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Appels à la désescalade après les accrochages entre forces américaines et iraniennes autour d'Ormuz
Les appels à la désescalade dans le Golfe se multiplient mardi, après des accrochages irano-américains autour du stratégique détroit d'Ormuz et les tirs de l'Iran vers les Emirats arabes unis, les premiers contre un pays du Golfe en près d'un mois de trêve.
Depuis le début de la guerre engagée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran contrôle cette voie stratégique par laquelle transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Quelque 20.000 marins y sont immobilisés, d'après un haut responsable de l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Cherchant une issue au blocus, Donald Trump a lancé lundi une opération militaire pour y rétablir le trafic, baptisée Project Freedom ("Projet Liberté"). Et de prévenir: s'ils visaient des navires américains dans cette zone, "les Iraniens seraient pulvérisés de la face de la Terre", selon des propos rapportés par Fox News.
Deux navires marchands battant pavillon américain ont d'ores et déjà franchi "avec succès" le détroit d'Ormuz, a indiqué le commandement américain pour la région (Centcom) - Téhéran démentant, de son côté, que des navires marchands aient franchi le goulet.
Les forces américaines ont aussi dit avoir détruit six embarcations iraniennes "qui représentaient une menace pour la navigation commerciale" .
Aucun navire des Gardiens de la Révolution iraniens n'a été détruit, a toutefois assuré un commandant de cette armée idéologique, cité par la télévision d'Etat (Irib). Il a accusé les Etats-Unis d'avoir tué cinq civils en ciblant deux bateaux partis d'Oman pour la côte iranienne.
L'Iran avait mis en garde les Etats-Unis contre toute intervention dans le détroit.
Dans ce cadre, le pays a tiré des missiles et drones contre des bâtiments militaires américains et commerciaux, interceptés par l'armée américaine, selon le chef du Centcom, Brad Cooper. Séoul a de son côté fait état d'une "explosion" suivie d'un incendie sur un navire sud-coréen dans le détroit.
Un pétrolier de la compagnie pétrolière nationale Adnoc a aussi été ciblé par deux drones iraniens.
Ces attaques sont les premières visant des installations civiles dans un pays du Golfe depuis l'entrée en vigueur le 8 avril d'un cessez-le-feu entre Téhéran et Washington.
Les Emirats ont dénoncé "une escalade dangereuse", se réservant le droit de riposter.
Tôt mardi, le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats, quand l'Arabie saoudite a mis en garde contre une nouvelle "escalade militaire" dans le Golfe.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé Téhéran à "s'engager véritablement dans des négociations" pour une solution diplomatique de long terme. "L'Iran doit revenir à la table des négociations et cesser de prendre en otage la région et le monde", a abondé le chancelier allemand Friedrich Merz.
- "Pas de solution militaire" -
La République islamique "n'avait aucun projet de cibler les Emirats", a assuré la télévision d'Etat iranienne, citant un haut gradé non identifié. Cet officier a dénoncé les conséquences de "l'aventurisme militaire américain", en référence à l'opération visant à débloquer des navires piégés dans le Golfe par la fermeture d'Ormuz.
A Oman, deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble à Bukha, sur le détroit d'Ormuz, a indiqué un média d'Etat.
"Les événements à Ormuz démontrent qu'il n'y a pas de solution militaire à une crise politique", a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur X.
Il a exhorté les Etats-Unis à privilégier la voie de la médiation du Pakistan, les mettant en garde contre le risque de se laisser "entraîner dans un bourbier".
Les divergences restent importantes entre les deux pays, et les tentatives de relancer les négociations ont jusqu'à présent échoué, malgré une première rencontre directe à Islamabad le 11 avril. Téhéran a indiqué dimanche avoir reçu une réponse de Washington, qui n'a pas été rendue publique, à sa dernière proposition de règlement.
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth doit donner mardi une nouvelle conférence de presse sur les opérations au Moyen-Orient.
Le président américain s'est félicité de l'initiative concernant le trafic dans le détroit d'Ormuz, qui "marche très bien", selon lui. Donald Trump a réaffirmé qu'il n'était pas question de laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire, une ambition démentie par Téhéran.
Dans ce contexte, le baril de Brent, référence internationale, a à nouveau bondi, clôturant lundi à 114,44 dollars, soit une hausse de 5,8 %. Vers 02H20 GMT mardi, il baissait de nouveau, à 113,14 dollars.
burx-sst/jnd/lgo
N.Schaad--VB