Volkswacht Bodensee - Mobilisations lycéennes: un jeune gravement blessé à la veille d'un "acte 3" mardi

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Mobilisations lycéennes: un jeune gravement blessé à la veille d'un "acte 3" mardi
Mobilisations lycéennes: un jeune gravement blessé à la veille d'un "acte 3" mardi / Photo: © AFP

Mobilisations lycéennes: un jeune gravement blessé à la veille d'un "acte 3" mardi

A la veille d'un "acte 3" du mouvement lycéen auquel se joindront mardi des syndicats, la mobilisation est restée forte lundi en France avec des centaines d'établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans qui a vu sa main arrachée par une grenade policière.

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"Ils pensent que parce qu'ils nous laissent nous exprimer sur une plateforme, sur internet, on va arrêter de bloquer, d'être en colère, sauf que la colère, elle est là depuis des années", témoigne Simon, du lycée Charlemagne dans le centre de Paris.

Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, Parcoursup... "les problèmes sont clairs", estime Alma, élève dans ce même lycée. "Quand on voit la chute de notre classement sur PISA, c'est un système d'éducation qui ne fonctionne pas".

 

Les incidents sont globalement plus limités que ceux enregistrés en fin de semaine dernière. Mais la journée a été marquée par la blessure à Lens d'un jeune de 15 ans, qui a eu la main arrachée par une grenade lors d'une manifestation, selon le préfet.

Un épisode "humainement dramatique", a déploré M. Geffray, qui a précisé "ne pas savoir dans quelles conditions c'est intervenu". Le parquet n'est pas en mesure à ce stade de dire si l'adolescent a ramassé la grenade ou si elle "aurait atterri sur lui".

Depuis le début du mouvement, 190 élèves ont été blessés, "pour l'essentiel du fait d'éléments accidentels", selon le ministre. Ses services recensent 24 établissements "incendiés ou saccagés" et "78 personnels blessés", "généralement par des personnes extérieures" aux lycées concernés.

Plusieurs syndicats et associations ont accusé le gouvernement de "réprimer" les mobilisations lycéennes avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes". Six enquêtes de la police des polices sont lancées.

La Ligue des Droits de l'Homme a dénoncé "une dérive globale par rapport à l'état de droit".

"On veut le bac, pas la BAC", ou encore "On envoie des SOS, on reçoit des CRS", pouvait-on lire lundi, en écho à ces inquiétudes, à l'entrée du groupe scolaire Saint-Joseph-de-la-Madeleine à Marseille.

- Universités bloquées -

Mardi, l'Union syndicale lycéenne a promis un "acte 3" mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des "violences urbaines".

Sur Sud-Radio, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a dit "craindre" un embrasement, avec notamment le renfort d'étudiants. Lundi, l'Union étudiante a recensé 32 sites universitaires bloqués. Les forces de l'ordre sont notamment intervenues sur un site parisien de Sorbonne Nouvelle pour déloger des étudiants qui occupaient le hall, selon la CGT.

Les autorités s'attendent à une journée très compliquée, avec une mobilisation parisienne qui pourrait rassembler entre 20.000 et 40.000 personnes.

Une intersyndicale de l'Éducation nationale a apporté son soutien aux lycéens. "Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens", a affirmé sa responsable Sophie Binet sur TF1.

 

Parti mi-septembre de la région parisienne, le mouvement s'est étendu la semaine dernière, avec une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Depuis le début de la mobilisation, plus de 5.000 personnes, dont 87% de mineurs, ont été placées en garde à vue, a indiqué lundi la Chancellerie. A ce stade, 1.802 personnes font l'objet de poursuites.

- "Cinq chantiers" -

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, La France insoumise, pointée du doigt par le gouvernement, a affirmé dimanche "déplorer" les violences, mais regretté que l'exécutif "résume" le mouvement à ces débordements.

La porte-parole du gouvernement Maud Brégeon a annoncé que le projet de loi "casseurs-payeurs" serait examiné en première lecture au Sénat le 27 octobre, un texte qui vise à faire payer les dégâts à toute personne appartenant à un groupement ayant commis des dégradations, même si elle n'en est pas l'auteur.

Dans une feuille de route adressée dimanche soir à ses ministres, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent "partout" où c'est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications. Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec "de premières décisions attendues avant la fin du mois".

Edouard Geffray a lui déjà appelé les responsables à préparer une reprise progressive des cours mercredi matin. Avec sans doute un temps dédié à des discussions avec les équipes et les élèves afin d'"objectiver les choses".

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C.Kreuzer--VB