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Jérôme Guedj, l'ex-frondeur PS devenu l'incarnation des gauches irréconciliables
Le député PS Jérôme Guedj, qui a annoncé jeudi sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, est un ancien intime de Jean-Luc Mélenchon devenu l'incarnation des gauches irréconciliables après le 7 octobre 2023.
A 54 ans, le député de l'Essonne, département de banlieue parisienne où il a fait toute sa carrière politique, s'est retrouvé en première ligne dans le combat contre l'antisémitisme et dans l'affrontement contre La France insoumise, après le refus du parti de la gauche radicale de qualifier de "terroriste" l'attaque du 7-Octobre 2023 du Hamas contre Israël.
Le député a longtemps fait figure de fils spirituel de Jean-Luc Mélenchon, dont il a été l'assistant parlementaire quand celui-ci était sénateur socialiste.
Il considérait alors l'actuel leader Insoumis comme son mentor et aime relater avoir préparé le concours de l'ENA dans les bureaux de celui qui était devenu ministre délégué à l'Enseignement professionnel.
Mais les deux hommes se fâchent une première fois en 2008 quand Jean-Luc Mélenchon quitte le PS. Ils ne se reparlent pas pendant 15 ans avant de se retrouver en 2022 lors de la création de l'alliance de gauche Nupes, que défend alors ardemment Jérôme Guedj.
Il croit alors que Mélenchon, qu'il dit avoir "aimé profondément", peut incarner le rassemblement de la gauche. Mais il est vite déçu quand le tribun semble attiser les divisions de l'alliance au moment des émeutes urbaines et du débat sur la réforme des retraites.
Le divorce est définitivement consommé après le 7-Octobre, quand un communiqué de LFI refuse de qualifier le Hamas de groupe terroriste. Et décrit même ces attaques comme une "offensive armée de forces palestiniennes".
Traitant LFI d'"idiot utile du Hamas", Jérôme Guedj est pris pour cible par les Insoumis et son ancien mentor, qui le qualifie notamment de "lâche de cette variété humaine que l'on connaît tous, les délateurs".
"L'intéressant est de le voir s'agiter autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions", avait-il ajouté.
C'en est trop pour Jérôme Guedj, issu d'une famille juive séfarade et fervent défenseur de la laïcité, qui refuse d'être ramené à sa "judéité". Sujet qu'il n'évoque normalement pas car il se revendique d'abord "républicain de gauche" et "universaliste".
Il devient alors le fervent partisan d'une rupture totale avec LFI.
- ex-frondeur -
Jérôme Guedj refuse de repartir aux législatives anticipées sous l'étiquette de la nouvelle alliance de gauche du Nouveau Front populaire (NFP) -il est réélu sous les seules couleurs du PS- et se brouille même avec la direction du parti, qui défend cet accord avec LFI pour contrer le RN.
Au congrès du PS qui suit, Jérôme Guedj traite Jean-Luc Mélenchon de "salopard antisémite". S'il regrette ensuite le mot "salopard", il maintient ses accusations d'antisémitisme.
Longtemps figure de l'aile gauche du parti, Jérôme Guedj a été l'un des députés socialistes frondeurs du quinquennat Hollande qui, en avril 2014, avaient refusé d'accorder leur confiance au gouvernement de Manuel Valls.
Reconnu par tous pour son expertise sur les questions sociales, l'époux à la ville de l'écrivaine Emilie Frèche a été en première ligne dans la bataille contre la réforme des retraites en 2023.
Devenu ces derniers mois un des acteurs du compromis avec le Premier ministre Sébastien Lecornu sur le budget, il s'ancre désormais dans la gauche réformiste chère à François Hollande, Bernard Cazeneuve ou Raphaël Glucksmann, tous anti-LFI, et refuse de participer à une primaire avec les Ecologistes et les anciens Insoumis.
Mais, au sein de son parti, où il est le premier à se déclarer officiellement pour 2027, Jérôme Guedj est vu comme un "individualiste", "attiré par les médias", selon plusieurs cadres.
"Guedj parle au nom de Guedj", ironise un socialiste. Un autre lui reconnaît "une forte personnalité" même s'il est "moins appuyé par une formation politique".
M.Schneider--VB