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Le président syrien en visite à Berlin pour oeuvrer à la reconstruction de son pays
Le président syrien Ahmed al-Chareh doit se rendre en Allemagne lundi pour des discussions sur la guerre au Moyen-Orient, la reconstruction de son pays et les efforts de Berlin pour renvoyer les réfugiés syriens.
Il s'agit de son premier voyage à Berlin, où il doit rencontrer le chancelier Friedrich Merz et le président Frank-Walter Steinmeier, depuis qu'il a renversé l'ancien dirigeant syrien Bachar el-Assad en décembre 2024.
Cet ancien chef rebelle islamiste de 44 ans a réussi à nouer des relations avec les gouvernements occidentaux et a effectué plusieurs voyages à l'étranger, notamment aux États-Unis, en France et en Russie.
Il a négocié la levée de nombreuses sanctions internationales contre la Syrie afin de l'aider à se reconstruire après une guerre civile sanglante qui a duré 14 ans.
Sa visite en Allemagne, initialement prévue en janvier, avait été reportée en raison des affrontements entre les troupes du gouvernement syrien et les combattants kurdes alors soutenus par les États-Unis dans le pays.
Plusieurs manifestations contre sa visite sont prévues lundi, d'après la police berlinoise.
Une association kurde en Allemagne, la KGD, a vivement critiqué sa venue, arguant dans un communiqué publié vendredi que l'ancien chef djihadiste ne devait bénéficier "d'aucune reconnaissance officielle".
- Pauvreté généralisée -
Au programme de la visite figurent notamment la situation politique en Syrie et le retour des Syriens dans leur pays d’origine, a indiqué vendredi le porte-parole du gouvernement allemand Stefan Kornelius.
Un forum économique sera aussi l'occasion de discuter des "perspectives de reprise et de reconstruction de la Syrie", marquée après des années de conflit par une "pauvreté généralisée", selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Mais "les bases d'une reprise économique ont été posées" après la levée de nombreuses sanctions de l'UE et de l'ONU à la suite de la fin du régime d'Assad.
Près d’un million de Syriens ont fui leur pays déchiré par la guerre pour se réfugier en Allemagne, la plupart d’entre eux arrivant au plus fort de l’afflux de migrants en 2015-2016.
Le chancelier conservateur Friedrich Merz, qui a pris le pouvoir en mai dernier, a intensifié ses efforts pour limiter l’immigration clandestine en renforçant les contrôles aux frontières allemandes.
Il a déclaré l’année dernière qu’avec la fin de la guerre civile en Syrie, "il n’y a désormais absolument aucun motif d’asile en Allemagne". "Nous pouvons donc commencer les expulsions", avait-il dit.
Le ministère allemand de l’Intérieur a signé un accord avec la Syrie fin 2025 permettant l’expulsion régulière des criminels et des personnes jugées dangereuses.
- Munitions non explosées -
M. Merz a cherché à renverser la politique d’immigration plus libérale de sa prédécesseuse Angela Merkel, affirmant qu’il devait contrer la montée du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).
Beaucoup d'ONG ont critiqué ce revirement, invoquant l'instabilité persistante et les violations des droits humains en Syrie.
Les tensions confessionnelles et le groupe Etat islamique ont provoqué des effusions de sang répétées, une grande partie du pays est jonchée de munitions non explosées et la sécheresse frappe le pays depuis des années.
Après le renversement d’Assad, Israël a déployé ses forces dans la zone démilitarisée sous surveillance de l’ONU sur le plateau du Golan annexé, et a mené des centaines de frappes en Syrie ainsi que des incursions régulières.
Les craintes se sont également accrues face à un conservatisme social rampant sous les autorités islamistes, notamment de nouvelles restrictions sur la vente d’alcool dans les restaurants et les bars, ou l'obligation du port du maillot de bain intégral sur les plages publiques.
W.Huber--VB