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Zelensky assure que des discussions "ont commencé" sur une rencontre avec Poutine
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré vendredi que des discussions avec Moscou sur une rencontre avec Vladimir Poutine avaient "commencé", le Kremlin jugeant de son côté qu'un tel entretien était "peu probable" dans les 30 prochains jours.
Ce sujet a notamment été abordé mercredi lors de la dernière session de pourparlers de paix entre Russes et Ukrainiens à Istanbul, Kiev ayant proposé à Moscou d'organiser un sommet entre les deux dirigeants avant la fin du mois d'août.
L'Ukraine a fait d'une telle rencontre, à laquelle elle souhaiterait voir participer le président américain Donald Trump, un objectif des négociations pour mettre fin à l'invasion russe qui dure depuis plus de trois ans.
Vladimir Poutine de son côté a fait savoir qu'il ne serait prêt à cette réunion au sommet que dans une "phase finale" des négociations, jusqu'à présent peu fructueuses.
"Nous devons mettre fin à cette guerre, ce qui commence probablement par une réunion des dirigeants", a déclaré M. Zelensky dans des déclarations diffusées vendredi.
Les négociateurs russes ont "commencé à en discuter" avec la partie ukrainienne, a indiqué M. Zelensky, estimant qu'il s'agissait d'un "progrès".
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a de son côté répété qu'une "réunion au plus haut" ne peut avoir lieu que pour "mettre un point final au règlement" du conflit en Ukraine, qui est dans l'impasse.
"Est-il possible de mener à bien un processus aussi complexe en 30 jours? Il est clair que cela semble peu probable", a-t-il ajouté, soulignant que les propositions de paix de Moscou et Kiev restent "diamétralement opposées".
- "Proprement préparée" -
Malgré l'ultimatum de Donald Trump, qui a donné mi-juillet à la Russie 50 jours pour parvenir à un accord avec Kiev, sous peine de sanctions sévères, Moscou ne semble donc pas optimiste.
"La rencontre doit être proprement préparée. C'est seulement ainsi qu'elle aura du sens", avait déclaré mercredi le chef de la délégation russe à Istanbul, Vladimir Medinski.
Les rencontres entre les deux parties, aux demandes radicalement différentes, donnent jusqu'à présent peu de résultats.
Moscou réclame que Kiev lui cède quatre régions aujourd'hui partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que l'Ukraine renonce formellement à rejoindre l'Otan.
Des conditions inacceptables pour l'Ukraine qui exige le retrait complet des troupes russes de son territoire et des garanties de sécurité occidentales, dont la poursuite des livraisons d'armes et le déploiement d'un contingent européen, ce à quoi s'oppose Moscou.
Sur le terrain, la Russie continue de grignoter la ligne de front.
"Ils tentent effectivement de percer. Mais ils n'ont pas réalisé de percées majeures", a assuré Volodymyr Zelensky aux journalistes.
Pour autant, les forces ukrainiennes sont en difficulté, manquant de recrues et d'armement. Kiev demande ainsi de nouvelles livraisons d'armes à ses alliés occidentaux.
- Achats de Patriot -
Un accord avec Washington permettant à des pays européens d'acheter des armes américaines pour les fournir à Kiev doit notamment aboutir à la livraison de dix systèmes de défense antiaérienne Patriot, des batteries modernes essentielles pour intercepter les missiles russes.
"Le président des Etats-Unis va nous transférer, nous vendre ces systèmes. Notre tâche est de trouver des financements pour ces dix systèmes", a déclaré M. Zelensky, ajoutant que l'Allemagne avait déjà confirmé le financement pour deux d'entre eux, et la Norvège pour un.
Le dirigeant ukrainien a également dit que Washington et Kiev s'étaient mis d'accord sur la vente de drones aux Etats-Unis.
Ce contrat, d'une valeur qui pourrait atteindre 10 à 30 milliards de dollars (de 8,5 à 25,5 milliards d'euros), marquerait un changement dans la ligne de Kiev contre l'exportation d'armes.
"Nous nous sommes mis d'accord avec les Etats-Unis et le président Donald Trump pour qu'ils nous achètent des drones. Cet accord est en place", a déclaré M. Zelensky.
Sur le terrain, les bombardements se sont poursuivies vendredi.
Au moins quatre personnes ont été tuées en Ukraine dans plusieurs frappes russes: une dans la région de Zaporijjia (sud), une autre dans celle de Kherson (sud) et deux dans la région de Donetsk (est).
La Russie a frappé le pays au cours de la nuit avec 61 drones et deux missiles, dont 54 engins ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
U.Maertens--VB