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Guerre au Moyen-Orient: Trump fait passer un plan de paix, Téhéran désserre l'étreinte sur Ormuz
Donald Trump a proposé un plan de paix à l'Iran et s'est montré optimiste mardi sur les chances de parvenir à un accord, Téhéran indiquant de son côté qu'il laissera passer les navires non hostiles par le stratégique détroit d'Ormuz, au 26e jour de la guerre qui embrase le Moyen-Orient.
Iran et Etats-Unis négocient pour tenter de mettre un terme au conflit, a de nouveau affirmé le président américain, mais les opérations militaires américaines contre la République islamique se poursuivent "sans relâche", a-t-il toutefois ajouté.
La presse américaine évoque en outre l'envoi de 3.000 soldats parachutistes américains en renfort au Moyen-Orient. L'armée israélienne a elle aussi souligné qu'elle continuait d'agir et de frapper, "selon un plan inchangé", en Iran et au Liban, et Téhéran a une nouvelle fois envoyé des missiles vers Israël.
Toutefois, plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a fait passer un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.
Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes. Parmi ces 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux "proxys" dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime.
En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.
L'Iran a justement déclaré que les "navires non hostiles" pouvaient "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes".
Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.
Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit. Le président américain a aussi réaffirmé que des négociations se tenaient "en ce moment" avec Téhéran.
- Quel interlocuteur en Iran ? -
"Ce que j'ai dit hier (lundi) était exactement juste", a insisté le président américain, précisant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio y participaient.
En faisant état de ces pourparlers, Donald Trump avait retardé "de cinq jours" sa menace de frapper le réseau électrique de l'Iran, rassurant provisoirement les marchés. Il s'était ensuite félicité que Washington et Téhéran aient trouvé des "points d'accord majeurs", dans le cadre de ces négociations tenues avec un "haut dirigeant" iranien.
Mais qui? Seule certitude: il ne s'agit pas du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa désignation par les instances iraniennes après la mort de son père au premier jour de la guerre, le 28 février.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".
En attendant d'éventuels progrès diplomatiques, une frappe israélo-américaine a touché la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, sans faire de dégâts, a ainsi affirmé en soirée l'organisation iranienne de l'énergie atomique. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a appelé à la "retenue maximale afin d'éviter tout risque pour la sûreté nucléaire en période de conflit".
En Israël, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles en provenance d'Iran, selon les secours israéliens. Et les risques de nouvelle escalade touchent toute la région.
Au Liban, où Israël veut s'emparer d'une large zone du sud du pays pour assurer sa sécurité, les autorités libanaises ont pris la décision sans précédent de lancer une procédure d'expulsion à l'encontre de l'ambassadeur d'Iran, pour ingérence. Mais elles se sont aussitôt attiré les foudres du Hezbollah pro-iranien.
- "Frappes à grande échelle" -
Sur le terrain, à l'aube, des frappes israéliennes avaient tué cinq personnes dans le sud et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth. Dans le nord d'Israël, une femme a été tuée mardi, selon les secours, après des tirs de dizaines de roquettes en provenance du Liban.
Dans le Golfe, Bahreïn, Arabie saoudite et Koweït ont rapporté mardi des attaques de drones et de missiles iraniens.
De son côté, l'armée israélienne a mené "une série de frappes à grande échelle (...) dans plusieurs régions d'Iran", notamment Ispahan.
"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l’AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.
Au Liban, des explosions ont secoué en journée des régions au nord de Beyrouth. Et l'armée israélienne a encore lancé mardi soir un avertissement avant des frappes sur la banlieue sud de la capitale libanaise.
En matinée, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière.
"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.
burx-bdx/llb
T.Ziegler--VB