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Catherine Vautrin, une ministre marquée à droite mais qui se veut plus consensuelle
Issue de la droite ralliée au macronisme, Catherine Vautrin refuse d'évoquer Matignon, un poste qui lui avait été promis en 2022 sans lui être accordé. Mais la discrète ministre s'est forgée depuis une stature plus consensuelle qui la fait figurer parmi les potentiels successeurs de François Bayrou.
A la tête d'un grand ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, comparé en interne à un "mini-Matignon", elle assure ne pas faire campagne.
Mais elle était vendredi matin auprès de salariés d'un supermarché à Paris qui se "lèvent tôt" pour valoriser le travail, un thème cher à la macronie.
Catherine Vautrin n'est pas revenue sur la suppression très critiquée de deux jours fériés, expliquant juste que "l'important" c'est "d'aller vers l'emploi" pour que l'effort budgétaire "soit partagé par tous".
Elle se projette néanmoins dans l'après. La veille, à la Caisse d'assurance maladie de Paris, faisant la promotion du projet de loi de lutte contre la fraude fiscale et sociale, elle a assuré qu'il sera repris par le "prochain" gouvernement, alors que celui de François Bayrou est voué à tomber lundi sous la défiance des oppositions.
"Dans ce texte, il y a de nombreuses mesures qui peuvent rassembler les parlementaires", fait-elle valoir, soulignant "l'attachement de chacun au modèle social". Or "frauder, c'est trahir ce modèle".
- "mamie passe-partout" -
En robe bleu marine très classique, sourire en coin, elle est lucide, bien placée pour savoir que les noms qui sortent pour Matignon ne sont pas toujours ceux qui atterrissent rue de Varenne.
Emmanuel Macron avait promis en 2022 de la nommer à la tête du gouvernement avant de la débrancher à la dernière minute au bénéfice d'Elisabeth Borne, sous la pression de macronistes qui dénonçaient sa participation à la mobilisation contre le mariage pour tous.
Mais la page semble tournée. L'ancienne sarkozyste issue de la droite "libérale et sociale" a même rejoint depuis le parti Renaissance de Gabriel Attal.
"Elle s'est rachetée une conduite avec le projet de loi fin de vie" : "elle a montré qu'elle était capable de changer de position et de mener un débat (...) transpartisan où on essaye de trouver des équilibres", assure une ministre du camp présidentiel. "Elle cultive son côté mamie passe-partout. Elle n’est un no-go pour personne", souligne une conseillère macroniste.
Autre atout dans une Assemblée nationale fracturée, elle fait partie des ministres chargés des délicates discussions budgétaires en charge d'élaborer le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), lestée de 22 milliards de déficit.
Rompue aux arcanes du pouvoir, cette ex-chiraquienne de 65 ans avait occupé un poste quasiment similaire dans le gouvernement Attal en 2024 avant de prendre le portefeuille des Territoires sous le gouvernement du LR Michel Barnier.
- équation compliquée -
L'élue rémoise, mariée à un médecin et mère d'une fille, a aussi défendu une réforme de l'assurance chômage, dénoncée comme violente par les syndicats.
Elle ne semble pas être pour autant un irritant pour l'ensemble des socialistes, comme semble l’être à leurs yeux l'ex-LR Gérald Darmanin, même si elle est loin d'avoir autant d'affinités avec le premier secrétaire du PS Olivier Faure que son collègue à l'Economie Eric Lombard.
"Même si on l’a parfois cataloguée de +réac+, elle a une vraie capacité de dialogue", souligne le président du conseil national (parlement) du PS, Luc Broussy qui la connait depuis 2004.
Mais l'équation budgétaire reste compliquée, la gauche et les syndicats réclamant de repartir d'une autre copie que celle de François Bayrou.
"C'est quand même pas normal que quelqu'un qui porte le budget de la Sécurité sociale et qui est membre du gouvernement de François Bayrou revienne porter le même projet une fois que le Premier ministre sera tombé", s'est ainsi agacé le député PS Philippe Brun sur BFMTV.
La question n'est "pas la personne, mais ce qu’elle propose", glisse aussi un cadre socialiste.
A droite, le maire LR de Meaux Jean-François Copé loue son "parcours complet" de parlementaire, ministre et élue locale de longue date, ainsi que son "autorité naturelle".
M.Schneider--VB