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L'Iran et les Etats-Unis en pourparlers à Oman, sous la menace américaine
L’Iran et les États-Unis mènent vendredi des pourparlers à Oman, considérés comme une occasion cruciale pour éviter une escalade militaire, après le déploiement par Washington d'une "armada" dans la région.
Alors que Washington exige de discuter, outre du dossier nucléaire, du soutien de l'Iran à divers groupes armés hostiles à Israël, et de son programme de missiles balistiques, Téhéran martèle ne vouloir aborder que le volet nucléaire, pour obtenir la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie.
Le gouvernement iranien a annoncé en fin de matinée sur X que les discussions étaient déjà entrées dans leur "deuxième phase". "Les deux parties ont plus ou moins compris ce que chacune veut", a ensuite commenté l'envoyé de la télévision d'Etat iranienne.
Les discussions, a affirmé la télévision, sont menées indirectement, via le médiateur omanais, entre le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi et l'émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui est accompagné du gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
Ces pourparlers sont les premiers depuis les frappes sur des sites nucléaires iraniens menées en juin par les Etats-Unis lors de la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque israélienne contre l'Iran.
Ils ont débuté alors que Donald Trump a déployé une force navale, qu'il a qualifiée d'"armada", dans la région, après la répression sanglante par le pouvoir iranien de la vaste mobilisation de début janvier.
Téhéran est "prêt à défendre la souveraineté et la sécurité nationale (...) contre toute exigence excessive ou toute tentative d'aventurisme" des Etats-Unis, a averti M. Araghchi, lors d'une rencontre préliminaire avec son homologue omanais, Badr al-Busaidi.
Ce dernier, qui a également reçu, séparément, MM. Witkoff et Kushner, a qualifié les pourparlers de "cruciaux".
- "Capacité nucléaire nulle" -
Les discussions interviennent après que le pouvoir iranien a écrasé dans le sang début janvier un vaste mouvement de contestation.
L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a dit avoir confirmé la mort de 6.941 morts, dont une majorité de manifestants, et a recensé près de 51.000 arrestations.
Mais d'autres groupes de défense des droits redoutent un bilan beaucoup plus élevé, dont l'ampleur a été dissimulée par la coupure d'internet imposée par les autorités pendant trois semaines.
Après avoir menacé de frapper l'Iran en soutien aux contestataires, le président américain centre désormais sa rhétorique sur le contrôle du programme nucléaire iranien.
S'il a affirmé en juin que les frappes américaines avaient anéanti les capacités nucléaires iraniennes, l'ampleur exact des dégâts reste inconnu.
Les Iraniens "négocient", s'est-il félicité jeudi. "Ils ne veulent pas que nous les frappions", a-t-il ajouté.
"Le président a clairement exprimé ses exigences envers le régime iranien. Il a été très explicite sur le fait qu'il souhaitait une capacité nucléaire nulle", a affirmé jeudi soir sa porte-parole, Karoline Leavitt, soulignant qu'il est "le commandant en chef de l'armée la plus puissante de l'histoire".
Dans un communiqué publié peu avant l'ouverture des négociations, la Chine a de son côté indiqué soutenir l'Iran dans la défense de ses "intérêts" et face à l'"intimidation".
- "Inflexibilité" iranienne -
Les pays occidentaux et Israël accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran dément tout en faisant valoir son droit à développer une filière nucléaire civile.
L'Iran et les Etats-Unis avaient déjà mené des négociations au printemps notamment dans le sultanat d'Oman, gelées par la guerre des 12 jours. Elles achoppaient notamment sur la question de l'enrichissement d'uranium par Téhéran.
Sur le cadre des négociations, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s'est montré catégorique: pour aboutir, elles devront "inclure certains éléments, notamment la portée de leurs missiles balistiques, leur soutien aux organisations terroristes (...) et le traitement réservé à leur population".
"L'Iran continue de faire preuve d'inflexibilité face aux demandes des Etats-Unis, ce qui réduit la probabilité (...) d'une solution diplomatique", estime l’Institute for the Study of War, basé aux Etats-Unis.
A Téhéran, le gérant d'une supérette affirme à l'AFP "espérer un accord". "Il n'y aura pas la guerre, mais peut-être pas la paix", ajoute-t-il, sous couvert de l'anonymat.
Face aux menaces de Washington d'un recours à la force, Téhéran a répété qu'il riposterait contre les bases américaines de la région en cas d'attaque.
"Nous sommes prêts à nous défendre, et c'est au président américain de choisir entre le compromis ou la guerre", a déclaré jeudi le porte-parole de l'armée, le général Mohammad Akraminia. L'Iran, a-t-il averti, a un accès "facile" aux bases américaines dans le Golfe.
J.Marty--VB