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Patrick Sabatier, le retour d'une star de la télé des années 80
"J'aime encore la télé", assure à l'AFP Patrick Sabatier, animateur star des années 80 qui, à bientôt 75 ans, raconte les coulisses de ses émissions dans une autobiographie et fait ses débuts d'acteur sur France 3.
"Il y a toujours de quoi passer une bonne soirée à la télévision française", juge-t-il, en citant les émissions "Rendez-vous en terre inconnue", "Un dimanche à la campagne" ou "Echappées belles".
Il se raconte dans l'autobiographie "Souviens-toi, c'était un mercredi" (éditions du Rocher), qui sort mercredi. Puis il incarnera un policier dans "Meurtres à Epinal", téléfilm diffusé le 17 octobre sur France 3, avant une émission à venir sur les "Années Sabatier".
D'"Avis de recherche", où des vedettes retrouvaient leurs copains d'enfance, au "Jeu de la vérité", où des célébrités répondaient en direct à des questions du public, Sabatier a imaginé et présenté sur TF1 certains des programmes les plus regardés de la décennie 1980.
"Les idées que j'ai eues, la plupart du temps, c'était dans la rue, en imaginant la vie des gens", explique-t-il, en soulignant que les patrons de chaîne marchaient au "coup de coeur".
- Argent -
"Quand je proposais une émission à Etienne Mougeotte (dirigeant emblématique de TF1, NDLR), il avait cette phrase extraordinaire: +Tu penses que ça va être bien ?+ Je répondais: Evidemment, puisque je te le propose. Et là il disait: +Bon, ben t'assumes+. Aujourd'hui, peut-être qu'il y a plus de gens qui donnent leur avis", avance-t-il.
Pour son ami Marc-Olivier Fogiel, qui préface son livre, il fait partie des "inventeurs" de "la télévision moderne".
"Ses émissions, c'était des concepts simples qui tiennent en une phrase mais hyper efficaces et très rassembleurs", dit à l'AFP le journaliste de RTL, qui a débuté à ses côtés et le décrit comme "très exigeant au travail, très passionné, assez obsessionnel dans sa façon de bosser".
"Je n'ai jamais eu le trac mais j'ai eu énormément d'angoisses", développe Patrick Sabatier, loin de son image de gendre idéal au sourire éclatant. "On ne fait pas ce métier sans prendre quelques calmants, parce que c'est un métier fragile, où on reçoit des coups, où on a peur de ne pas être à la hauteur."
Comme Jean-Pierre Foucault, il reste l'emblème de la télé des années 80 où l'argent coulait à flots, ce qui lui avait valu d'être caricaturé par les Guignols de Canal+, avec une réplique fameuse ("Kestananafout'? Tu prends le pognon et pis c'est tout").
"J'ai toujours fait des programmes qui coûtaient de l'argent. C'est comme au restaurant: quand on veut de la bonne nourriture, un beau cadre, ça a un coût", estime-t-il avec le recul.
- Impasses -
Son livre fait l'impasse sur un moment qui a marqué les mémoires, "Le jeu de la vérité" de Chantal Goya en 1985. La chanteuse pour enfants avait perdu sa contenance lors d'une question de téléspectatrice et sa carrière avait connu un coup d'arrêt. Des années après, elle gardait une dent contre l'émission.
Pourquoi avoir choisi de ne pas en parler? "Parce que c'est un livre de bons souvenirs", élude Sabatier.
De même, il n'évoque pas sa traversée du désert après la participation d'un faux mage à une de ses émissions en 1990, ni sa condamnation pour fraude fiscale en 1993: "Si un jour je fais un livre de mauvais souvenirs, j'en parlerai".
Au faîte de sa popularité, Patrick Sabatier était une énorme star mais affirme ne s'être jamais vécu ainsi.
"La seule fois où ça m'a un peu gêné, j'étais jeune marié, se souvient-il. On était avec ma femme sur l'île de Porquerolles; comme c'était tard le soir et qu'il n'y avait personne sur la plage, on s'est baignés tout nus. Et quand je suis remonté sur la plage, j'ai entendu tout à coup +Maman, maman, c'est Patrick Sabatier!+".
J.Marty--VB