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L'Iran frappe le sud d'Israël, des dégâts et une centaine de bléssés
L'Iran a frappé par deux fois le sud d'Israël samedi faisant une centaine de blessés, l'attaque la plus forte en matière de dégâts en trois semaines de guerre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu promettant de riposter "sur tous les fronts".
Au moins 59 personnes ont été blessées, dont six grièvement, samedi soir dans la frappe de missile iranien sur la ville d'Arad dans le sud d'Israël, faisant aussi de nombreux dégâts, selon un nouveau bilan provisoire des secours.
Des images de l'AFPTV montraient des secouristes dans un immeuble éventré dans une zone résidentielle d'Arad.
Un premier missile iranien avait lui été tiré sur Dimona, ville abritant un centre stratégique de recherche nucléaire dans le désert du Néguev, faisant une trentaine de blessés.
"C'est une soirée très difficile dans la bataille pour notre futur", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué. "Nous sommes déterminés à continuer de frapper nos ennemis sur tous les fronts."
Après les infrastructures énergétiques, la guerre au Moyen-Orient s'est étendue aux sites nucléaires, l'Iran ayant visé Dimona qui abrite ce centre de recherche en Israël en riposte à une frappe contre un de ses complexes à Natanz.
Le site frappé est situé dans une zone résidentielle à Dimona, à près de cinq kilomètres du centre de recherche nucléaire.
Autour d'un large cratère, la terre est partout retournée et les façades de tous les immeubles alentours ont été en grande partie détruites, a constaté un correspondant de l'AFP.
Israël est considéré comme le seul pays doté de l'arme nucléaire au Moyen-Orient mais entretient l'ambiguïté sur le sujet. Le site de Dimona est officiellement dédié à la recherche nucléaire et l'approvisionnement énergétique.
L'Iran a revendiqué le tir de missile, affirmant qu'il s'agissait d'une "réponse" à l'attaque "ennemie" contre le complexe de Natanz (centre), rapportée plus tôt par Téhéran.
D'après l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, "aucune fuite de matières radioactives n'a été signalée" sur ce site déjà été frappé début mars.
L'armée israélienne a assuré ne "pas être au courant" d'une telle frappe, la télévision publique Kan rapportant qu'il s'agissait d'une action américaine.
Israël a par contre affirmé en soirée avoir frappé à Téhéran un centre universitaire, Malek-Ashtar, "utilisé par le régime terroriste iranien pour développer des composants d'armes nucléaires".
- "Risques de catastrophe" -
Après chacune de ces frappes, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi a appelé "à la retenue militaire maximale" afin d'éviter tout risque d'accident nucléaire.
Le Kremlin, allié de longue date de l'Iran, a condamné des frappes "irresponsables" faisant peser "des risques réels de catastrophe à l'échelle de tout le Moyen-Orient".
En lançant l'offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait dit notamment vouloir éliminer la menace nucléaire iranienne, déjà fortement affaiblie par la guerre de douze jours en juin 2025.
Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'il dément. Des pourparlers sur le sujet avaient justement eu lieu en février avant d'être brutalement stoppés par l'attaque israélo-américaine.
- Détroit d'Ormuz -
Ces derniers jours, les frappes avaient redoublé d'intensité contre des installations énergétiques dans le Golfe, faisant s'envoler les prix des hydrocarbures.
Le blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie commerciale cruciale pour l'approvisionnement mondial en carburant, aggrave cette flambée.
Le chef du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), l'amiral Brad Cooper, a assuré qu'une installation abritant des missiles de croisière avait été "détruite" cette semaine et des sites de renseignement et des relais de radar de missiles qui servaient à surveiller les mouvements des navires "anéantis".
Une vingtaine de pays, dont les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni, la France ou encore le Japon se sont de leur côté dit "prêts à contribuer aux efforts" nécessaires à la réouverture du détroit et ont condamné les récentes attaques iraniennes ayant visé des navires et des infrastructures pétrolières et gazières.
Vendredi, les cours du pétrole ont terminé en hausse, restant toutefois sous le seuil des 120 dollars le baril, tutoyé à plusieurs reprises depuis le début du conflit.
La Commission européenne a appelé les Etats membres à réduire leurs objectifs de remplissage de gaz pour l'hiver prochain, afin d'atténuer la pression sur les prix.
- "Démonstration de force" -
Israël a prévenu samedi que l'intensité des frappes en Iran allait "augmenter considérablement" dans les prochains jours.
"Nous ne nous arrêterons pas tant que tous les objectifs de la guerre n'auront pas été atteints", a lancé Israël Katz, le ministre de la Défense.
Et si vendredi Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis étaient "sur le point d'atteindre" leurs objectifs et envisageaient de "réduire graduellement" les efforts militaires américains, il a aussi écarté toute idée de cessez-le-feu.
Après trois semaines de conflit, l'Iran continue de riposter en lançant drones et missiles tous azimuts.
Vendredi, il a tenté de frapper "sans succès" la base américano-britannique de Diego Garcia, située à 4.000 kilomètres de son territoire, selon une source officielle britannique.
C'est un "fait notable", l'île se situant "au-delà de la portée max estimée jusqu'alors des missiles iraniens", estime sur X le chercheur français Etienne Marcuz, de la Fondation pour la recherche stratégique, y voyant là "une démonstration de force".
burx-lb/bdx
M.Schneider--VB