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Les Etats-Unis espèrent des réunions prochaines avec l'Iran
Les Etats-Unis ont affirmé vendredi espérer tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran pour mettre fin à la guerre, quasiment un mois après le déclenchement du conflit.
"Nous pensons qu'il y aura des réunions cette semaine, nous l'espérons vraiment", a déclaré l'émissaire américain Steve Witkoff lors d'un forum d'affaires à Miami.
Lors d'une réunion près de Paris des ministres des Affaires étrangères du G7, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait évoqué plus tôt une potentielle fin prochaine des opérations américaines.
Les ministres ont exhorté ensemble "à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles" de la région.
Ils ont aussi réaffirmé "la nécessité absolue" de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, après quasiment un mois de guerre qui déstabilise l'acheminement d'hydrocarbures et donc l'économie mondiale.
Le ministre américain a lui estimé que les Etats-Unis pouvaient encore atteindre leurs objectifs sans l'envoi de troupes au sol. Selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisagerait cependant d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.
- Sites nucléaires frappés -
"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X, alors que le cours du Brent est repassé vendredi en Europe sous les 110 dollars.
Un responsable sécuritaire iranien, cité anonymement par des médias, a également prévenu que toute opération militaire dans le détroit d'Ormuz entraînerait sa "fermeture immédiate pour une durée indéterminée".
Les Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont également affirmé qu'ils se joindraient à la guerre si les attaques contre l'Iran se poursuivaient, si d'autres pays rejoignent l'offensive américano-israélienne ou si des frappes sont menées depuis la mer Rouge.
Dans chaque camp, la journée de vendredi a témoigné d'une volonté de poursuivre les combats.
Israël, qui reste muet sur les intentions de Washington, a frappé deux installations nucléaires iraniennes, amenant l'Agence internationale de l'énergie atomique à appeler "à la retenue militaire afin d'éviter tout risque d'accident".
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a promis de faire payer en représailles "un lourd prix" aux auteurs de ces attaques.
L'armée israélienne a fait état vendredi soir de missiles tirés par l'Iran en direction d'Israël, tandis que des sirènes ont retenti à Jérusalem selon des journalistes de l'AFP.
Les systèmes de défense sont en action pour annihiler la menace", a indiqué l'armée israélienne.
- "En étau" -
Alors que samedi marquera un mois de guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant.
Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les frappes et perturbées par l'angoisse, et où les attaques n'ont pas cessé de la journée.
Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles (...). Je sais que je ne serai plus jamais la même personne. La guerre a arraché une partie de moi", soupire cette femme de 46 ans.
La République islamique, toujours aussi défiante, a appelé de son côté les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.
Une façon de répondre aux propos de Donald Trump la veille qui, tout en se disant optimiste sur les négociations, avait repoussé au 6 avril son ultimatum de détruire les centrales électriques en Iran si le détroit d'Ormuz n'était pas rouvert. Les Gardiens de la révolution y ont forcé vendredi trois navires à faire demi-tour.
- Situation "préoccupante" au Liban -
"Les Etats-Unis, Israël et l'Iran pensent chacun qu'ils sont en train de gagner la guerre", explique Ali Vaez, expert de l'Iran pour l'International Crisis Group (ICG). "Si les trois pensent que leur plan fonctionne, chacun croit aussi avoir encore des cartes dans sa manche".
Le Liban, pour sa part, continue de payer un très lourd tribut, après avoir été entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Alors qu'Israël manifeste sa détermination à intensifier sa campagne militaire contre le Hezbollah, le mouvement pro-iranien a revendiqué une série d'attaques contre les troupes israéliennes menant une incursion terrestre dans le sud du Liban.
La situation du Liban est "extrêmement préoccupante", avec un risque "réel" de "catastrophe humanitaire", a alerté l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), s'inquiétant de la situation de plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays.
burx-rle/eml
C.Koch--VB