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Les Etats-Unis affirment avoir détruit une importante installation iranienne dans le détroit d'Ormuz
L'armée américaine a affirmé samedi avoir détruit une importante installation souterraine iranienne dans le détroit d'Ormuz, dont le blocage par Téhéran menace l'approvisionnement mondial en pétrole, au moment où la guerre entre dans sa quatrième semaine, sans perspective de fin imminente.
L'Iran bloque l'accès à cette voie commerciale cruciale en réponse aux frappes menées depuis le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui participe à la flambée des cours mondiaux du brut.
Le chef du commandement militaire américain (Centcom), l'amiral Brad Cooper, a assuré avoir "détruit" une installation qui abritait notamment des missiles de croisière, mais "également anéanti des sites de renseignement et des relais de radar de missiles qui servaient à surveiller les mouvements des navires".
"La capacité de l'Iran à menacer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz et aux alentours est, de ce fait, réduite, et nous n'arrêterons pas de poursuivre ces cibles", a-t-il ajouté.
Une vingtaine de pays, dont les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni, la France ou encore le Japon se sont de leur côté dit "prêts à contribuer aux efforts" nécessaires à la réouverture du détroit et ont condamné les récentes attaques iraniennes ayant visé des navires et des infrastructures pétrolières et gazières.
- Frappes sur un site nucléaire -
Après trois semaines de guerre, l'intensité du conflit ne faiblit pas.
Samedi matin, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a accusé les Etats-Unis et Israël d'avoir frappé le site nucléaire de Natanz (centre), précisant qu'"aucune fuite de matières radioactives n'avait été signalée".
L'armée israélienne a répondu ne "pas être au courant" d'une telle frappe. La télévision publique Kan rapporte qu'il s'agit d'une action américaine.
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, "informé par l'Iran" de cette frappe, a appelé "à la retenue militaire afin d'éviter tout risque d'accident nucléaire", tandis que le Kremlin, allié de longue date de l'Iran, a condamné des frappes "irresponsables" faisant peser "des risques réels de catastrophe à l'échelle de tout le Moyen-Orient".
La volonté d'éliminer la menace nucléaire iranienne est un objectif assumé par le président américain Donald Trump depuis le début de l'offensive.
Les Occidentaux soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'elle dément.
- "Nous ne nous arrêterons pas" -
La perspective d'une fin de conflit immédiate ne semble pas d'actualité, Israël ayant prévenu samedi que l'intensité des frappes en Iran allait "augmenter considérablement" dans les prochains jours.
"Nous ne nous arrêterons pas tant que tous les objectifs de la guerre n'auront pas été atteints", a lancé Israël Katz, le ministre de la Défense, alors que l'armée israélienne a bombardé dans la nuit des sites de production de missiles à Téhéran.
Et si vendredi, Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis étaient "sur le point d'atteindre" leurs objectifs et envisageaient de "réduire graduellement" les efforts militaires américains en Iran, il a aussi écarté toute idée de cessez-le-feu.
Selon certains analystes, l'Iran a encore la capacité de répliquer.
"Ils pourraient continuer encore quatre à six semaines", prédit Neil Quilliam, expert en géopolitique au centre Chatham House. "Nous avions estimé qu'ils seraient à court de stocks à l'heure qu'il est mais je ne pense pas que ce soit le cas".
Vendredi, Téhéran a tenté de frapper "sans succès" la base américano-britannique de Diego Garcia, située à 4.000 kilomètres de son territoire, selon une source officielle britannique.
Les missiles de l'Iran ont officiellement une portée limitée à 2.000 km.
- L'Irak et Bahrein touchés samedi -
Depuis le début de l'offensive israélo-américaine, plusieurs figures du régime iranien ont été tuées, notamment le guide suprême Ali Khamenei, au premier jour de la guerre.
Son fils Mojtaba Khamenei l'a remplacé mais n'est toujours pas apparu en public depuis sa nomination.
Il n'était pas présent samedi à la prière de l'Aïd, la fête de fin du ramadan, à Téhéran, traditionnellement dirigée par le guide suprême de la République islamique, où une foule de croyants s'est réunie dès l'aube à la Grande Mosquée de l'Imam Khomeini.
Des scènes similaires étaient observées dans d'autres villes du pays, où l'accès à internet est très restreint.
La guerre est devenue un conflit régional en s'étendant aux monarchies voisines du Golfe, accusées par l'Iran de laisser les forces américaines mener des attaques contre lui depuis leurs territoires.
Depuis le 28 février, Téhéran a lancé de nombreuses frappes de missiles et de drones visant selon lui les intérêts américains dans ces pays.
Et l'armée iranienne a averti samedi les Emirats Arabes Unis qu'elle répliquerait par "de violentes frappes" à toute attaque contre les îles du Golfe d'Abou Moussa et de Grande Tumb, contrôlées par Téhéran mais revendiquées par Abu Dhabi.
L'Irak est aussi touché: samedi, les services de renseignement irakiens ont annoncé la mort d'un officier dans une attaque de drone qui a ciblé leur quartier général, dans le centre de Bagdad.
Plusieurs explosions ont en outre été entendues samedi dans la capitale de Bahreïn, Manama, selon un journaliste de l'AFP.
burx-pid/anb
A.Zbinden--VB