n'est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme."

 

A Lyon et Marseille, les manifestations prévues samedi ont donc été interdites.

Dans la capitale, où un seul cortège a été autorisé entre Bastille et Nation, la Ville a appelé la population "à la plus grande vigilance face aux risques de nouvelles violences commises par des casseurs sans lien avec le mouvement social".

Et le préfet de police de Paris Patrice Faure a reçu les élus parisiens et les commerçants, en leur demandant de recourir "s'ils le peuvent à la sécurité privée".

Le chef de l'Etat avait convoqué l'ensemble des services de renseignement, accusés d'avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre.

M. Macron a réclamé "la plus grande dureté" contre les "actes de délinquance", ainsi que contre les groupes "d'ultragauche" ayant cherché, selon lui, à "faire tomber la République".

Le niveau de mobilisation des forces de l'ordre sera "20 % supérieur" à celui de la semaine passée, d'après le ministère de l'Intérieur. Blindés, militaires de la force Sentinelle et unités d'élite de police et gendarmerie seront déployés.

- "Perte de temps" -

Dans ce contexte déjà très tendu, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a reçu les partis à Matignon.

Et, sans surprise, la gauche en est sortie, très déçue que l'ordre du jour porte uniquement sur le maintien de l'ordre et non sur les réponses politiques à apporter à la crise.

"On sort avec beaucoup de colère" a dit la candidate des Ecologistes à la présidentielle, Marine Tondelier, venue avec son bébé.

Le coordinateur national de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard a fustigé une réunion qui a "fait perdre" du temps au pays car le Premier ministre "à aucun moment n'est rentré dans le débat précis sur les revendications des jeunes, sur les revendications du pays, sur la colère, sur la souffrance sociale".

"Il faut que le gouvernement apporte des réponses et traite les causes de ces manifestations et pas les symptômes", a asséné son homologue communiste Fabien Roussel.

"Si le gouvernement croit qu'en ne répondant pas aux revendications de la jeunesse française, le mouvement s'essoufflera, il se trompe comme il s'est trompé depuis des semaines", a prévenu pour sa part le candidat social-démocrate Raphaël Glucskmann.

- Craintes sur Orléans -

A droite et à l'extrême droite, les attentes portaient surtout sur la sécurité.

Sorti tôt de la réunion, le président des LR et candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau, a renouvelé ses appels à voir l'état d'urgence décrété et les dates de l'élection présidentielle, dont le second tour doit se tenir au lendemain du 1er-Mai, décalées.

Le vice-président du RN, Louis Aliot, a dit espérer que la sécurité serait "garantie" au congrès de son parti à Orléans ce week-end, où entre 20.000 et 30.000 manifestants sont attendus samedi, dont Olivier Faure et la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. Près de 3.000 membres des forces de l'ordre seront déployés alors que la manifestation attendue dimanche a été annulée.

"S'il y a de la casse à Orléans, c'est M. Faure, Mme Tondelier et tous les autres qui en porteront la responsabilité", a déclaré Louis Aliot.

Après cette réunion, M. Lecornu doit également recevoir les maires de Paris, Lyon et Marseille.

L'exécutif, critiqué pour son retard à l'allumage dans le traitement du mouvement lycéen, se démultiplie pour essayer d'endiguer la colère.

 

La réponse pénale aux violences du week-end se poursuit. Un total de 217 personnes ont été incarcérées parmi les 2.700 placées en garde à vue après les violences et pillages, a annoncé le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, depuis la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) en louant "une réponse extrêmement ferme qui ne connaît pas d'équivalent".

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S.Spengler--VB