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Le général Min Aung Hlaing, auteur du coup d'Etat de 2021 et futur président de la Birmanie
Le général Min Aung Hlaing, était à quelques mois de la retraite obligatoire lorsqu’il a changé de stratégie, renversé le gouvernement démocratique et l’a remplacé par une junte militaire qu’il a dirigé lui-même.
Aujourd'hui, il est pressenti pour troquer son uniforme militaire contre le costume présidentiel lorsque le nouveau gouvernement prendra ses fonctions le mois prochain.
L’officier est devenu chef de l’armée en 2011, au moment même où la Birmanie rompait avec son histoire de régime militaire pour entamer une expérience démocratique.
La Birmanie est déchirée depuis par une guerre civile, des militants pro‑démocratie ayant pris les armes contre la junte, aux côtés de mouvements armés issus de minorités ethniques longtemps hostiles au pouvoir central.
Le Parlement birman a entamé lundi le processus de sélection d'un président, après la victoire sans opposition des partis pro‑militaires en début d'année à l'issue d'élections législatives supervisées par la junte. Une première étape d'un processus qui doit permettre à Ming Aung Hlaing de devenir chef d'Etat.
Le Parti de l'union, de la solidarité et du développement (PUSD), pro-armée, qui a remporté plus de 80% des sièges, a été fondé par un ancien général et compte parmi ses rangs de nombreux anciens hauts gradés à la retraite.
Min Aung Hlaing, 69 ans, a dû démissionner de son rôle militaire pour devenir chef d'Etat selon la Constitution. les analystes estiment sa défaite inconcevable.
Un ancien espion, surnommé les "yeux et les oreilles" de Min Aung Hlaing, l’a remplacé au poste de chef de l’armée, garantissant ainsi la présence d’un allié loyal à la tête des forces armées.
Min Aung Hlaing a présidé, ce week-end, le défilé annuel de la Journée des forces armées du pays, couvert de ses nombreuses décorations militaires et civiles.
Des chars, des lance-roquettes multiples et même des mini-sous-marins sur des camions ont défilé dans les rues tandis que l’armée déployait sa plus grande démonstration de force depuis des années.
Le gouvernement a été "légitimement élu par le peuple", a-t-il déclaré, avant d'annoncer que l’armée le soutiendrait "dans le but de renforcer et de pérenniser le système de démocratie multipartite".
Mais ces élections ont été condamnées par la communauté internationale et les défenseurs des droits humains.
Le critiquer était illégal et, selon le Réseau asiatique pour des élections libres, les partis qui avaient remporté 90% des sièges lors du dernier scrutin en 2020, notamment la très populaire Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, ont été dissous.
En outre, un quart des sièges au parlement est réservé aux forces armées en vertu d’une Constitution rédigée lors d’une précédente période de régime militaire.
- Banni de Facebook -
Min Aung Hlaing appartient au groupe ethnique dawei. Il a passé son enfance dans le centre du pays, où son père dirigeait le département des arts d’un institut de formation des enseignants.
Il a étudié le droit à l’université avant de s’inscrire à l’école de formation des officiers. Il a gravi les échelons et dirigé une campagne contre une insurrection de rebelles issus de minorités ethniques.
Son prédécesseur, Than Shwe, a dirigé la Birmanie pendant près de deux décennies. Min Aung Hlaing a été, lui, placé sous commandement civil, même si l’armée continuait de jouer un rôle clé en politique.
Bien avant le coup d’État, Min Aung Hlaing était persona non grata dans de nombreux pays pour avoir dirigé, en 2017, une répression contre la minorité ethnique rohingya qui a poussé 750.000 personnes à fuir vers le Bangladesh.
Il a été banni de Facebook pour avoir attisé les discours de haine, et la procureure en chef de la Cour pénale internationale réclame son arrestation pour crimes contre l’humanité.
Il n’existe aucun bilan officiel des morts de la guerre civile en Birmanie. Selon l’organisation à but non lucratif Armed Conflict Location & Event Data (ACLED) jusqu’à 90.000 personnes ont été tuées depuis le coup d’État.
Min Aung Hlaing nie toute accusation de violations des droits humains.
L.Stucki--VB