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N'ayant pu l'obtenir de Poutine, Trump renonce à un cessez-le-feu en Ukraine
Donald Trump a abandonné samedi toute exigence d'un cessez-le-feu préalable en Ukraine, prônant désormais un "accord de paix" pour mettre fin au conflit, un revirement majeur après sa rencontre en Alaska avec Vladimir Poutine, sans résultat concret apparent.
Le président américain soutient même une proposition de la Russie prévoyant un contrôle total de deux régions ukrainiennes et que le front soit gelé dans deux autres régions sur lesquelles Moscou n'a qu'en partie la main, a indiqué à l'AFP un responsable au courant d'échanges téléphoniques entre Donald Trump et des dirigeants européens.
Selon cette source anonyme, le président russe "demande dans les faits que l'Ukraine quitte le Donbass", territoire rassemblant les régions de Donetsk et Lougansk dans l'est de l'Ukraine.
Après trois ans et demi du conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, l'armée russe occupe environ 20% du territoire ukrainien dont la quasi totalité de la région de Lougansk et une grande partie de la région de Donetsk, où sa progression s'est accélérée récemment.
Donald Trump recevra lundi après-midi dans le Bureau ovale de la Maison Blanche son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, plusieurs capitales européennes assurant de leur côté vouloir "maintenir la pression sur Moscou".
Se disant "reconnaissant de l'invitation", M. Zelensky a toutefois prévenu samedi soir que le refus d'un cessez-le-feu par Moscou "compliqu(ait) la situation".
De fait, l'abandon par Donald Trump du scénario d'une trêve semble favoriser Vladimir Poutine qui veut négocier directement un accord global et définitif. Kiev et ses alliés européens dénoncent au contraire une manière de gagner du temps afin de poursuivre son offensive et élargir ses conquêtes territoriales.
C'est pourtant "la meilleure façon de mettre fin à la guerre horrible entre la Russie et l'Ukraine", a justifié le milliardaire américain sur son réseau Truth Social.
"Un simple accord de cessez-le-feu (...) souvent ne tient pas", a insisté Donald Trump, lui qui avait pourtant menacé Moscou de "conséquences très graves" si les hostilités ne cessaient pas.
"La triste réalité est que la Russie n'a aucune intention de mettre fin à cette guerre de sitôt", a déploré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Le maître du Kremlin a, lui, qualifié son entretien avec Donald Trump de "très utile" en vue d'une résolution du conflit "sur une base équitable".
- Tribune pour Poutine -
Le sommet d'Anchorage, qui était censé être crucial pour l'Ukraine et l'Europe, a offert à M. Poutine un retour spectaculaire sur la scène internationale, sans déboucher ni sur l'annonce d'une réunion tripartite avec M. Zelensky, ni sur une pause dans les hostilités, encore moins sur de nouvelles sanctions visant la Russie.
La rencontre de plus de trois heures, "couronnée de succès" selon Donald Trump, a toutefois déclenché une effervescence diplomatique en Europe.
Absents en Alaska, les dirigeants du Vieux continent ont affirmé être prêts à faciliter un sommet entre MM Trump, Poutine et Zelensky.
Ce dernier sera donc lundi après-midi à la Maison Blanche, six mois après avoir été réprimandé et humilié par Donald Trump et son vice-président JD Vance dans le Bureau ovale, une scène incroyable en direct à la télévision qui avait consterné nombre d'alliés européens.
"Si tout marche bien, nous programmerons alors une rencontre avec le président Poutine", a assuré Donald Trump, laissant envisager un sommet tripartite.
Le président américain a échangé depuis vendredi au téléphone avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, son homologue français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand, Friedrich Merz, le Premier ministre britannique, Keir Starmer et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte.
Donald Trump a évoqué au profit de Kiev une garantie de sécurité similaire à celle de l'article 5 de l'Otan, en dehors toutefois du cadre de l'Alliance atlantique.
D'après la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, il s'agirait pour commencer de définir "une clause de sécurité collective qui permettrait à l'Ukraine d'obtenir le soutien de tous ses partenaires, y compris des Etats-Unis, prêts à agir dans le cas où elle serait à nouveau attaquée".
- Sans illusions -
MM. Macron, Starmer et Merz ont convoqué une réunion dimanche avec les pays de la "coalition des volontaires", alliés de Kiev.
En Russie, le sommet en Alaska a été plutôt bien accueilli. Rencontré à deux pas du Kremlin, Vitali Romanov, employé de musée, estime qu'il a suscité "l'espoir que cela ira mieux, pour la Russie, pour le peuple et pour les gens qui combattent" sur le front.
Les Ukrainiens semblent en revanche sans illusions, à l'instar de Laryssa Melny, pharmacienne de Kiev, qui croit qu'il n'y aura "pas de paix" prochainement.
"Je pense que c'est une belle victoire diplomatique pour Poutine", affirme Pavlo Nebroev, directeur d'un théâtre à Kharkiv.
burs-seb-nr/gmo
T.Zimmermann--VB