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Huit morts dans des frappes russes sur Kiev, Moscou choisit la guerre, accuse Zelensky
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé jeudi la Russie de "préférer les missiles balistiques plutôt que la table des négociations" pour mettre fin à la guerre en Ukraine, après des frappes qui ont fait au moins huit morts et des dizaines de blessés à Kiev dans la nuit.
"Au moins huit personnes ont été tuées" et "des dizaines blessées" par des attaques russes de missiles et de drones sur Kiev, a déclaré M. Zelensky sur Telegram.
"Une autre attaque massive de nos villes. Encore des meurtres", a écrit le président ukrainien. "La Russie n'a aucun intérêt pour la diplomatie. Elle choisit de continuer de tuer plutôt que de mettre fin à la guerre", lancée il y a trois ans et demi par l'invasion russe de l'Ukraine.
L'Ukraine attend une "réaction" de la part du monde entier, notamment de nouvelles sanctions à l'encontre de Moscou, a ajouté son président, appelant les alliés de la Russie, tels la Chine ou la Hongrie, membre de l'Union européenne, à adopter des positions fermes.
Après trois ans et demi du conflit le plus sanglant en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la capitale ukrainienne a vécu une nouvelle nuit de bombardements.
Des journalistes de l'AFP ont entendu de puissantes explosions à plusieurs reprises. Ils ont vu un missile être abattu, les débris incandescents retombant, et entendu le son de drones survolant la ville, tandis que des habitants se réfugiaient dans des souterrains et dans le métro.
Selon l'administration militaire, l'attaque a été menée à la fois à l'aide de drones et de missiles -- balistiques, de croisière et hypersoniques -- qui ont frappé la capitale en plus de 20 endroits.
Plusieurs immeubles résidentiels ont été endommagés, dont l'un de cinq étages s'est effondré, bloquant des habitants sous les décombres, a indiqué la même source. Une école maternelle a subi des dégâts, des dizaines de voitures ont été détruites et un centre commercial du centre ville a été touché.
Le ministre de l'Intérieur, Igor Klymenko, a dans un premier temps fait état de quatre morts parmi lesquels deux enfants et plus de 20 blessés, précisant que les opérations de secours se poursuivaient.
"Voilà tout ce qu'il y a à savoir concernant l'Etat terroriste, Poutine, et leur +désir+ de paix", a réagi le chef de l'administration présidentielle, Andriï Iermak, sur Telegram, visant la Russie et son président.
Pendant la nuit, des alertes aériennes ont retenti sur l'ensemble du territoire ukrainien.
Côté russe, l'armée a indiqué avoir intercepté 102 drones ukrainiens, alors que les attaques aériennes de Kiev ciblant les raffineries ces dernières semaines ont fait flamber le prix de l'essence.
- Avancées russes -
Fin juillet, des bombardements russes avaient fait plus de 30 morts parmi lesquels cinq enfants à Kiev, l'une des attaques les plus meurtrières dans la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion russe à grande échelle en 2022.
Ces frappes avaient poussé le président américain, Donald Trump à renforcer la pression sur Moscou pour accepter une trêve et conduit à sa rencontre avec son homologue russe, Vladimir Poutine, en Alaska le 15 août.
Après ce sommet, suivi par une visite à Washington de M. Zelensky accompagné de ses alliés européens, le dirigeant américain a dit vouloir préparer une rencontre en face à face entre les présidents russe et ukrainien.
Depuis, il n'y a toutefois pas eu d'avancées en vue d'un tel sommet, Moscou et Kiev se rejetant la responsabilité d'un blocage.
Avant la conclusion d'un hypothétique accord de paix, l'Ukraine veut obtenir des garanties de sécurité des Occidentaux pour dissuader Moscou de toute nouvelle attaque.
M. Zelensky a assuré voir "des signaux très négatifs et arrogants de la part de Moscou concernant les négociations" de paix.
Il a annoncé que des membres de son équipe allaient rencontrer vendredi à New York des représentants de l'administration de Donald Trump.
Pour mettre fin à son assaut, la Russie réclame notamment que l'Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l'Alliance atlantique. Des conditions que Kiev juge inacceptables.
L'armée russe, qui occupe environ 20% de l'Ukraine, dans l'est et le sud, a accéléré sa progression sur le terrain ces derniers mois face à des unités ukrainiennes moins nombreuses et moins bien équipées.
Pour la première fois mardi, l'Ukraine a reconnu que des soldats russes avaient pénétré dans sa région de Dnipropetrovsk (centre-est), où Moscou avait revendiqué de son côté des avancées dès le mois de juillet.
Cette région ne fait pas partie des cinq régions ukrainiennes dont Moscou revendique l'annexion.
S.Gantenbein--VB