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Macron rend un hommage solennel à Delors, "architecte de l'Europe unie"
Emmanuel Macron préside vendredi un hommage solennel à Jacques Delors, "architecte de l'Europe unie" dont il invoque "l'héritage" pour les "choix décisifs" que devra faire le Vieux Continent en cette année d'élections européennes.
L'ancien président de la Commission européenne, père de l'euro et espoir éphémère de la gauche à la présidentielle française de 1995, est décédé le 27 décembre à l'âge de 98 ans.
Le chef de l'Etat, qui a déjà salué l'"inépuisable artisan de notre Europe", a choisi de lui rendre un hommage national qui débute à 11H00 dans la cour des Invalides à Paris en présence de nombreux dirigeants européens. Avec une "innovation" apportée au rite républicain, en lien avec son aura continentale: après l'éloge funèbre d'Emmanuel Macron, la sonnerie aux morts, la minute de silence et la Marseillaise, retentira l'Ode à la joie, l'hymne européen, interprété par l'orchestre de la Garde républicaine, a annoncé jeudi l'Elysée.
Selon son entourage, le président célèbrera le rôle joué par Jacques Delors sur la scène hexagonale.
Le social-démocrate avait déçu son camp en renonçant à briguer l'Elysée en 1995, après ses deux mandats à Bruxelles. Mais avant cela, il avait marqué la vie politique en cheminant avec le gaulliste social Jacques Chaban-Delmas à la fin des années 1960 puis en pesant de tout son poids pour que la France reste dans l'Europe en 1983, lorsqu'il était ministre de l'Economie du président socialiste François Mitterrand.
- Cent étudiants Erasmus -
Emmanuel Macron devrait dire que "la France ne serait pas restée une puissance souveraine dans l'Europe telle que nous la connaissons aujourd'hui sans Jacques Delors", a expliqué un conseiller à des journalistes. Elle "serait sans doute moins maîtresse de son destin".
Dans ses voeux aux Français du 31 décembre, le président a invoqué son "héritage" pour appeler à faire en 2024 le "choix décisif" d'une "Europe plus forte, plus souveraine".
Pour rappeler ses "réalisations concrètes", une centaine d'étudiants du programme Erasmus venus de toute l'Europe seront présents à l'hommage.
Même s'il ne s'agit pas de transformer cet hommage en tribune de campagne, le discours d'Emmanuel Macron, qui se pose régulièrement en chef de file des "progressistes" pro-européens, devrait résonner aussi à l'aune des élections européennes de juin, alors que l'extrême droite est en tête dans les sondages en France.
D'autant plus qu'il sera en présence du Premier ministre hongrois Viktor Orban, l'un des chefs de file du camp nationaliste en Europe.
La France a invité tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, ainsi que les dirigeants des institutions communautaires, actuels ou en exercice pendant que Jacques Delors siégeait à Bruxelles de 1985 à 1995.
Une dizaine de dirigeants en exercice ont confirmé leur présence, dont le président allemand Frank-Walter Steinmeier et le Premier ministre belge Alexander De Croo. Les présidents du Conseil, de la Commission, du Parlement et de la Banque centrale européens sont aussi attendus, avant un hommage européen à Bruxelles plus tard en janvier.
Tous seront ensuite reçus pour un déjeuner à l'Elysée par Emmanuel Macron.
La maire de Lille Martine Aubry, fille de Jacques Delors, a été étroitement associée aux préparatifs de la cérémonie mais ne prendra pas la parole, a fait savoir la présidence.
G.Frei--VB